Côte d'Ivoire: Pour freiner l'anarchie - Vivement une loi sur les loyers !
Nord-Sud (Abidjan)
3 Juillet 2008
Publié sur le web le 4 Juillet 2008
Kesy B. Jacob
Les relations entre propriétaires et locataires d'habitations ne sont pas toujours sereines à Abidjan. La rareté de l'offre impose aux seconds de commencer parfois à harceler les premiers dès que les premières briques sont posées. Cette trop forte pression de la demande a instauré des quasi-rapports de maître à esclave entre bailleur et locataire.
La spéculation est la règle, et le propriétaire sort toujours gagnant du duel. C'est véritablement l'anarchie dans la fixation de la caution dont le nombre de mois de loyer est fixé à la tête du client. De même, les loyers ont pris l'ascenseur depuis belle lurette, réduisant d'autant la marge de manoeuvre des salariés. A Marcory-Remblais par exemple, il est devenu impossible de trouver un appartement de deux pièces à moins de 75.000 Fcfa. Idem à Cocody. Aujourd'hui, le studio modeste se négocie encore difficilement à 60.000 Fcfa dans la plupart des communes. Mais, pour combien de temps encore ? Surtout que les propriétaires profitent dorénavant de la sortie d'un ancien locataire pour majorer le loyer d'au moins 5.000 Fcfa ou imposent carrément l'augmentation à ceux qui acceptent de rester. Un véritable cycle infernal qui n'est pas prêt de s'arrêter. Dans un contexte général d'appauvrissement de la population, il devient urgent de mettre de l'ordre. Le gouvernement doit prendre une initiative pour réglementer les loyers. La responsabilité de l'Assemblée nationale est aussi grande de ce point de vue. Si Mamadou Koulibaly et ses camarades soutiennent se préoccuper du sort de leurs concitoyens, ils ne peuvent plus faire l'économie d'une loi qui viendrait canaliser les loyers selon la situation géographique du bâtiment, la surface habitable et les commodités offertes. C'est cela aussi le sens des responsabilités.