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Côte d'Ivoire: Centres hospitaliers universitaires (CHU) d'Abidjan - Quand les hôpitaux refusent les malades
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Notre Voie (Abidjan)
4 Juillet 2008
Publié sur le web le 4 Juillet 2008
Coulibaly Zié Oumar
Les patients dont les cas nécessitent une hospitalisation dans les hôpitaux d'Abidjan sont souvent priés de rentrer chez eux après avoir reçu les premiers soins parce que, leur dit-on, il n'y a pas de place pour les hospitaliser. Notre Voie a mené une enquête pour comprendre les raisons profondes de cette situation qui fâche plus d'un.
Adjamé, 220 Logements, il est 19h, ce mardi 3 juin 2008, quand la mère de P.G.S décède à son domicile après avoir parcouru les CHU de Cocody, Yopougon, l'hôpital général d'Abobo et l'hôpital militaire d'Abidjan. Dans tous ces centres de santé, elle n'a pu être gardée malgré son état de santé précaire.
La raison ? Il n'y a, a-t-on dit à ses parents, "pas de place pour l'hospitaliser". C'est en désespoir de cause que ses parents qui l'accompagnaient sont retournés chez eux aux 220 Logements où elle a finalement rendu l'âme. Cette situation difficile à supporter par les malades et leurs parents est devenue malheureusement monnaie courante dans les hôpitaux ivoiriens, notamment à Abidjan.
En effet, ils sont nombreux les malades qui se rendent dans les CHU pour s'entendre dire qu'il n'y a pas de place alors que leur cas nécessite une hospitalisation. "Le CHU de Cocody, c'est n'importe quoi", affirme dame Tiéné, mère d'un enfant de 5 ans, très amère, rencontrée par hasard, un soir, au milieu du mois de juin dernier, chez son frère à Angré.
Elle raconte que son enfant brûlant de fièvre était dans une situation préoccupante. Dans son désarroi, elle a donc couru avec son mari au CHU de Cocody (elle habite à la Riviéra Anono). "Quand nous sommes arrivés ce jour-là, aux environs de 18 heures, aux urgences, le monsieur qui nous a reçus a regardé l'enfant et a dit que c'était un palu, mais qu'il ne pouvait pas garder l'enfant parce qu'il n'y a plus de place pour l'hospitaliser.
Il nous a demandé d'aller au centre de santé d'Anono". Contre leur gré, ils se sont rendus au centre de santé d'Anono et heureusement, leur enfant a pu être traité comme il se doit.
Cette chance, Soro, un autre malade, ne l'a pas eue. Il y a deux mois, très malade, il s'est rendu avec sa compagne au CHU de Treichville avant de se retrouver au CHU de Cocody où il a finalement eu de la place. Mais il a fini par succomber à sa maladie parce qu'il a passé trop de temps à faire les va-et-vient entre les centres hospitaliers.
On le voit donc, obtenir une place dans les hôpitaux ressemble à un véritable parcours du combattant.
Les raisons de la défaillance
Pour comprendre cette situation préoccupante pour les populations ivoiriennes et qui écorne l'image des hôpitaux ivoiriens, un des responsables du CHU de Cocody, qui a requis l'anonymat a bien voulu donner les raisons de cet "encombrement".
D'abord, avec la crise qu'a connue la Côte d'Ivoire, les établissements sanitaires des zones Centre, Nord et Ouest ne sont plus fonctionnels à 100%. "Ce sont des établissements qui fonctionnent en deçà de leur capacité à cause de la crise", affirme-t-il. "Ce qui fait que, poursuit-il, de nombreux malades sont descendus sur Abidjan.
Donc, nous avons une surpopulation par rapport à la capacité d'accueil des infrastructures sanitaires d'Abidjan". Il pense en outre que la surpopulation de la ville d'Abidjan (du fait des nombreux déplacements des populations des zones de guerre sur la capitale économique) est à la base de nombreuses maladies liée à la promiscuité.
Or, quand on jette un coup d'oeil sur l'état des lieux dressé par les différentes directions des centres hospitaliers, le constat est amer. Le CHU de Cocody offre 500 lits, celui de Treichville 600, et plus ou moins dans les mêmes proportions, le CHU de Yopougon. Soit environ 1500 lits. A Cocody, les quatre services d'urgences ont une capacité d'accueil d'environ 12 lits par service. "La norme mondiale est de 20 lits", soutient notre interlocuteur.
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Un médecin en poste au CHU de Treichville, lui, explique que les lits aux urgences sont très vite encombrés dès qu'il y a un grand nombre de malades à hospitaliser. "Aux urgences de médecine (du CHU de Cocody, ndlr), nous recevons souvent plus de 36 malades pour à peine 18 places", témoigne un infirmier qui assure la garde. Un autre agent de santé des urgences de pédiatrie du même CHU, pour sa part, affirme qu'il n'a que 12 lits alors que "nous recevons par jour, le double des malades que nous pouvons hospitaliser".
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