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Cameroun: L e syndrome du meilleur Opposant


Le Messager (Douala)
 

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Le Messager (Douala)

BILLET
8 Juillet 2008
Publié sur le web le 8 Juillet 2008

L'Opposition se surveille. Elle est plus contre entre elle que contre le régime.

Mais le discours sur le statu quo, c'est : on est incapable d'avoir un candidat unique. C'est à la veille de chaque élection. On est incapable de s'entendre. Même quand nos partis vont aux élections ensemble : l'UDC avec le MP, le Manidem avec la CFA, la CFA avec le PDS : personne ne nous voit. Nous avons constitué un Front des Forces Alternatives depuis 2003. Qui en a parlé ? On n'est pas courageux ! La Coalition est même descendue dans la rue en 2004. Qui s'en souvient ? On n'était pas dans la rue en février dernier : nous sommes devant nos ordinateurs, planqués ! On parle maintenant d'une Assemblée des peuples : quels peuples ? Un Peuple amorphe et apathique comme dirait Charlot Yves ? Pour tous les pro-pouvoirs qui n'osent se l'avouer, pour tous les opposants qui ne voient pas comment les progressistes pourraient se débarrasser de Biya ; pour tous ceux qui ne voient pas comment les femmes pourraient représenter une alternative crédible à ce régime ni encore moins comment la jeunesse de ce pays pourrait réorganiser un Cameroun moderne, l'éternelle question c'est : « Où sont les progressistes ? »

Où sont les opposants ?

« Camarade Eteki, ce serait vraiment terrible que dans la situation actuelle de notre pays, où notre peuple s'est montré prêt, les élites politiques de la « Gauche » camerounaise fuient leurs responsabilités et versent dans un nombrilisme politique ravageur pour notre pays. C'est vraiment désespérant qu'avec tout ce que nous avons comme hommes et femmes avisés (tien, tiens !) dans la lutte politique, que nous ne soyons pas en mesure de nous entendre sur un seul point commun autour duquel nous pouvons nous mobiliser, comme ça se voit partout ailleurs dans les pays africains C'est quelques fois extrêmement frustrant et même décourageant » nous écrit le camarade Tene Sop.

Alors, il faudrait refaire ici l'historique de la Résistance au régime camerounais depuis 50 ans. Cette histoire a été esquissée sur la période 48-58 : nous savons tous que les nationalistes combattaient alors le colonialisme. C'est-à-dire, un siècle de domination, d'organisation et d'oppression mais au moins avec une conscience claire de l'ennemi. Puis, avec l'assassinat du leader charismatique, cette résistance s'installe dans la clandestinité et le flou : flou du leadership que l'ennemi va prendre un malin plaisir à aggraver ; flou de la pensée des leaders plus ou moins charismatiques : les survivants viendront se rendre les uns après les autres « pour changer le régime de l'intérieur » ; flou dans la conscience des patriotes : mais enfin, on se battait pour l'indépendance et la réunification : on a eu l'un et l'autre, non ?

Il faudrait ensuite vous réexpliquer pourquoi être « opposant » n'est ni une profession, ni une marque de patriotisme et encore moins un label de qualité. Déjà, il nous aura fallu du temps pour que les camarades upécistes admettent qu'ils n'avaient pas le monopole du nationalisme. Puis, nous avons mis dix ans pour faire comprendre à nos compatriotes qu'il y a au moins deux Oppositions au Cameroun : celle qui veut réformer le régime et celle qui veut en sortir. Toutes les deux avec des patriotes sincères. Pire, quand nous parlons de libération du Peuple camerounais, combien de camarades de « gauche » ont une conscience claire de ce que nous combattons aujourd'hui? Pour beaucoup, c'est encore le fameux « Biya must go » ! Il nous semble évident que la libération d'un peuple, ça prend aussi des hommes généreux, même si « tous les hommes ne sont pas des tyrans » ! On ne vient pas honteusement proposer à un peuple qui travaille depuis 50 ans pour la « construction nationale » un salaire minimum social (SMS) de 28.000Fcfa quand les échos du Cri des femmes camerounaises demandent depuis des années un SMS de 100.000 Fcfa !

Amènes-nous les femmes

Où sont les femmes ? C'est la question que me posent toujours les hommes politiques en mal de militantes. Du temps du parti unique, on a pris l'habitude de les amasser le long des rues, déguisées en papagayo, sur le passage des Pères de la Nation et autres leaders charismatiques, les femmes elles, ne pouvant être ni l'un ni l'autre Il y a eu le CRI des femmes camerounaises en 2003, l'Opération 100 femmes au Parlement en 2007 : entre les deux, ils ont refusé notre candidature à la présidence de la République. La haine de la femme ? La peur tout simplement. Le journal « Popoli » propose aujourd'hui qu'on en essaie une ! Mais, ils continuent de me dire : amènes-nous les femmes.

En faisant le bilan de l'opération cent femmes au parlement, nous n'avons pas pu nous empêcher de constater le maigre résultat au bout de 50 ans de « promotion » de la femme. C'est alors que nous avons proposé la tenue d'une Assemblée Constituante. C'était en novembre 2007. Nous avons été invitée à la Grande Tribune (sur Equinoxe TV ) pour expliquer en long et en large durant 90 minutes d'horloge, qu'une Assemblée Constituante n'a pas besoin d'une autorisation ni d'une déclaration. Qu'une Assemblée Constituante n'est qu'un moment d'une assemblée du Peuple- moment crucial certes, puisqu'il peut y avoir suspension des institutions. Voilà pourquoi cette Assemblée doit avoir la plus large représentation possible du Peuple camerounais. Mille, deux mille représentants ? Nous avons même consacré toute une chronique à ce projet : « Deux ou trois choses que je sais d'elle ».

N'ayant pas d'espace politique (alternatif), nos enfants sont descendus dans la rue pour nous envoyer leurs doléances : vie chère, chômage institutionnalisé, avenir bouché. Biya lui-même avait dit qu'on n'est pas prêt de voir le bout du tunnel. Alors, on leur a tiré dessus. 100 morts et les survivants dans les prisons de la République Nous avons fait du 8 mars 2008, un jour de deuil. On ne peut pas nous rendre nos résistants mais le 31 juillet prochain, c'est la journée de la femme africaine : sortez nos enfants de ces camps de la mort !

Et les enfants d'abord

Claude vit aux Usa, « the place to be », avec Obama ! Mais il promet d'être avec nous le jour où nous nous aurons le courage d'institutionnaliser ce contre-pouvoir. Eric est étudiant à Yaoundé, il est d'accord « qu'il faut une chimio : et l'Assemblée Constituante, c'est cette chimiothérapie. On décidera ensemble des amputations plus tard. » Ces jeunes ont créé des Fronts partout. Nos assises à nous, seront une sorte de prélude aux Etats-Unis d'Afrique, avec la séquence des quatre premières nations. Nous avions déjà le soutien du Prince des Sawa, nous venons de recevoir les félicitations et les encouragements du royaume bamoun

Comment allons-nous faire ? C'est vrai que nous sommes devant nos ordinateurs mais ça, c'est déjà l'affaire de l'équipe de communication (Paul).Les Termes de Référence arrivent en PDF. Ils ont remis notre pétition (.com) en ligne. Elle est gérée par eux, même si la version anglaise n'est pas encore sur le Net. Vous pouvez toujours la signer sur le site de la pétition (.com). Ce sont aussi les jeunes qui s'occupent de mettre en place les techniques modernes de financement : qu'on ne nous fasse pas le coup de Wade et de tous ces gouvernements qui confisquent « l'aide » comme leur propriété. Ce sont ces jeunes qui nous écrivent : « Je veux rentrer dans votre lutte, aidez-nous à sauver le pays (Raphael) ». Il y a les incrédules, au départ, ceux qui disent que « le Peuple camerounais est amorphe, passif, aliéné (Yanik) ». Il y a ceux qui y croient un peu plus, après un mois d'explications.

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Il y a bien évidemment nos admirateurs même si notre ego n'est pas aussi dévastateur que celui de Biya (David). Ça fait du bien quelque part, comme disaient mes amies féministes, de savoir que mes chroniques sont lues (755 visites au blog en Juin !), et lues avec plaisir pour certains. « Ceux qui sont prêts à mourir pour que les Camerounais soient libres demain (Thierry) » ! De grâce, je ne veux pas que mes « anges gardiens » meurent pour la libération de notre pays ni que l'on me prenne pour Jésus (!). Même si vous n'êtes pas encore des millions à m'écouter, sur ce blog, je l'ai dit, nous ne voulons plus de massacres : juste que la lutte continue. Même si le président -Egocrate peaufine les armes de destruction massive de ses soldats contre l'ennemi intérieur. Ça fait plaisir aussi de savoir que ces chroniques sont attendues. Tant pis pour les « jaloux », les frustré(e)s du mardi et tous ceux qui ne sont encore que la voix de son maître contre Mugabe.


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Author: mle_otabela

C'est bien de reprendre et de diffuser les articles, c'est encore mieux de les signer: de mettre le nom de l' auteur comme dans le Messager: Eteki-Otabela Marie Louise! mle( l'auteur de l'article)


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