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Côte d'Ivoire: Hausse des prix du carburant - Le gouvernement appelle les opérateurs économiques au patriotisme


Notre Voie (Abidjan)
 

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Notre Voie (Abidjan)

8 Juillet 2008
Publié sur le web le 8 Juillet 2008

J-S Lia

Comme partout ailleurs dans le monde, la Côte d'Ivoire fait les frais de la grande flambée des cours du pétrole sur le marché mondial combinée à la crise alimentaire. Avec un baril à plus de 140 dollars, le gouvernement a fini par se plier aux exigences des pétroliers distributeurs en revoyant à la hausse les prix du carburant à la pompe. L'on ne peut que craindre les conséquences sur l'ensemble de l'économie ivoirienne, encore fragile après cinq années de guerre.

Depuis le lundi 7 juillet dernier, les Ivoiriens paient plus cher leur carburant, en raison d'une augmentation des prix à la pompe. La hausse porte sur les prix de vente au public des carburants et produits énergétiques, touchant différents carburants vendus en Côte d'Ivoire, ainsi que d'autres produits énergétiques tels que le pétrole lampant, le fuel-oil lourd, et le gaz de pétrole liquéfié (GPL).

Lors d'une récente rencontre avec la presse, le ministre des Mines et de l'Energie, Emmanuel-Léon Monnet, avait justifié ce relèvement des prix des produits énergétiques par la flambée des prix du pétrole sur le marché international, qui ont atteint ces derniers jours des seuils records dépassant les 140 dollars le baril, alors que le budget de l'Etat pour 2008 a été arrêté, selon des sources dignes de foi, sur la base d'estimations d'un baril à 75 dollars. C'est ainsi que pendant longtemps, le gouvernement a subventionné les prix du carburant et du gaz domestique dans l'espoir d'un retour à une bonne conjoncture économique internationale. Il en a résulté de sérieuses contraintes financières pour la Côte d'Ivoire : 40 milliards FCFA l'essence, 25 milliards FCFA le gaz comme subvention depuis le début de l'année 2008. Sans oublier que les efforts financiers sont consentis depuis deux ans. Malheureusement, le prix du baril n'a cessé de croître, annihilant toute la batterie d'actions urgentes que le gouvernement a mises en oeuvre. Selon l'Agence internationale de l'énergie, le surcoût de la facture pétrolière était en 2006 deux fois plus important que l'allègement de la dette des pays pauvres, voté en 2005 au sommet du G8.

Décision inévitable

Autant dire que cette décision était inévitable. Elle a été prise. Cette hausse risque de jouer un effet d'entraînement néfaste sur les prix des autres produits de consommation ainsi que des services de base, comme le réclament déjà des transporteurs et les principaux utilisateurs de carburant. Abordés à ce sujet, des transporteurs se disent mécontents de cette augmentation car ils doivent dépenser beaucoup plus pour une recette quotidienne imposée qu'ils ne sont pas certains de boucler. Ils réclament, à leur corps défendant, le réajustement à la hausse du prix du transport. D'ailleurs, nombreux sont ceux qui ont hésité, hier, entre rouler et garer en attendant les réajustements tarifaires. "Déjà, ce n'était pas évident pour les passagers de payer la course à 250 FCFA. On était obligé d'accepter le montant qu'ils nous proposaient. Est-ce qu'ils vont pouvoir payer plus que ça ? Et s'il n'y a pas de passagers, il n'y a pas de transport. C'est ce qui inquiète, parce que beaucoup de personnes vont changer leurs habitudes de déplacement", déclare le conducteur d'un wôro-wôro dans la commune de Yopougon. A la gare dite "Lavage", toujours à Yopougon, le même désappointement se lisait sur le visage des transporteurs communaux comme intercommunaux.

Subséquemment, les paysans vont avoir de grandes difficultés pour pouvoir écouler leurs productions sur les différents circuits de commercialisation. Les mangues, actuellement en abondance et certains produits vivriers saisonniers pourraient rester pourrir à la campagne. Une question taraude les esprits critiques : comment le gouvernement va-t-il résoudre la question de la subvention accordée à certains produits étant donné que ceux-ci seront transportés dans les différents centres commerciaux ?

A n'en pas douter, cette nouvelle hausse des prix des produits pétroliers qui entraîne la fixation de nouveaux tarifs pour les divers circuits de transport en commun dans le pays pourrait susciter des tensions inflationnistes dans une économie en convalescence. Pour les cas des entreprises, l'augmentation des prix du pétrole constitue également un véritable danger, étant donné que celles qui seront incapables de faire face aux factures d'énergies astronomiques chercheront à réduire les coûts, et finiront par prendre des mesures d'équilibre budgétaire.

Toujours sensibiliser, encore sensibiliser

Ainsi, c'est à un véritable exercice d'équilibre que se livre le gouvernement pour que les déséquilibres pouvant naître du renchérissement des prix de carburant ne se propagent, de manière disproportionnée, dans d'autres secteurs de la vie nationale. Hier, le ministre d'Etat, ministre du Plan et du Développement, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, a initié une rencontre avec les transporteurs et les principaux acteurs du secteur. Il en a profité pour lancer un appel général aux opérateurs économiques du pays à faire preuve de patriotisme en modérant les prix sur les marchés. Le ministre Emmanuel-Léon Monnet avait, de son côté, promis des mesures d'accompagnement. Tout ceci pour épargner la Côte d'Ivoire d'une explosion sociale de forte magnitude. Car, non seulement la hausse des prix du pétrole et des produits agricoles ronge les recettes de l'Etat, mais, il y a risque à terme de réduire la capacité d'intervention du gouvernement. En pareilles circonstances, la seule solution pour combler le déficit financier et pour ne pas faire baisser la croissance est de maintenir le rythme de réformes engagées depuis 2000 pour rendre le pays beaucoup moins dépendant de l'extérieur. Mais, plus important encore, il va falloir envisager un plan de financement durable du secteur énergétique puisque tout porte à croire que les cours du pétrole se maintiendront à la hausse. Ceteris paribus.

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Le gouvernement est donc interpellé pour prendre toutes les dispositions pour maintenir les équilibres fondamentaux du cadre macro-économique.



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