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Côte d'Ivoire: Prix du carburant / Le ministre Léon Monnet - "La hausse ne va pas excéder 280 FCFA"


 

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Le Nouveau Réveil (Abidjan)

4 Juillet 2008
Publié sur le web le 7 Juillet 2008

Paterne Ougueye Yves

Invité hier à la 9ème édition des " Matinales du CIG ", le ministre des Mines et énergies, Léon Monnet, a débattu du thème " Pénuries d'énergies : Rôle du ministère des Mines et de l'énergie " ou plutôt " Fuite de l'énergie, quelles solutions pour la Côte d'Ivoire " le thème qu'il a reformulé.

Situation de crise de l'énergie en Côte d'Ivoire

"( ) au niveau national, la crise que nous avons connu a fait que la Côte d'Ivoire n'a pas réalisé suffisamment à temps les ajustements nécessaires, au niveau de l'ensemble du secteur de l'énergie. Les facturations de l'électricité dans certaines zones du pays ne sont toujours pas possibles. Au niveau du gaz, au niveau du pétrole, chacun le sait, depuis 2005 que les prix ont commencé à monter, nous n'avons pas encore réajusté. Et paradoxalement, nous avons constaté une hausse continue de l'ordre de 8% de la demande de l'électricité. Avec les difficultés d'investissement dans les trois secteurs de l'énergie, (électricité, gaz et pétrole), nous sommes aujourd'hui dans une situation de crise, de pénurie. En ce qui concerne le secteur énergie, si nous faisons l'état des lieux, nous pouvons indiquer que la puissance totale installée dans notre pays, est d'environ 1200Mw. Et nous avons plus de 800Mw qui sont distribués. Par la force de la demande, nous avons besoin de 787Mw, ce qui entraîne une marge de seulement 13Mw de disponible. Ce qui signifie que dès qu'un de nos dispositifs de production tombe en panne, nous sommes obligé d'appliquer le délestage sur certaines parties du territoire national. En suite, notre pays des engagements vis-à-vis de l'extérieur puisque nous devons fournir à nos voisins environ 85Mw. ( ) Il y a aussi la faiblesse du rendement du réseau lié au fait que les installations ont vieilli et n'ont pas pu connaître de réhabilitation, ce qui fait que nous avons beaucoup de pannes techniques. Il y a également des pannes non techniques liées aux fraudes sur les réseaux qui font que nous constatons d'importantes pertes. Au niveau du secteur de l'électricité, il y a déficit financier. En 2005, ce déficit se chiffrait à 11 milliards. En 2006, ce déficit est passé à 35 milliards, en 2007 le déficit a été réduit à 18 milliards, en 2010, ce déficit serait de 54 milliards avec des réajustements faits".

Insuffisance de capacité de stockage du gaz butane

"( ) La consommation nationale de l'ordre de 95.000T en 2006 et pourrait être au-delà de 100.000T en 2009. La croissance annuelle de ce produit est au-delà de 10%. L'offre est pratiquement équivalente. Nous sommes pour ce produit dans une situation de flux tendu. Sur ce produit, la Chine offre 17.000T. Lion Soterel, 20.000T et nous en importons 50.000T. Voyez donc les importations représentent une part importante de notre consommation ( ) Notre capacité de stockage du gaz butane est faibli et ne représente que 12.000T. Alors que, pour faire face à toutes les situations, il nous faut 22.000T de capacité de stockage. Donc 10.000T à opérer dans les meilleurs délais pour que nous n'ayons plus à faire face à ces situations de pénurie que nous connaissons. Cela représente un investissement de l'ordre de 20 milliards de FCFA.

La SIR a un déficit

de 100 milliards

"( ) Notre pays a une production moyenne de l'ordre de 49.000 barils par jour. La part de l'Etat se situe dans l'ordre de 10%. En ce qui concerne le raffinage, la SIR a une capacité de raffinage de 3.800.000T par an. Sur cette production, 900.000 sont destinées à la production nationale. Et 2.700.000 T à l'exportation. ( ) Pour n'avoir pas réalisé les ajustements à temps, la SIR a de sérieuses difficultés pour assurer l'approvisionnement. Parce que les banquiers ne peuvent plus suivre la SIR étant donné que les déficits enregistrés s'élèvent à plus de 100 milliards. ( ) "Cet ajustement va se faire. L'Etat est en train d'ajuster cet ajustement. Si nous prenons le prix du baril aujourd'hui, comparé à 2005 où nous avons fait le dernier ajustement, si nous prenons le cours du dollar, le litre du produit a été augmenté à environ 277FCFA, le litre quel que soit le produit lorsque le baril était 135 dollars. Aujourd'hui, il est passé à 145, voilà l'enjeu. Voilà le dilemme dans lequel se trouve le gouvernement.

Des puits ivoiriens aux Etats-Unis

"( ) Nous avons un champ pétrolier aux Etats-Unis. Qui produit 300 barils par jour. Il est plus que marginal. Ce n'est pas cela qui va nous sortir d'affaire. ( ) On parle de fonds de réserve. Même si ces fonds avaient été installés, il faut savoir que c'est depuis 2005 que nous avons fait les derniers ajustements et ces ajustements étaient de 60 dollars le baril. C'est à ce niveau-là qu'ont été cadrés les prix actuels à la pompe. De 60 dollars à 145 dollars le baril, quelles soient les réserves constituées, elles ont fondu comme neige au soleil. Et aucune réserve ne peut tenir devant une telle hausse.

La hausse du litre de carburant n'excédera pas 280FCFA

"( ) Les prix que nous pratiquons aujourd'hui sont en réalité des prix subventionnés. Les prix actuels à la pompe sont subventionnés. Et c'est cette subvention qui impacte négativement sur la SIR, puisqu'en réalité, l'Etat ne paye pas la subvention. Ensuite, il y a la subvention réelle qui est payée pour le gaz butane. L'année dernière, nous étions à 20 milliards de subvention, cette année, nous allons vers 25 milliards de subvention pour le gaz butane. Pour ramener les prix du carburant à l'équilibre, nous sommes aux alentours de 280FCFA le litre. Ce sera donc pour notre pays qui veut ramener à l'équilibre ces prix, le maximum que nous puissions faire. Les prix qui devraient être proposés devraient normalement tenir compte non seulement de cet équilibre mais aussi des déficits importants de la SIR. Mais en raison de la crise, nous sommes en train d'évoluer vers une augmentation qui n'atteigne pas les 280FCFA. Donc nous allons maintenir toujours cette situation déficitaire de la SIR. Mais sachez que nous sommes à 145 dollars le baril et qu'il est annoncé 170 dollars en fin d'année. Vous voyez le gap que nous aurons à subir. Nous serons à moins 280FCFA, mais c'est le gouvernement qui va le décider très prochainement".

Hausse du prix

de la bouteille de gaz

Liens Pertinents

"( ) En ce qui concerne le prix de la bouteille du gaz butane, sachez que lorsque nous vendons notre produit ici en Côte d'Ivoire à 3500FCFA, ce même produit en quantité égale est vendu à 9500FCFA au Sénégal qui pratique plus ou moins la vérité des prix. Nous n'allons pas arriver à cette parité avec le Sénégal mais compte tenu du contexte, nous allons être obligé de ramener les prix à un niveau en sorte que nous soyons loin des 25 milliards de subvention accordée. En ce qui concerne les prix appliqués en zone CNO, je puis vous dire que pour l'instant, le gouvernement n'a aucune prise sur les prix appliqués là-bas ".



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