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Côte d'Ivoire: L'état négocie avec les tranporteurs


 

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Fraternité Matin (Abidjan)

7 Juillet 2008
Publié sur le web le 8 Juillet 2008

Abidjan

La crise énergétique qui s'est accentuée au cours des derniers mois résulte de la poussée de fièvre du pétrole sur le marché international. En septembre 2003, le baril du brut de l'or noir coûtait 25 dollars américains. En décembre 2007, il a grimpé à 99 dollars pour atteindre dans ce mois courant les 145 dollars.

En termes réels, cela veut dire qu'en 2003, sur la base du taux de change d'alors (1 dollar = 547 FCFA environ), le baril du pétrole brut était vendu à peu près à 13.675 FCFA. En 2007, le dollar s'est déprécié par rapport à l'euro (1 euro = 1,60 dollar ou 410 FCFA sensiblement), ce même baril a vu son prix monter à 40.587 FCFA.

Sept mois après, c'est-à-dire en juillet 2008, il est cédé sur le marché international à 145 dollars, soit 61.770 FCFA (base 1 dollar = 426 FCFA). Malgré la baisse substantielle de la monnaie américaine, référence sur le marché mondial, le cours du pétrole a continué son ascension que les spécialistes prédisent durable. Ils vont même jusqu'à projeter le prix du baril à 170, voire 200 dollars avant la fin de l'année 2008.

Le ministre algérien de l'Energie et président de l'Organisation des grands pays producteurs de pétrole, Chakib Khelil, indiquait récemment sur la chaîne française «France 24», que la variation haussière du cours de pétrole est liée aux problèmes économiques qui se posent aux Etats-Unis, à la dévaluation du dollar et à un peu de tout ce qui se passe sur le plan de la politique monétaire américaine.

Un autre facteur qui tire le prix mondial à la hausse, a-t-il relevé, ce sont les menaces contre l'Iran qui est l'un des plus grands producteurs mondiaux du pétrole. Si une crise venait à arrêter la production iranienne, le baril pourrait monter jusqu'à 300 voire 400 dollars (entre 127.500 et 170.000 FCFA, calculé sur la base d'un dollar égal à 425 FCFA).

Mais de façon générale, les causes de la flambée du pétrole avancées sont de quatre ordres essentiellement: D'un, la forte demande en produits pétroliers des pays émergents tels que la Chine et l'Inde pour faire face à leurs besoins énergétiques mais aussi à l'émergence d'une classe sociale de plus en plus portée sur le confort.

De deux, la baisse des réserves mondiales de pétrole. Cette perspective hante producteurs et grandes compagnies pétrolières qui ont investi sans compter en quête de découverte pétrolière, mais qui réalisent que le retour sur investissement n'était pas assuré avec le prix du marché anciennement pratiqué.

Commence alors un jeu spéculatif pour faire monter «les enchères». Au regard de la folie actuelle du prix du pétrole, on peut affirmer que cette spéculation a bien pris, malheureusement, au détriment de bien des pays, pauvres comme riches, producteurs ou non de l'or noir.

C'est d'ailleurs en prévision de cette situation que la promotion d'autres sources d'énergie, notamment les biocarburants obtenus à partir des denrées agricoles, du jatropha ou du ricin, est encouragée depuis quelques années. La troisième cause, plus ou moins liée à la précédente, est la dérégulation des marchés et la spéculation susmentionné.

De quatre, l'insécurité dans l'approvisionnement dans les grands pays producteurs comme l'Irak en ruine depuis la guerre, le Darfour (Soudan), le Nigeria (qui produit 2 millions de barils par jour), et bien sûr l'Iran.

Les conséquences de la flambée du pétrole sont planétaires. Partout, les populations grognent contre ses effets qui se sont traduits par l'augmentation à la pompe des prix du super sans plomb, du gasoil et du pétrole lampant, et même du gaz butane.

«L'opération escargot» lancée par les transporteurs et la grève des pêcheurs en France depuis mai 2008 pour protester contre un gasoil trop cher viennent démontrer, s'il en était encore besoin, que le phénomène n'est pas seulement ivoirien, burkinabé, camerounais, sénégalais, etc. De même, les nombreuses perturbations du trafic provoquées en Espagne par les routiers ou leur parcours jusqu'à la frontière française en soutien à leurs homologues français en dit long sur l'impact de la crise pétrolière actuelle.

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Avec l'augmentation des prix à la pompe intervenue hier en Côte d'Ivoire, fixant le litre du super sans plomb à 795 francs contre 615, le gasoil à 785 contre 545 FCFA, et le pétrole lampant à 550 contre 470 FCFCA précédemment, de nombreux consommateurs s'interrogent: Pourquoi une si forte augmentation alors que le pays produit du pétrole?

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