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Sénégal: Alex Ségura " Un audit sur la dette intérieure du Sénégal est en train d'être fait "


Wal Fadjri (Dakar)
 

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Wal Fadjri (Dakar)

INTERVIEW
4 Juillet 2008
Publié sur le web le 4 Juillet 2008

Ndakhté M. Gaye

Pour atteindre l'objectif de réduction de la pauvreté à 30 %, il faut un taux de croissance économique de 7-8 %. Et le Sénégal a les atouts qu'il faut pour y arriver. Le représentant résident du Fonds monétaire international (Fmi), Alex Ségura, en est convaincu.

Tout comme il demeure persuadé, dans l'entretien qu'il nous a accordé, que, pour atteindre ce taux de croissance, il y a des préalables à remplir parmi lesquels la poursuite des réformes structurelles, la levée des goulots d'étranglement de l'économie et l'arrêt des subventions généralisées des prix.

Vous reconnaissez les efforts fournis par le gouvernement du Sénégal en matière de lutte contre la pauvreté. Cependant, vous avez émis des réserves quant aux risques qui pourraient anéantir ces efforts. Qu'est-ce que vous craignez à ce niveau ?

Alex Ségura : Absolument, les efforts en matière de lutte contre la pauvreté sont là et il faut les saluer. Permettez-moi de m'exprimer sur les points positifs, avant de parler des risques. La revue du Dsrp (Document stratégique de lutte contre la pauvreté) est jugée globalement satisfaisante par les partenaires au développement, y compris bien entendu par le Fmi qui a aussi participé à cet important exercice.

Notre participation à la revue concernait surtout l'Axe 1 du Dsrp (Création de richesses). Le Dsrp montre que pour atteindre l'objectif de réduction de la pauvreté à 30 %, il faut un taux de croissance économique de 7-8 %. Le Sénégal a des atouts très forts qui montrent que ce niveau de croissance est faisable, mais il faut poursuivre les réformes structurelles et couper les goulots d'étranglement de l'économie pour y arri

Quels sont donc les principaux points forts du Sénégal ?

Lors de mon intervention pendant la revue du Dsrp, j'ai indiqué que le Sénégal a quatre points très forts qui nous laissent penser que ce taux de croissance est possible si certaines réformes sont poursuivies avec vigueur : l'évolution de l'investissement étranger direct (Ide), les réformes sur l'environnement des affaires, la performance du système fiscal sénégalais et le redressement du secteur de l'énergie. D'abord, il y a l'évolution de l'investissement direct étranger, qui constitue un pilier fort de la croissance économique.

Ces investissements ont triplé entre 2004 et 2006, et ils vont encore tripler entre 2006 et 2008. Ils vont dépasser, d'après nos projections, les 300 milliards de francs Cfa en 2008 et rester autour de 6 % du Pib à moyen terme.

Il s'agit d'investissements très importants pour le pays tels que le projet de Zone économique spéciale intégrée de Dakar (Disez), les investissements de Dubaï Ports World (Dpw), le nouvel aéroport Blaise Diagne, les investissements hôteliers, les concessions d'Arcelor-Mittal, etc.

Vous avez aussi parlé des réformes sur l'environnement des affaires et du système fiscal sénégalais comme points à mettre à l'actif du Sénégal?

Absolument. Le Fmi a suivi avec attention toutes les réformes menées par l'Apix et celles du Cpi pour l'amélioration de l'environnement des affaires, car le secteur privé est le moteur principal de la croissance et un environnement propice pour les affaires constitue pour nous le pilier le plus important de la croissance, et la clé de la réussite de la Sca.

Nous saluons donc les réformes sur ce sujet, qui sont aussi beaucoup appréciées par le secteur privé, avec qui nous échangeons souvent pour mieux prendre la température économique du pays. Mais il reste encore du travail à faire pour se rapprocher d'autres pays modèles sur ce point comme le Ghana.

J'ai cité aussi l'excellente performance du système fiscal sénégalais, considéré par le Fmi comme parmi les meilleurs en Afrique et certainement le leader de l'Uemoa. Ceci permet à l'Etat de financer sa politique de développement des infrastructures et de soutien aux secteurs sociaux tels que la santé et l'éducation.

Enfin, il y a la gestion de la crise énergétique où le gouvernement s'est engagé à prendre des mesures qui vont dans le bon sens : appliquer le principe de la vérité de prix, les mesures d'économie d'énergie, et la mise en place d'un système de tarification qui protège les ménages à faible revenu de la hausse des prix.

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Voilà des éléments positifs qu'il faut saluer ouvertement et qui pourraient relever la croissance et approfondir les efforts de réduction de la pauvreté. Mais il y a aussi des points moins forts et des risques que nous avons aussi évoqués, car nous avons une responsabilité d'identifier aussi les problèmes et d'aider les autorités à trouver des solutions.

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