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Bénin: Les rumeurs découragent les femmes au Bénin
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L'Autre Quotidien (Cotonou)
8 Juillet 2008
Publié sur le web le 8 Juillet 2008
Eléonore Djègui
Le taux de prévalence contraceptive est en régression au Bénin. Et pour cause, les rumeurs sur le planning familial découragent nombre de femmes et jeunes filles qui décident d'abandonner ou de ne pas du tout faire l'expérience de la contraception. Toutefois, la communication intensive autour de la contraception et la formation des sages-femmes contribueraient à mettre en confiance les cibles concernées.
Le taux de prévalence contraceptive au Bénin est passé de 7,2% en 2001 à 6,2% en 2006. Cette régression est due selon la sage femme d'Etat et responsable de la clinique de l'Association béninoise pour la promotion de la famille (Abpf), Geneviève Basilia M. Ogoumba, à de fausses informations sur le planning familial. Certaines personnes qui ne sont pas formées dans le domaine prétendraient que les méthodes contraceptives modernes provoquent le cancer. Les hommes aussi constituent un facteur de découragement. Bon nombre d'entre n'incitent pas leurs épouses à se mettre sous contraception et pensent qu'en le faisant, elles cherchent à se prostituer. A cela s'ajoute l'insuffisance de la sensibilisation des populations sur la question. « Le tapage autour de la planification familiale au Bénin a cessé depuis près de trois ans et c'est la sensibilisation sur le Vih/Sida qui a pris le dessus » déplore madame Geneviève Basilia M. Ogoumba. Une causerie éducative est organisée chaque jour à l'Abpf sur un thème en rapport à la santé de reproduction. Mais, estime-t-elle, «ce n'est qu'un cheveu dans la soupe ». Outre les raisons évoquées s'ajoute le refus délibéré de certaines femmes de se mettre sous contraception.
Elles prétextent que le préservatif masculin ou condom est suffisant pour les mettre à l'abri des grossesses non désirées. La meilleure manière aujourd'hui d'encourager les femmes à observer davantage le planning est de reprendre de façon plus intense la sensibilisation. De même, il faudra former les sages femmes des centres de santé. Par ailleurs, diffuser ou publier par voix de presse, des informations sur le planning familial dont le but consiste à réduire le nombre des naissances ou à les espacer suivant la volonté prises par les personnes en activité sexuelle. Cela aiderait à améliorer les statistiques et à renforcer les méthodes contraceptives. Hormis les cas d'échecs rares, ces méthodes permettent le contrôle des naissances. Elles se définissent par un ensemble de méthodes et de moyens mis à la disposition des couples, des individus et de la communauté en vue de leur permettre d'avoir des enfants en temps voulu et en nombre désiré. Qualifiées de méthodes modernes, elles garantissent le retour à la fécondité une fois leur utilisation interrompue, sauf les méthodes contraceptives chirurgicales qui mettent fin à la fécondité. Il s'agit de la vasectomie chez l'homme et de la stérilisation définitive chez la femme.
Les méthodes contraceptives modernes
On distingue les pilules, les contraceptifs injectables à progestine seule (le Noristérat et le dépo-Provéra), le Norplant, le dispositif intra utérin (Diu) ou stérilet, les spermicides, le condom ou préservatif masculin, les fémidons ou préservatifs féminins.
* Les pilules
Ce sont des comprimés à base d'hormones. Elles peuvent être prescrites à toute femme en âge de procréer, ne présentant aucune contre-indication. Les pilules bloquent l'ovulation, épaississent la glaire cervicale et atrophient l'endomètre c'est-à-dire la muqueuse de l'utérus. Les pilules protègent contre la grossesse, l'anémie et sont de 98 à 99% très efficaces. Elles amoindrissent les risques de cancer, conviennent aux drépanocytaires, amoindrissent ou font disparaître les douleurs liées aux règles. Les effets secondaires des pilules sont courants durant les trois premiers cycles, ensuite disparaissent. La migraine persistante et s'aggravant, les troubles de vue persistants et s'aggravant, les douleurs atroces à la poitrine, à l'abdomen, aux mollets et à la cuisse constituent les signes d'alarme.
* Les contraceptifs injectables à progestine seule (Noristérat et Dépo-Provéra)
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Ce sont des préparations à base de progestérone retard synthétique. Il rend la glaire cervicale visqueuse, ce qui rend difficile la montée des spermatozoïdes vers l'utérus. Réduit le risque de cancer du col, des ovaires, des seins et de la muqueuse utérine, protège contre la grossesse et se révèle efficace à 99%. Ils protègent également contre l'anémie, réduisent les crises de drépanocytose, conviennent aux femmes allaitantes, ainsi qu'à celles âgées de 35 ans et plus. Leurs effets secondaires se manifestent par les légers maux de tête passagers, une légère prise de poids chez certaines femmes, de légers saignements entre les règles ou des cycles prolongés, l'aménorrhée ou absence de règles. Les signes d'alarmes sont souvent de forts maux de tête rebelles aux traitements et s'aggravant, les troubles de vue persistants et s'aggravant, de fortes douleurs persistantes à la poitrine, à l'abdomen, dans les jambes et mollets.
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