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Ile Maurice: alcool, ce breuvage qui fait perdre la tête
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L'Express (Port Louis)
ANALYSE
4 Juillet 2008
Publié sur le web le 4 Juillet 2008
Lisie Labonne
Port Louis
Prendre un verre, puis deux, puis trois. On se laisse souvent ainsi tenter, porter, enivrer... Mais attention à ne pas y perdre votre lucidité. L'alcool peut provoquer l'euphorie ou la dépression Les gens qui prennent une boisson alcoolisée en discutant avec des amis près d'une boutique font presque partie du paysage à Maurice. Mais attention : consommé à l'excès, l'alcool nuit à la santé.
On le dit désinhibant, euphorisant... Et on le croit sans danger. Mais il faut bien se garder d'abuser de l'alcool, au risque de vous y perdre, de lui laisser le contrôle et votre lucidité. Outre les problèmes familiaux et sociaux, des troubles psychiatriques peuvent, en effet, en découler.
Comment savoir quand on n'est plus ce buveur occasionnel qu'on a été, quand on a commencé à abuser de la bouteille? Simple, répond le Dr Geeaneswar Gaya, psychiatre. Si, quand on vous demande combien de verres vous prenez, vous vous surprenez à répondre : «Mo pa boir bokou moi dokter, zis kat sink ver », quelque chose cloche. Cette phrase, le Dr Gaya l'a, en effet, entendue plus d'une fois. Elle est, dit-il, emblématique et prouve que celui qui boit trop ne le sait même pas.
Et si vous vous laissez emporter, jusqu'à toucher le fond, de nombreux problèmes psychiatriques vous guettent. Le buveur chronique, c'est-à-dire celui qui boit tous les jours, tout comme le buveur qui, faute de moyens, se voit contraint de se priver d'alcool ou encore celui qui décide soudain de diminuer sa consommation sans accompagnement vont, dans bien des cas, se retrouver face à des démons qui vont les miner.
Il peut s'agir de tremblements, au niveau des mains par exemple, que l'on appelle delirium tremours ou encore d'hallucinations visuelles. «Ces patients vont notamment voir des reptiles, des serpents, des personnes qui entrent chez eux et les attaquent. Ils vont alors crier, se sauver de chez eux,, en croyant qu'il y a des démons, des fantômes. Ils parleront de manière incohérente», explique le Dr Gaya.
Un alcoolique qui s'arrête d'un coup court également le risque d'avoir des crises épileptiques dans les sept à huit heures suivant le sevrage trop soudain. D'autres pathologies comme l'alcoholic hallucinosis vont peut-être aussi surgir, faisant que la personne atteinte entende des voix qui l'insultent, la perturbent. Ainsi dérangée, elle peut en arriver à s'en prendre à ceux qui sont à côté d'elle, en croyant que ce sont leurs voix qu'elle entend.
Crises de panique et anxiété
Autre point important quand on parle de consommation abusive d'alcool : les troubles sexuels. En effet, une baisse de libido est souvent notée chez les hommes, comme chez les femmes alcooliques. Ce problème en engendre d'autres, autrement plus graves, dont un phénomène appelé morbid jealousy.
Frustré parce que ne pouvant pas satisfaire sa femme, l'homme souffrant de ces troubles finira par être convaincu, dans son délire, que sa femme le trompe. Les choses prennent ainsi parfois des tournures drama- tiques. Dans certains cas, souligne le Dr Gaya, l'homme en arrive même à tuer sa femme.
L'alcool joue aussi des tours à la mémoire. Ce genre de problèmes est associé à ce que les psychiatres appellent pathological drinking. «Dans ce cas de figure, quand la personne va boire, ne serait-ce qu'un verre, elle aura oublié, le lendemain, ce qu'elle a fait la veille.
Elle peut ainsi perdre ses effets, des choses qu'elle a cachées alors qu'elle buvait. Etrangement, elle va s'en souvenir la prochaine fois qu'elle va boire. Cela peut faire sourire mais elle peut aussi faire des choses répréhensibles et ne pas s'en souvenir non plus »
L'alcool peut, en outre, affecter la personnalité, rendant l'individu belligérant, arrogant, le pousser à avoir un comportement antisocial. «La personne va ressentir une certaine anxiété, avoir des crises de panique, développer une phobie par rapport à la foule. Il s'agit là d'agoraphobie.»
Un autre syndrome associé à l'alcool : le Korsakoff psychosis. Celui qui en souffre se sent désorienté dans l'espace, le temps et vis-à-vis des gens. Il ne sait plus où il est, il ne reconnaît plus certaines personnes qu'il connaît depuis peu. Sa mémoire récente est, en effet, affectée.
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Une consommation exagérée d'alcool, vous l'aurez compris, peut engendrer de multiples complications psychiatriques. Une parenthèse mérite aussi d'être faite en ce qui concerne des problèmes physiques en résultant, dont des soucis au niveau de la menstruation ou encore une atrophie du muscle du mollet qui empêche la personne de marcher normalement...
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