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Burkina Faso: Obésité au Faso - Un mal qui grossit, grossit...
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L'Observateur Paalga (Ouagadougou)
8 Juillet 2008
Publié sur le web le 8 Juillet 2008
Adama Ouédraogo Damiss
Ce qui était jusqu'à un certain temps le syndrome de la malbouffe américaine s'est délocalisé, et a pris de l'ampleur tant en Europe qu'en Afrique. Elle atteint 25% de la population en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Amérique Latine et en Malaisie. 65% des Egyptiens en sont victimes. La situation est si alarmante que l'obésité, puisque c'est de cela qu'il s'agit, a été déclarée "épidémie globale" par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime qu'elle toucherait 18% de la population mondiale et représente la deuxième cause principale de décès évitable, après la cigarette.
Quelles sont les causes et les conséquences de ce phénomène ? Quelle thérapie peut-on apporter au sujet obèse ? Quel comportement alimentaire adopter pour l'éviter ? Pour répondre à toutes ces interrogations, nous avons rencontré le Directeur général de la Clinique de l'Amitié sise au secteur 29 (Wemtenga) de Ouagadougou, le Dr Stève Léonce Zoungrana, nutritionniste et hépato-gastro-enterologue. Nous vous proposons la synthèse de l'entretien sur le sujet.
L'obésité est généralement définie comme une accumulation excessive ou anormale de graisse dans le tissu adipeux. La cause sous-jacente est liée à une balance énergétique positive conduisant au gain de poids. En somme, l'individu mange plus de calories qu'il n'en dépense.
C'est une maladie chronique évolutive sans tendance spontanée à la guérison et elle regroupe une grande variété de situations que l'analyse clinique doit reconnaître. Elle relève de l'association de nombreux déterminants comportementaux psychologiques, sociaux et de facteurs de prédispositions biologiques en partie génétique.
Calculez votre indice de masse corporelle (IMC)
Une simple mesure permet de définir si le poids est "idéal ou normal" : l'indice de masse corporelle (IMC) qui relie le poids à la taille de l'individu. Il se calcule en divisant le poids corporel (en kg) par la taille (en m) au carré (kg/m2). A titre d'exemple, un homme de 70 kg mesurant 1 m 75 aura un IMC de 22,5.
La surcharge pondérale et l'obésité sont caractérisées respectivement par un IMC supérieur à 25 et 30. Entre 18,5 et 25, l'IMC est considéré comme "sain et normal". Les individus avec un IMC compris entre 25 et 29,9 sont dits en surpoids avec "un risque plus élevé" de développer des maladies associées, et ceux avec un IMC de 30 ou plus sont dits obèses à " haut risque". C'est aux Etats-Unis que l'obésité est importante. En 2004, elle y a fait 400 000 morts et est classée 2e cause de décès.
Elle touche 30% de la population au pays de l'Oncle Sam, soit 60 millions de personnes. Mais le phénomène gagne du terrain partout ailleurs. Le monde compte dorénavant plus d'adultes en surpoids que de personnes souffrant de malnutrition, a récemment indiqué l'OMS ; plus d'un milliard d'adultes est victime d'excès pondéral et le nombre pourrait augmenter d'un demi-milliard d'ici l'an 2011.
En Afrique du Sud, 56% des femmes et 17% des adolescents sont en surpoids ou obèse. Au Cameroun, 35% de la population sont également en surpoids ou obèses et on trouve des taux similaires au Nigeria et en Gambie notamment chez les femmes, selon des chiffres présentés lors d'une conférence organisée par l'agence de santé d'Oxford.
Des chiffres inquiétants pour le Burkina
Le Burkina Faso, à l'instar des autres pays, est confronté au problème de l'obésité comme l'attestent certaines études qui situent sa prévalence à 7,3%. (Zagré N. et coll, Zabsonré et coll). Une étude codirigée par le Dr Stève Léonce Zoungrana avec l'UFR/SVT dans le cadre d'un mémoire de fin d'études en nutrition et portant sur 64 sujets à Ouagadougou, a retrouvé 18,75% de surpoids, 35,94% d'obésité de type I (modérée), 23,44% d'obésité de type II (sévère) et 21,87% d'obésité de type III (morbide). Il s'agissait majoritairement de femmes (82,8%) et l'obésité androïde (accumulation de graisse sur le ventre ou bedaine) prédominait avec 82,81% des cas.
L'obésité est observée de plus en plus en Afrique subsaharienne non seulement dans les régions forestières où la nourriture est en général suffisante et où parfois on mange beaucoup, mais aussi dans les zones sahéliennes moins favorisées. Elle se rencontre plutôt dans les villes et le plus souvent chez la femme. Les chiffres sont parlants.
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Le phénomène connaît, dans les pays en développement, une progression qui suscite une inquiétude légitime de la part des institutions en charge de la santé des populations d'autant plus qu'il expose l'individu à des complications à long terme qui font toute sa gravité. Avant d'en arriver aux conséquences, quelles sont les causes de cette maladie ?
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