Le Soleil (Dakar)

8 Juillet 2008

Sénégal: Dr Massamba Sassoum Diop, président SOS Médecin - « Au sénégal, il n'y pas de diplômes en médecine d'urgence »

interview

Les autorités sanitaires sénégalaises ont pris conscience de l'importance de la médecine d'urgence en annonçant une formation dans ce domaine dès la prochaine rentrée universitaire. Dans l'entretien qu'il nous a accordé, le Dr Massamba Sassoum Diop, président de Sos médecin et du comité d'organisation du Congrès international de médecine d'urgence, d'anesthésie réanimation, se félicite de cette initiative.

Pensez-vous que la formation annoncée dans le domaine de la médecine d'urgence pourrait régler le problème parce que le Sénégal ne compte que dix médecins urgentistes pour environ 12 millions de personnes ?

Ce qui se passe, c'est qu'au Sénégal, il n'y pas de vrais diplômes en médecine d'urgence. Donc, la formation est un vaste chantier qu'il faut mettre en oeuvre. Car, il faut pouvoir le plus rapidement avoir une formation permettant de disposer de suffisamment d'urgentistes. La médecine d'urgence doit en plus être gérée par des médecins qui ont de l'expérience. Je veux dire que ceux qui travaillent dans ce domaine devraient être des anciens médecins biens formés ; ce qui leur permettrait de faire rapidement un diagnostic ainsi qu'une bonne thérapie. Donc, cette formation est importante, car elle permet d'avoir un nombre suffisant de médecins urgentistes, mais bien formés avec de vrais diplômes.

Quand est-ce qu'un individu peut faire appel aux services médicaux d'urgence ?

Il y a plusieurs niveaux d'urgence médicale. Déjà, vous pouvez avoir un cas qui n'est pas grave sur le plan objectif médical, mais quand le patient pense qu'il a une pathologie grave, à partir de ce moment, on considère qu'il y a une urgence parce qu'elle est ressentie par le malade. Il y a, par contre, une urgence vraie qui se manifeste par des signes de détresse vitaux. Ces signes sont souvent respiratoires, neurologiques, etc. Il peut avoir des difficultés à respirer, un problème de tension, d'hémorragie, ce que nous appelons un problème d'urgence vitale. Ensuite, il y a des urgences intermédiaires qui se manifestent par des fièvres qui ne sont pas une urgence grave, mais qui potentiellement peuvent l'être. A cela s'ajoutent de petites urgences comme la diarrhée.

En quoi le Samu national public peut-il aider à la prise en charge des urgences ?

Le Samu est avant tout un système de régulation des appels qui permet d'envoyer les médecins et les ambulances auprès des malades. Aujourd'hui, nous savons que la moitié des patients qui arrivent dans les structures sanitaires sont des cas d'urgence, alors que cela devrait avoir un pourcentage moindre parce que ces malades auraient été pris en charge initialement. Mais, vu ce caractère urgent, il faut beaucoup assister les patients en informant les populations sur l'importance des appels et mettre une ambulance à leur disposition en cas de difficultés notamment respiratoires, ainsi que les troubles du langage. Ce sont ces régulations qui vont décider de l'envoi d'un médecin ou non. Ce principe de régulation est extrêmement important pour la médecine d'urgence et c'est le principal rôle du Samu national.

Comment est organisée la prise en charge des urgences au niveau de Sos médecin et dans quel domaine vous intervenez ?

Nous intervenons de la petite urgence, c'est-à-dire la diarrhée, la toux plus au moins grave à l'arrêt cardiaque, sans compter les traumatisés graves lors d'un accident. Nos interventions sont très élargies parce qu'elles vont de la petite urgence à l'urgence grave et nous avons plusieurs divisions et sections qui font le travail sur le terrain. Parmi ces sections, on fait des visites à domicile, ce qui nous permet de nous rendre chez le patient et quand il s'agit d'urgence grave, il y a un médecin qui se déplace avec une ambulance. Quand il y a une catastrophe nationale nous intervenons de manière gratuite, car, avant tout, nous sommes des médecins préoccupés par la santé des populations.

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