Fraternité Matin (Abidjan)
Gooré Bi Hué
3 Juillet 2008
Abidjan — Invité des 9es "matinales" du CICG, le ministre des Mines et de l'énergie a levé le voile sur les fourchettes d'augmentation et des négociations en cours.
Selon des simulations faites par le gouvernement et les bailleurs de fonds, les ajustements devant intervenir dans le secteur pétrolier, et plus particulièrement dans la vente du carburant à la pompe, le taux d'augmentation susceptible d'assurer l'équilibre financier est de 280 francs CFA par litre. En d'autres termes, l'augmentation du litre de carburant vendu dans les stations-service devrait être de 280 FCFA. Mais le gouvernement travaille actuellement d'arrache-pied pour être en dessous de ce taux. Malgré un contexte international marqué par une flambée sans cesse du cours du baril de pétrole (144 dollars début juillet courant ou encore 61.320 FCFA). C'est l'une des idées forces qui sortent des échanges que le ministre des Mines et de l'Energie, Léon-Emmanuel Monnet, a eus hier avec la presse nationale et internationale. Invité aux « matinales » du Centre d'information et de communication gouvernementale (CICG) pour se prononcer sur « Crise de l'énergie : quelles solutions pour la Côte d'Ivoire », le ministre s'est voulu rassurant quant aux efforts qui seront faits pour limiter l'impact de l'augmentation du prix du carburant sur les coûts des denrées alimentaires sur les marchés. Dans ce cadre, tout porte à croire que le gasoil qui est beaucoup plus utilisé dans le transport des marchandises et/ou du public connaîtra une hausse relativement plus faible que le super. Cependant, contrairement aux déclarations précédentes laissant entendre que le prix du gaz resterait en l'état, ce produit va subir un ajustement eu égard au coût de la subvention de plus en plus pesant sur le budget de l'Etat.
En effet, la subvention du gaz butane qui permet aux ménages d'acheter la bouteille de 12 kg à 3500 FCFA, et la bouteille de 6kg à 1500 FCFA, a coûté l'an dernière 20 milliards de FCFA à l'Etat. En 2008, elle va atteindre 25 milliards, ce que dénonce les bailleurs de fonds. Ces derniers demandent donc au gouvernement d'appliquer la vérité du prix, c'est-à-dire le prix auquel le gaz devrait normalement se vendre. « Nous sommes en négociations pour réduire la subvention sur le gaz. Ce qui veut dire que les prix du gaz vont augmenter », a averti le ministre. Rappelant que pour ce produit, la bouteille de 12 kilos se vend à 9000 FCFA dans certains pays de la sous-région comme le Sénégal contre 3500 FCFA en Côte d'Ivoire.
Dans l'ensemble, l'on peut retenir que le carburant et le gaz butane vont augmenter incessamment mais le renchérissement du gasoil pourrait se faire dans une proportion relativement moins élevée afin que l'augmentation des tarifs de transport soit acceptable et accessible aux populations. Le ministre Léon Emmanuel Monnet a également indiqué au cours de cette rencontre que dans le cadre du réajustement des prix à la pompe, les transporteurs ont soumis au comité interministériel en charge du dossier une doléance, celle de doter le fonds transport en ressources financières.
Outre les informations sus indiquées, le ministre des Mines et de l'Energie a fait l'état des secteurs énergétique, gazier et pétrolier du pays. Ici, l'on retient que la demande nationale en électricité est en hausse de 8%. En termes de production, le pays dispose d'une puissance installée de 1200 MW dont 800 MW sont disponibles. La consommation de pointe nationale étant de 787 MW, la marge de manoeuvre nationale est de 13 MW, ce qui expose le pays à un délestage en cas d'arrêt d'un groupe. Le contrat d'export d'électricité porte sur 85 MW. Mais ce secteur souffre du vieillissement de ses installations et des fraudes sur le réseau, créant ainsi des pertes énormes. Le déséquilibre financier dans ce secteur a fortement cru entre 2005 et 2008, passant de 11 milliards à 63 milliards de FCFA cette année sans aucun ajustement. Mais si la facture de l'électricité augmentait, ce déséquilibre tomberait à 54 milliards de FCFA. Quoiqu'il en soit, le déséquilibre est important, et exige des mesures correctives. Concernant le gaz, sa consommation croit annuellement de 10% alors que la capacité de stockage est en déça des besoins, et les centres d'emplissage insuffisants. A ces tares s'ajoute l'utilisation non autorisée du gaz à des fins de combustible automobile.
Parlant de la production pétrolière, le ministre a fait état de « production modeste » de 49.000 barils par jour quasiment exportés, contrairement aux chiffres avancés çà et là. Notant que la part de l'Etat ivoirien sur les revenus pétroliers est de 10%.
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