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Zimbabwe: Les pays du G8 discuteront aujourd'hui de la légitimité de la réélection de Mugabe


La Tribune (Algiers)
 

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La Tribune (Algiers)

7 Juillet 2008
Publié sur le web le 7 Juillet 2008

Hasna Yacoub
Alger

Echec de la médiation de Thabo Mbeki, le Zimbabwe dans l'impasse

«Tsvangirai et son groupe doivent abandonner leurs illusions de pouvoir. Nous sommes ouverts au dialogue, mais la réalité est la réalité, il faut l'accepter. Je suis le président de la République du Zimbabwe», la déclaration de Robert Mugabe a le mérite d'être claire.

Il entend ne rien céder à l'opposition au Zimbabwe malgré le tollé international qu'a soulevé sa réélection à la tête de l'Etat. L'octogénaire, qui se maintient au pouvoir depuis 28 ans, ne semble guère soucieux de la montée de la pression internationale contre ce qui a été qualifié de «simulacre d'élection présidentielle» par l'Europe et les Etats-Unis qui demandent à l'ONU de prévoir des sanctions contre le zimbabwe. Dans la communauté africaine, c'est un sérieux malaise qui est ressenti surtout après l'arrivée de Mugabe à la réunion de l'Union africaine de Charm El Cheikh.

Les tentatives de médiation africaine se multiplient pour la création d'un gouvernement d'union nationale mais sans succès. La dernière en date est celle de Thabo Mbeki qui est depuis samedi dernier au Zimbabwe pour une ultime négociation avec le chef de l'Etat fraîchement réélu. Mandaté par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), le président sud-africain porte de nouveau un message africain pour la résolution de la crise politique du Zimbabwe par un «scénario à la kenyane», prévoyant un partage du pouvoir entre les deux principales formations politiques.

Le médiateur de l'Afrique australe au Zimbabwe n'a pas réussi à convaincre l'opposition de participer à une table ronde avec le président Robert Mugabe.

Le Zimbabwe est en crise, c'est peut-être vers l'enlisement qu'il se dirige. D'ailleurs, la compagnie pétrolière anglo-néerlandaise Shell se prépare à se retirer du Zimbabwe face au risque qui augmente. Vendredi dernier, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) a fourni son propre bilan des violences durant et après les élections en évoquant 103 morts et 1 500 arrestations, dont celles de 20 élus ou candidats, dans ses rangs. Le parti de Tsvangirai a ajouté que 5 000 de ses partisans, dont plusieurs agents électoraux et candidats aux élections municipales, sont portés disparus.

Mugabe exige de l'opposition de reconnaître les résultats du deuxième tour de élection présidentielle alors que Morgan Tsvangirai, le candidat de l'opposition, demande que les résultats du premier tour du 29 mars dernier soit la base des négociations. Impasse. Pis, la crise du Zimbabwe risque de s'étendre à d'autres pays africains dont les déclarations ne semblent pas être au goût du nouveau chef de l'Etat. Faisant apparemment référence aux critiques formulées par le Botswana et la Zambie contre sa réélection, le dirigeant au pouvoir depuis 1980 a mis les Etats voisins en garde contre toute ingérence. «Si certains veulent nous affronter, ils devraient y réfléchir à deux fois. Nous n'avons pas l'intention de combattre nos voisins. Nous sommes un pays pacifique, mais si un pays voisin a envie de se battre, eh bien, qu'il essaie», a-t-il prévenu.

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Et au moment où l'Afrique, l'Afrique du Sud en particulier, aspire à jouer un rôle diplomatique croissant pour faire débloquer les choses à Harare, le responsable de la Maison-Blanche, qui a déjà rédiger un projet de résolution pour le conseil de sécurité de l'ONU prévoyant des sanctions, a annoncé que les pays du G8, réunis au Japon, discuteront aujourd'hui de la réélection de Robert Mugabe et de la légitimité de son gouvernement. Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir, pour sa part, la semaine prochaine et se prononcer sur l'application de sanctions contre Harare.



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