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Côte d'Ivoire: L'hôtel Masseran, résidence d'État à Paris : 5 milliards récoltés pour sa restauration
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Fraternité Matin (Abidjan)
5 Juillet 2008
Publié sur le web le 7 Juillet 2008
Momo Louis , Correspondant permanent en France
Abidjan
L'ancien hôtel particulier du Président Houphouet-Boigny va devenir la maison d'accueil des Chefs d'état ivoiriens.
Décidée à redonner son faste d'antan à l'hôtel Masseran, à Paris, la République de Côte d'Ivoire, sur décision du Président Laurent Gbagbo, a mis aux enchères, dimanche dernier à Fontainebleau, une partie de son contenu ; soit une centaine d'objets d'art et du mobilier légués à l'Etat de Côte d'Ivoire par Félix Houphouet-Boigny. L'argent récolté - 7,5 millions d'euros, soit 4.919.677.500 FCFA - servira, indique-t-on à l'ambassade, à restaurer ce joyau architectural, propriété officielle de l'Etat ivoirien, pour en faire la résidence du Chef de l'Etat lors de ses séjours parisiens.
Derrière un mur surmonté de hautes grilles, donnant sur le très chic boulevard des Invalides, se cache l'un des plus beaux hôtels particuliers d'Alexandre-Théodore Brongniart, architecte prolifique de l'Ancien Régime connu pour avoir dessiné les plans de la Bourse de Paris. Ce bel hôtel de 3.000 m2, édifié en 1787 pour le prince Masserano, cousin de Louis XVI, fut l'hôtel particulier du premier Président de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouet-Boigny, dès les années 1970, après avoir été, après 1945, celui d'Élie et Liliane de Rothschild.
Mais depuis la mort, le 7 décembre 1993, du "Bélier" de Yamoussoukro, ce magnifique bâtiment du XVIIIe siècle, situé dans le cossu VIIe arrondissement de Paris, tombe en ruine. Dans la cour intérieure, s'amassent vieux meubles et tas de bois récemment coupés dans le jardin. Et devant l'élégante façade, avec ses gigantesques colonnes, trône encore une Lincoln qui n'a pu être sortie, affirment certains, sous peine de voir s'écrouler le portail de l'entrée. Bien loin est l'époque où le Président Houphouet recevait ses hôtes, avec faste, dans la suite des salons richement meublée qui inspira d'ailleurs à l'écrivain Raymond Radiguet le décor du Bal du comte d'Orgel.
Ont été également mis aux enchères des meubles estampillés des plus grands maîtres, des béliers en or massif aux yeux en émeraude, des tentures de soie ayant appartenu à Marie-Antoinette, une commode transition de J. F. ÂŒben, avec son bouquet de fleurs en marqueterie, et une autre de J. H. Riesener, provenant de la collection Charles Stein. Des bas d'armoires d'après un modèle d'André-Charles Boulle, ayant appartenu à Jean-Baptiste Roslin 1er, baron d'Ivry, faisaient également partie de la vente aux enchères. De même que de grands vases en porphyre début XIXe, une paire de coupes en agate calcédoine, montée en pot-pourri, provenant de la collection du prince Demidoff de San Donato à Florence, des rafraîchissoirs en porcelaine dure de la manufacture impériale de Saint-Pétersbourg ayant fait partie du service de la grande duchesse Maria Pavlona.
Le Président Félix Houphouet-Boigny, qui avait un goût prononcé pour le luxe, faisait entretenir à grands frais cet hôtel. Il faut aujourd'hui pallier les dégradations du temps. C'est pourquoi l'ensemble de ce mobilier, auquel s'ajoutent un portrait de la reine Marie Leckzinska fait par Alexis Simon Belle, une huile de Renoir, Femme au fagot, et plusieurs Vlaminck, Bonnard et Van Dongen, ont été vendus aux enchères, le 29 juin, à Fontainebleau, sous supervision de Me Sanogo Yaya, avocat franco-ivoirien mandaté par le Président Laurent Gbagbo. C'est M. Jean-Pierre Osenat qui a d'ailleurs décroché cette vente, une des plus importantes de la saison.
La collection exceptionnelle a attiré une forte affluence. Les prix se sont alors envolés avec par exemple plus de 1,5 million d'euros (1 euro = 655.957 FCFA) pour un Renoir ou 485.000 euros pour un canapé et six fauteuils Louis XVI. L'argent récolté devrait servir à rénover l'hôtel de la rue Masseran, propriété officielle de la Côte d'Ivoire, pour en faire la résidence des Présidents ivoiriens en France.
Les résultats de la vente aux enchères (en -)
1.- Bouillon couvert et son plateau en porcelaine de Paris d'époque XIXe siècle (1 000 -).
2.- Réduction en marbre jaune de Sienne de la Colonne de la Vierge de Sainte Marie majeure.
3- Paire de chèvres en jade moucheté vert et brun. (1 000 -)
4.- Pou-taï en porcelaine blanche de Chine, monture XIXe siècle.(2 800 -)
5. - Trois chaises en bois de citronnier incrusté d'amarante et d'ébène, fin du XVIIIe
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6.- Bureau plat en acajou et placage d'acajou d'époque Louis XVI.(12 500 -)
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