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Congo-Kinshasa: RDC - retour aux années « Bindo » !


Le Phare (Kinshasa)
 

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Le Phare (Kinshasa)

7 Juillet 2008
Publié sur le web le 7 Juillet 2008

J.r.t.

Le Palais du peuple était assiégé jeudi par une foule de petits épargnants en pleurs. Les plus affectés, particulièrement les femmes commerçantes, se sont jetés aux pieds du président de l'Assemblée nationale venu écouter leurs doléances. Ils lui ont exprimé leur désarroi à la suite de la mesure de la Banque Centrale du Congo suspendant les activités de l'ASBL Dutch International, opérant comme un établissement de micro-crédits.

Compatissant, le numéro un de la représentation nationale a promis de soumettre leur dossier à la Commission économico-financière de l'Assemblée nationale pour interpeller le ministre des Finances et le gouverneur de la BCC. Toutefois, il les a assurés de son soutien pour qu'une solution soit trouvée au sujet de leurs mises.

Ni le premier ni le dernier

Dutch International n'est ni le premier, ni le dernier opérateur financier frappé par la BCC pour non respect de la réglementation en vigueur en matière d'épargne et de crédits. On se rappelle qu'au mois de juin, plusieurs établissements de micro-crédits et des messageries financières opérant en RDC sans la bénédiction de l'autorité monétaire, ont vu leurs promoteurs interpellés et leurs activités suspendues. Motif invoqué : ces établissements travaillaient en marge de la réglementation et des lois financières de la RDC.

Un terrain fertile aux aventures

Avec la relance de l'activité économique boostée par les grands travaux de reconstruction nationale, un taux de croissance de plus de 6 %, l'assainissement du climat économique, la stabilité économique et financière, ainsi que l'afflux des investisseurs étrangers, la Rdc offre aujourd'hui des perspectives économiques enchanteresses.

C'est dans cet environnement que depuis deux ans, on a assisté d'abord à une prolifération des maisons de change du secteur informel, qui en soi constituaient de petits emplois pour contrer le chômage. Ensuite, on a enregistré une timide réapparition des micro établissements d'épargne opérant derrière des boutiques des avenues et des marchés, des messageries financières facilitant le transfert des fonds à l'ombre des phonies et autres maisons de télécommunications.

Enfin, ce sont de petits établissements d'épargne et des micro crédits qui voient le jour au centre-ville avec comme principal appât un taux d'intérêt très élevé pour des délais d'épargne records inférieurs à trois mois. On peut facilement s'imaginer l'attrait de telles offres dans un pays en crise et à la population très pauvre, en quête d'opportunités pour faire fortune sans effort et en l'espace de l'éclair.

Si quelques-uns de ces établissements ont pu obtenir l'agrément de l'Institut d'émission, la plupart préféraient tricher. Tout semblait marcher comme sur des roulettes jusqu'au jour où les nouvelles de leurs activités presque clandestines sont parvenues aux services de la Banque Centrale du Congo. Après un examen de la liste des messageries financières agréées, les noms de ces sociétés étaient introuvables.

D'où la direction de supervision des intermédiaires financiers a dû interpeller les promoteurs qui, malheureusement, n'ont pu exhiber les autorisations requises, en plus des garanties financières suffisantes pour entreprendre ce genre d'activités lucratives à hauts risques.

Ils n'ont pu répondre à un certain nombre de préoccupations, notamment celle liée aux garanties financières pour braver les risques de faillite. Avec quelles banques commerciales travaillent-ils ? Où sont logés leurs fonds ? Quels experts financiers assurent le bon fonctionnement de ces sociétés ? Comment techniquement des fonds versés dans ces sociétés du secteur informel peuvent-ils engendrer des taux d'intérêt supérieurs à la normale dans des délais réduits ? Quelle est l'activité commerciale qui « fermente » l'épargne pour produire des taux d'intérêt ?

Autant des questions que la population naïve, taraudée par la misère, n'a pas eu le temps de se poser. Pourtant, elle devait, au regard des expériences malheureuses du passé vécues dans la ville de Kinshasa et dans l'arrière-pays, être plus vigilante et plus réticente.

Le cauchemar de Bindo et autres

Liens Pertinents

Dans les années'90, au moment où les fondements de la dictature mobutienne vacillaient sous les bourrasques des conférences nationales qui déferlaient sur le continent, un certain Bindo avait relancé l'épargne avec des formules originales très alléchantes. Pour toute mise effectuée, l'épargnant touchait 5 à 6 fois plus après 45 jours. Au départ, la nouvelle passait pour un canular.

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