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Côte d'Ivoire: Hausse du prix du carburant - Les consommateurs sonnent la révolte
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Nord-Sud (Abidjan)
8 Juillet 2008
Publié sur le web le 8 Juillet 2008
Raphaël Tanoh (stagiaire)
Les nouveaux prix du carburant pompent le moral des Ivoiriens.L'atmosphère était tendue hier dans les stations service. Pendant que les automobilistesplaignent l'Etat dans la fixation des prix, les consommateurssepréparent à assiéger la présidence de la République.
«3975F Cfa ? J'ai pris 5 litres de super», indique ce matin un usager à la station Oilibya des II Plateaux pris d'assaut par les véhicules. Le gérant muni d'une calculatrice, tape des chiffres. «Mais oui, monsieur ça fait 3975Fcfa, le litre étant à 795Fcfa». Ils refont les calculs et finalement tombent d'accord. L'usager rechigne avant de tendre l'argent à son fournisseur. Derrière lui, une longue file de véhicules qui attendent d'être servis. «Le gasoil c'est combien déjà le litre ?», demande un monsieur qui vient de garer sa voiture près de la pompe. «785F Cfa, monsieur», lui dit le gérant. L'autre consulte ses billets de banque, hésitant. « Je prends 4 litres. Je ne peux plus faire le plein avec cette hausse ». Sur les visages des clients de la station, c'est l'inquiétude. Ceux qui ne croyaient pas encore à cette hausse vertigineuse annoncée dimanche par le gouvernement, sont maintenant fixés sur leur sort.
A la pompe, les automobilistes se tiennent près du gérant lors du service. Les dépenses sont millimétrées, la moindre goutte de plus est précieuse. « On ne sait pas ce qu'on va devenir avec cette augmentation. 180F Cfa pour le super sans plomb et 240F Cfa pour le gasoil, c'est exorbitant. L'Etat aurait pu concéder plus pour édulcorer la flambée », s'exprime un usager qui tient un journal en main, en attendant de faire se faire servir. « Il faut toujours que l'Etat exagère. Les autres pays africain ont amoindri la hausse à leur niveau, je ne vois pas comment nous allons nous en sortir avec ces prix », ajoute autre usager qui vient de se faire servir. Total, Shell, Petro Ivoire, Texaco, n'ont pas encore ouvert ce matin. Selon les informations reçues auprès de certains responsables, ces stations attendent les agents de Cositam, l'entreprise chargée de mettre à jour les compteurs des pompes. Cet arrêt de travail à leur niveau a entrainé un afflux des usagers vers le peu de stations restées ouvert. Notamment Oilibya, Royal, Petroci et Mobil. A la station Royal d'Angré, les taximètres qui font la file pour se servir sont indignés. «J'aurais dû faire le plein hier avant de rentrer (Ndlr : dimanche), au moins j'aurais fait des économies pour aujourd'hui», regrette un chauffeur. L'un de ses camarades le soutient. «Impossible de faire des recettes avec cette hausse du gasoil ».
Ce taximètre consomme 12 litres dans la journée, qui lui revenaient à 6540F Cfa. Ce matin, il lui a fallu débourser 4710F Cfa pour 6 litres de gasoil qui ne serviront que la demi-journée. Soit à peu près la somme qu'il payait pour toute la journée. «Il est évident que nous allons rouler aujourd'hui à perte. Nos patrons ne comprennent pas cette situation, puisqu'ils nous imposent les mêmes recettes», s'indigne-t-il. Sur les voies, dans les taxis, la flambée des prix du carburant et du gaz, constaté ce matin, sont l'objet de conversations. «Pour que nous soyons au même niveau de recette qu'avant, il faudrait porter le tarif du transport pour la distance Angré-Cocody à 500F Cfa, et à 400F Cfa, la distance Angré-II Plateaux», affirme un taximètre. Les passagers du véhicule retiennent leur souffle face à ce projet. «Nous n'accepterons jamais de payer le double du transport avec cette misère », prévient une ménagère. Il est sûr que les Ivoiriens attendent que la hausse du carburant à la pompe se répercute sur le transport pour bouger.
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Sur ce point, Soumahoro Falikou, président de la Fédération nationale des commerçants de Côte d'Ivoire (Fenac-ci) annonce qu'une marche est prévue le lundi 14 juillet devant la présidence pour protester contre ces prix exorbitants. «Nous allons fermer les commerces. La marche débutera devant la mairie d'Adjamé et prendra fin à la présidence. Nous avons déposé des documents ce matin (Ndlr : hier), à la présidence pour montrer notre indignation. Il faut que l'Etat réduise son train de vie pour amoindrir cette flambée. Lors des discussions nous n'avons jamais été pris en compte dans la fixation des structures des prix. Les décisions nous ont été imposées», indique le chef des commerçants. Aujourd'hui ils veulent une discussion franche avec le gouvernement pour une nouvelle fixation. MmeZamblé Marguerite, présidente des vendeurs de gros de Côte d'Ivoire accepte difficilement la flambée des hydrocarbures. A leur niveau, une concertation est prévue avec les femmes du vivrier dans la semaine pour décider de l'attitude à tenir devant la hausse. Pour le moment les regards sont tournés vers les tarifs du transport.
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