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Sénégal: Route du Sud - un train d'union en désuétude


 

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Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

8 Juillet 2008
Publié sur le web le 8 Juillet 2008

Amadou Samba Gaye
Ziguinchor

Route du Sud. En cette matinée de dimanche, un temps clément règne le long de cet axe routier qui relie Ziguinchor à Kolda.

Le long de ce train d'union qui rapproche les populations des deux régions, les rayons torrides du soleil ont disparu, depuis deux jours, laissant place à un ciel nuageux. Les gros nuages, qui parcourent le ciel, font planer des menaces de pluie sur la zone.

Après quelques coups de volants, le mini-car à bord duquel nous sommes montés arrive à la sortie de Ziguinchor. Déjà, les signes annonciateurs d'un parcours mouvementé apparaissent.

Ici, l'asphalte a disparu de la chaussée. Conséquence des pluies tombées ces derniers jours, des flaques d'eau ont envahi la route. Pour éviter de s'enliser, les conducteurs doivent se livrer à une véritable gymnastique. Histoire d'éviter les nombreux nids de pouls.

A la sortie de la ville, la chaussée retrouve un aspect plus ou moins normal. Ce qui permet au chauffeur de donner quelques coups d'accélérateur, et d'atteindre très vite le village de Boutoute, à quelques encablures de Ziguinchor.

Mais manque de chance, le conducteur n'est pas en règle. Plus grave, les apprentis et une partie des passagers s'étaient agrippés sur le marche-pied. Des infractions qui mettent hors de lui le gendarme chargé de veiller sur la circulation.

Aussi, reste-t-il de marbre devant les excuses du conducteur. Les conciliabules dureront des dizaines de minutes sous un de ces géants manguiers qui encadrent la route. Mais rien n'y fait. Le gendarme reste intransigeant.

Devant la détermination de l'homme de tenue, le conducteur du mini-car n'a d'autre choix que de transférer l'excès de passagers dans un autre véhicule. Mais, ce n'est là qu'un simple stratagème pour bénéficier de la clémence du gendarme, car le conducteur récupéra ces voyageurs à la sortie du village.

Après Boutoute, la route garde encore les aspects d'une chaussée plus ou moins normale sur les premiers kilomètres. Mais à mesure que l'on s'enfonce dans le Balantacounda, les nids de pouls deviennent de plus en plus nombreux.

A hauteur des bas-fonds, les véhicules doivent même avancer à une vitesse presque nulle. Et, il faut souvent toute la dextérité des conducteurs pour éviter d'entrer dans les pièges que constituent les trous qui parsèment la chaussée.

Par moment, il leur faut quitter complètement la route pour rouler sur les bas-côtés. Mais tout cela n'est encore qu'une partie de l'iceberg. En effet, après la localité de Samine, dans la région de Kolda, rouler sur la Route du Sud devient un véritable calvaire.

Ici, les nids de poule ont presque partout envahi la chaussée. A cause des fortes pluies tombées dans la zone, des flaques d'eau sont devenues omniprésentes.

Pour éviter de s'embourber, les chauffeurs doivent souvent quitter la chaussée pour rouler sur les bas-côtés. Un exercice des plus difficiles compte tenu de la densité de la végétation. Aussi les conducteurs doivent-ils redoubler de vigilance à cause des nids de pouls et des flaques d'eau qui peuplent la chaussée.

Impossible en effet d'accélérer. Il faut rouler au pas au grand dam de certains passagers pressés d'arriver à destination.

Plus de deux heures sont ainsi nécessaires pour parcourir la cinquantaine de kilomètres qui séparent Samine de Tanaff. Voilà pourquoi nombreux sont les chauffeurs qui préfèrent souvent s'arrêter à Samine. Une manière d'éviter de casser leur mécanique sur le tronçon qui relie Samine à Tanaff.

A la crainte d'user leur véhicule sur une route accidentée, s'ajoute aussi celle de perdre un temps énorme sur une distance que les véhicules parcourait par le passé en quelques dizaines de minutes.

De fait, nombreux sont les voyageurs qui doivent souvent prendre mal leur en patience à Samine. Dans ce village, le voyageur peut parfois attendre plusieurs heures, avant de pouvoir poursuivre sa route en direction de Tanaff et des nombreuses autres localités qui parsèment la Route du Sud.

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En effet, à cause de l'état de la route, rares sont les conducteurs qui osent s'aventurer au-delà de Samine. Le plus souvent, ils font demi-tour en direction de Diattacounda, Goudomp et Ziguinchor, préférant repartir le véhicule vide que d'aller en direction de Tanaff.



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