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Sénégal: Ousmane Seck " Le plan de contingence est la seule réponse efficace aux éventuelles inondations "
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Le Soleil (Dakar)
INTERVIEW
3 Juillet 2008
Publié sur le web le 4 Juillet 2008
Idrissa Sané
Le Sénégal, si l'on se réfère aux prévisions météorologiques et à l'instar de beaucoup de pays, sera beaucoup arrosé cette année. Il est aussi, par ricochet, exposé aux inondations, selon Ousmane Seck, expert en sciences des dangers et membre de l'Institut français des formateurs aux risques majeurs et protection de l'environnement (Ifforme).
Compte tenu de ces éventualités, il plaide pour la mise en place du Plan national de contingence des risques majeurs qui est, selon lui, le seul instrument pouvant apporter des réponses efficaces aux inondations.
Quelle lecture faites-vous des inondations survenues le week-end dernier à Malène Hodar ?
La lecture que j'en fais est simplement une alerte, parce ce sont des prévisions qui ont été faites par les structures météorologiques internationales comme le Centre de météorologie international basé à Niamey. Depuis le 12 juin déjà, le Centre pour l'application de la météorologique et du climat au développement durable de l'Afrique (Acmad) a annoncé que la saison des pluies sera bonne en Afrique de l'Ouest y compris au Sénégal.
Sur une ligne qui va du Sénégal jusqu'à Djibouti, il y aura beaucoup de pluies. Il faut alors s'attendre à ce qu'il y ait des conséquences positives et des conséquences négatives comme les inondations. Ce qui est arrivé à Malène Hodar aurait pu arriver à Kaffrine ou à d'autres localités, compte tenu de la configuration du sol.
Malène Hodar est situé dans un contre fond et cela est pareil pour Kaffrine. 250 ml d'eau peut avoir ces conséquences. Mais, ce n'est pas une surprise. C'est pour cela que le Sénégal a préparé son plan de Contingence national, malheureusement qui a pris du retard. Si ce plan de contingence était opérationnel, on aurait pu réagir rapidement et même anticiper.
Le centre de prévision météorologique a prédit qu'il y aura suffisamment de pluies en 2008, en Afrique de l'Ouest et il y a de forte chance qu'il ait des inondations. Ce n'est pas alarmer les populations que de le dire, mais c'est de les prévenir. Si les populations de Malène Hodar étaient prévenues, elles n'auraient pas mis leurs biens matériels dans les endroits inondables.
C'est le moment pour la Direction de la protection civile du Sénégal d'identifier tous les endroits inondables de toutes les localités pour qu'on puisse répertorier les espaces qui peuvent demain abriter les tentes.
Il ne faut pas attendre les inondations pour chercher le lieu où les tentes doivent être installées. Si les autorités recensent tous les endroits qui ne sont pas inondables en ce moment les populations peuvent être délocalisées de leur maison en cas d'inondation.
Quels sont les contours du Plan de contingence national ?
Le Plan de contingence national est un dispositif qui a été conçu avec l'ensemble des partenaires de développement et les acteurs de la société civile, il y a eu aussi les acteurs étatiques et non étatiques.
Nous avons réfléchi par rapport aux risques d'inondation annoncés par le Centre pour l'application de la météorologie et du climat au développement durable de l'Afrique (Acmad) pour voir comment faire face à une crise et principalement des inondations.
L'intérêt du Plan de contingence permet d'identifier les risques et d'en faire la cartographie et les conséquences qui pourraient découler sur le plan humain, sur le plan social, économique et d'évaluer les moyens qu'il faudrait pour faire face à la situation. Il permet à un pays de maîtriser une situation de catastrophe en se donnant les moyens qu'il faut. C'est le seul instrument qui nous permet de faire face de façon efficace aux inondations.
Est-ce que le Sénégal est prêt à faire face aux éventuelles catastrophes qui peuvent survenir en cas d'inondations ?
Je pense que le Plan de contingence répond à ce souci. Malheureusement, il faut le dire, un retard a été accusé dans sa mise en oeuvre. Il n'est pas encore finalisé. On a fait uniquement la première mouture. Il s'agit de finaliser le plan et de le faire valider par les autorités. Je ne pense pas que nous sommes dans les délais pour disposer de ce plan de contingence.
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Les inondations de Malène Hodar sont là pour le confirmer. Si le plan était opérationnel, on aurait pu faire face à la situation. Le plan aurait permis de maîtriser la situation d'urgence et de développer la stratégie de relève rapide. Il faut que le Sénégal aille vite si l'on veut réellement faire face efficacement à la situation.
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