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Congo-Kinshasa: Dans une interview au journal Le Potentiel, « J.P. Bemba sera innocenté sur le fond du problème »
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Le Potentiel (Kinshasa)
INTERVIEW
9 Juillet 2008
Publié sur le web le 9 Juillet 2008
Kinshasa
François Muamba : « J.P. Bemba sera innocenté sur le fond du problème »
Assassinat du 1er vice-président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa, Daniel Botethi, cadre du MLC. Première comparution devant les juges de la CPI, du leader du MLC, Jean-Pierre Bemba. Autant de sujets que nous avons abordés avec le secrétaire général du Mouvement de libération du Congo, MLC, François Muamba.
L'assassinat du 1er vice-président de l'Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa, Daniel Botethi, intervenu le dimanche 6 juillet autour 2 heures du matin vous a conduit à prendre un certain nombre de mesures, notamment la suspension de votre participation aux travaux de l'Assemblée nationale, du Sénat et de l'Assemblée provinciale. Quelles sont les raisons objectives de ces mesures ?
Le Bureau politique du MLC a en effet pris la grave décision de suspendre la participation du MLC au Sénat, à l'Assemblée nationale, à l'Assemblée provinciale ville de Kinshasa. Les raisons qui nous ont poussés à prendre cette décision grave sont les suivantes : la première considération est interne au parti. L'opinion se souvient en effet que depuis cette nuit où tout le monde s'attendait à la publication des résultats du premier tour au mois d'août 2006, la résidence du président du MLC, Jean-Pierre Bemba, notre permanence ont été l'objet d'une attaque par l'armée de la République démocratique du Congo, avec chars, mortiers, etc. Premier coup de semonce.
Au mois de novembre, toujours dans les alentours de la résidence du président Bemba, des échanges des tirs ont eu lieu, avec toujours le MLC comme grain de mire. Je ne reviens pas sur les événements du 22 -23 mars 2007 marqués par des attaques dirigées contre le MLC.
Au mois de mai de cette année, cette arrestation dans des conditions rocambolesques de Jean-Pierre Bemba. J'en profite pour dire que nous en sommes au niveau de La Haye. Le président du MLC présentera ses moyens de défense quant au fond du dossier et je suis convaincu que l'opinion sera, de ce point de vue, édifiée. Parce que, nous le répétons, sur le fond, ce dossier est vide. Revenons à cet assassinat ignoble de notre jeune cadre, 29 ans, père de deux enfants. Nous disons que trop, c'est trop. Il faut qu'à un moment donné nous puissions avoir assez de ressources morales et politiques pour créer des conditions pour qu'il y ait une sorte de pause et qu'on se regarde en face.
Qu'on se dise où ce pays est en train d'aller. En réalité, où est la place de l'opposition dans ce pays ?
La deuxième considération qui nous amène à prendre cette grave décision, c'est que s'agissant d'une manière beaucoup plus précise de ce cas Daniel Botethi¸ il se trouve qu'il a été assassiné dans des conditions qui ressemblent à toute une série d'attaques qui concernent la population en général, mais d'une manière particulière, un certain nombre d'élus.
On se rappelle du cas Onosumba, ensuite Matadi Nenga, voire des officiers supérieurs de l'armée, en ce compris le secrétaire général à la Défense. Je ne parle pas de Shabani Nonda, qui n'est pas un élu, mais une figure de proue du football, de ce que nous avons de meilleur dans ce pays. Si, au moment où ces faits se sont déroulés, nous avions, ce qu'on appelle une autorité de l'Etat dans ce pays, un véritable gouvernement, Daniel Botethi ne serait pas assassiné. Depuis tout ce temps-là, il y a des décisions que l'Etat n'a pas prises. Ce coin-là, en particulier de Ma Campagne, est devenu un no man's land. Je ne sais pas si l'opinion sait que le personnel armé stationné dans ce quartier, la Garde républicaine, a décrété que cette partie, zone présidentielle, où la Police nationale n'a pas le droit d'y mettre ses pieds. Ils y font ce qu'ils veulent, y dépouillent qui ils veulent et laissent la vie à qui ils veulent. Ils tuent comme bon leur semble. Cette situation-là, en elle-même, au-delà des responsabilités particulières des enquêtes suscite des interrogations. J'espère qu'il y aura des enquêtes sérieuses autour de la question. Savoir si le crime a été commandité ? Qui est derrière ? Est-ce un crime crapuleux ? En dehors de ces considérations, cette présence-là, sous cette forme-là, dans ce quartier-là ne se justifie pas et qu'il faut que cela s'arrête. Depuis longtemps, on n'a cessé, du haut de la tribune du Sénat, de l'Assemblée nationale, de décrier cette situation. Rappelez-vous cette affaire d'Onosumba. Tout le monde est monté au créneau, que ce soit dans la presse, ou au niveau de deux Chambres du Parlement pour réclamer des mesures de protection. Ces mesures n'ont jamais été prises.
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Prenant en considération le fait que le MLC, la première force de l'opposition, semble être une sorte de cible du point de vue sécuritaire dans ce pays. Tenant compte du fait que quoique l'on fasse à l'Assemblée nationale, quoique l'on fasse au Sénat, on nous écoute. Commission d'enquête, on enterre les conclusions. Personne ne met en oeuvre quoique ce soit. Nous avons dit, cette fois-ci, on arrête. Stop.
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