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Côte d'Ivoire: Albert François Amichia, Maire de la commune de Treichville : "La diversité est richesse"
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Fraternité Matin (Abidjan)
INTERVIEW
4 Juillet 2008
Publié sur le web le 7 Juillet 2008
Interview réalisée par Michel Koffi et Ghislaine Atta
Abidjan
Au séminaire de réflexion sur la promotion de l'industrie culturelle africaine, qui s'est ouvert le 19 juin denier, vous lanciez le projet N'Zassa. Que signifie-t-il? Et de quoi sera-t-il question?
Tout le monde, je suppose, connaît la signification de ce terme, qui est une sorte de patchwork. Et cela correspond bien à ce que représente Treichville qui est une commune cosmopolite, avec une population très diversifiée aussi bien au plan africain qu'au plan international. D'ailleurs, le dernier recensement indique que 54% de la population de cette commune est d'origine étrangère. Et toutes ces personnes venant de divers horizons y vivent en parfaite harmonie. C'est ce qui fait le charme de Treichville.Fort de ce constat, le Conseil municipal a décidé de créer une maison de la musique et de la danse. Et nous avons voulu donner cette appellation pour montrer véritablement que la diversité culturelle peut être une richesse pour la commune concernée.
Et de quoi sera-t-il question?
C'est un complexe qui sera composé de trois (3) structures. Il y aura d'abord la pépinière, qui a une vocation beaucoup plus commerciale et économique, pour montrer que la culture peut être rentable. Que les activités liées au monde culturel peuvent être financièrement et économiquement rentables.
Puis, le théâtre de verdure. Il permettra aux artistes de s'exprimer et d'avoir un lieu d'expression, de répétition et de formation. Et, enfin, la salle de spectacle.
Ce sont donc ces trois entités qui composeront le complexe qui sera dans un espace de verdure situé au quartier Yobou Lambert, plus connu sous le nom de quartier Biafra.
Vous êtes en fin de mandat. Que répondrez-vous à ceux qui assimileraient ce projet à un acte de campagne future?
Au niveau de Treichville, on ne peut parler de projet à caractère électoraliste.
D'ailleurs, si l'on veut parler de fin de mandat, nous le sommes depuis 2005. Nous vivons les prolongations d'un mandat qui ne dit pas son nom. Nous ne nous en plaignons pas ! Cette politique s'inscrit dans un processus normal. Nous avons commencé avec la bataille de la lecture, pour donner le goût de la lecture aux enfants, en mettant à la disposition des populations de Treichville, un bibliobus, que l'Ong Culture et Développement de France nous avait offert.
Nous avons organisé aussi des concours de lecture. Depuis trois ans, le Conseil municipal est en train de construire la bibliothèque municipale sise à l'avenue 8, à côté du commissariat du 2e arrondissement. Bientôt, nous allons l'inaugurer. La maison de la musique et de la danse vient donc compléter ce que nous avons réalisé.
Dans votre commune qui a d'énormes besoins, pourquoi le choix de ce projet qui va coûter plus d'un milliard de Fcfa, précisément 1 milliard 300 millions de Fcfa?
Ce qu'il convient de dire, c'est que le projet total fait certes 1,3 milliard, mais la part de la commune est de 300 millions de F CFA sur trois ans; c'est-à-dire 100 millions chaque année. Ce qui nous paraît raisonnable et réaliste pour un budget annuel qui avoisine les cinq (5) milliards de Fcfa. C'est un projet que le Conseil municipal ne réalise pas seul, puisque nous avons le concours du ministère de la Culture et celui du Secteur privé.
Très souvent, on pense qu'il y a des priorités liées au matériel et au corps. On oublie souvent que l'esprit a besoin aussi d'espace, de lieu d'expression. Treichville, c'est une commune qui a un passé culturel. Il n'est pour s'en convaincre que de citer, le Centre culturel de Treichville qui date des années coloniales. Il y a eu l'Ufoci, l'office des anciens combattants, la Bibliothèque municipale qui était installée dans l'ancien marché qui a brûlé en 1996. Donc Treichville est connue pour son passé culturel. Et nous avons voulu continuer dans cette tradition.
Quelle est donc, M. le maire, la place de la culture dans votre politique?
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Au début de mon premier mandat, la question qui se posait était de savoir dans quel domaine nous allions investir le plus. Et j'ai dit aux populations ceci : ne comptez pas sur moi pour les grandes réalisations architecturales. Treichville est une cité ancienne qui a déjà pratiquement toutes ses infrastructures. Il convient d'en réhabiliter certaines, mais on n'a pas besoin de nouvelles réalisations. D'autant plus qu'il n'y a pas de possibilité d'extension de terrain. Treichville est une commune, du point de vue territorial, très limitée. Et il fallait donc choisir un domaine d'intervention ; notre choix s'est porté sur le social et la culture.
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