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Congo-Kinshasa: Les 20 premières minutes de J.P. Bemba à la CPI


Le Potentiel (Kinshasa)
 

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Le Potentiel (Kinshasa)

5 Juillet 2008
Publié sur le web le 7 Juillet 2008

Kinshasa

Premier face-à-face de J.P. Bemba avec la CPI, le vendredi 4 juillet 2008 à La Haye. L'audience n'a duré que près de vingt minutes. Le chef du MLC s'est présenté dans la salle, habillé en costume vert émeraude, qui couvrait une chemise rose saumon assortie d'une cravate bordeaux rayée. Posté dans une attitude d'écoute courtoise, jambes croisées et regard baissé, J.P. a répondu d'une voix claire aux questions préliminaires de la juge Fatoumata Dembélé Diarra. Après cette formalité, la Chambre préliminaire I prépare l'audience de confirmation des charges.

Arrêté le 24 mai 2008 dans la banlieue de Bruxelles à la suite d'un mandat d'arrêt international délivré par la Cour pénale internationale (CPI), Jean-Pierre Bemba a été extradé jeudi de Belgique et transféré à Scheveningen, le centre de détention de la Cour, proche de La Haye, Pays-Bas.

Il a comparu hier vendredi, pour la première fois, devant la Cour pénale internationale. Celle-ci l'accuse de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité à la suite de viols, tortures et pillages présumés qui auraient été perpétrés par les combattants du Mouvement de libération du Congo (MLC) en République Centrafricaine entre 2002 et 2003.

Pour mémoire, à l'époque où J.P. Bemba dirigeait le mouvement rebelle dans son pays (RDC), ses troupes s'étaient rendues en Centrafrique, à la demande des autorités légales, pour soutenir l'ancien président Ange-Félix Patassé qui faisait face à une rébellion dirigée alors par le général François Bozizé, aujourd'hui chef de l'Etat à Bangui. La première audience était dirigée, vendredi, par la juge Fatoumata Dembélé Diarra. Elle n'a duré que près de vingt minutes. Jean-Pierre Bemba s'est présenté dans la salle d'audience, habillé en costume vert émeraude.

BEMBA, PREMIER SUSPECT DE CENTRAFRIQUE

A la question de la juge de savoir s'il était réellement Jean-Pierre Bemba, le président du MLC a déclaré d'une voix claire qu'il l'était et qu'il est actuellement sénateur. La juge lui a ensuite demandé quelles étaient les conditions de sa détention en Belgique.

Il s'en est plaint : «Ce n'est pas ce que j'avais souhaité». Et son avocat d'intervenir pour expliquer que les procédures d'arrestation et de transfèrement de son client à la CPI étaient «entachées de graves violations».

Les observateurs notent que, tout au long de la brève audience, J.P. Bemba s'est tenu dans une attitude d'écoute courtoise, jambes croisées et regard baissé, malgré quelques coups d'oeil vers la salle d'audience où se trouvait notamment son épouse venue de Bruxelles.

Le procureur général de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, avait déjà expliqué que, malgré son statut actuel de sénateur et même son ancien poste de vice-président de la République, l'accusé Bemba, 45 ans, «n'a aucune immunité» et «sera traduit en justice». Le procureur général justifiait sa position par le fait qu'il n'y a «aucune excuse pour les centaines de viols, aucune excuse pour le viol d'une petite fille sous les yeux de ses parents».

Selon la CPI, Jean-Pierre Bemba, ancien commandant en chef du Mouvement de libération du Congo (MLC), serait pénalement responsable de quatre chefs de crimes de guerre et de deux chefs de crimes contre l'humanité commis sur le territoire centrafricain pendant la période allant du 25 octobre 2002 au 15 mars 2003. Pour la CPI, Bemba serait impliqué dans une campagne systématique de meurtres et de viols commis sur des civils en Centrafrique par les hommes de son Mouvement.

Luis Moreno-Ocampo, s'était félicité de l'arrestation de Bemba en Belgique, «fruit d'une opération complexe et bien planifiée». Et il en avait remercié les autorités belges. Dans un récent communiqué, la CPI «salue les mesures prises par les autorités belges pour assurer la mise en oeuvre du mandat d'arrêt, l'arrestation et le transfert de M. Bemba» à La Haye.

J.P. Bemba est le premier suspect faisant l'objet d'un mandat d'arrêt délivré par la CPI dans le cadre de l'enquête sur les événements survenus en République centrafricaine, enquête ouverte en mai 2007 par Luis Moreno-Ocampo. Bemba comme l'ancien président centrafricain Ange Patassé, qui vit en exil au Togo, démentent les accusations de crime de guerre.

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Pour sa part, la CPI poursuit sesà investigations sur ce qu'elle qualifie d'»attaque systématique ou généralisée contre la population civile» au cours de laquelle ont été commis «des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne et des pillages».

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