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Congo-Kinshasa: Cinq questions à Omar Ben Mahmoud
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Le Potentiel (Kinshasa)
INTERVIEW
9 Juillet 2008
Publié sur le web le 9 Juillet 2008
Kinshasa
1. Lorsque le Fonds de solidarité nationale (FSN) a été créé, il avait pour mission de résorber les « zones d'ombre », celles qui ne disposaient pas des commodités de base. Qu'en est-il quinze ans après?
On peut dire que nous n'avons pratiquement plus de zones d'ombre. En tout cas pas telles qu'elles étaient il y a quinze ans. À l'époque, pour y accéder, il fallait parfois y aller à dos de mulet tant elles étaient isolées. Aujourd'hui, franchement, le paysage est totalement transformé, car de l'extrême Nord à l'extrême Sud, d'Est en Ouest, on ne voit plus une telle pauvreté. Les enfants mal habillés, pieds nus et avec le nez qui coule sont aujourd'hui propres, bien vêtus et ont leur chance dans la vie: aller à l'école comme les autres enfants
2. Dans combien de zones le Fonds est-il intervenu et que reste-t-il à faire?
On comptait 1.150 zones d'ombre au démarrage du FSN et nous sommes finalement intervenus dans 1.817 zones, donc plus que prévu. C'est que, au départ, l'un des critères conditionnant notre intervention était que la zone d'ombre devait regrouper au moins 26 familles. Maintenant, on est plus regardant et les besoins sont plus qualitatifs que quantitatifs. Dans les écoles, par exemple, on intervient pour créer des cantines, une salle d'informatique. Concernant l'accès à l'eau potable, il est actuellement de 92 %, et nous rapprochons un peu plus les points d'eau des 8 % restants. En matière de logement, de routes et pistes, d'électrification, d'eau potable, de sources de revenus (jusqu'en 2000), d'écoles, de centres de santé, nos interventions ont profité à plus de 250000 familles, soit près de 1,3 million de Tunisiens, représentant environ 12,5 % de la population du pays. Nous avons par exemple remplacé l'ensemble des logements rudimentaires recensés en 2000 dans le pays. Le taux d'électrification rurale a été porté à 98,7 %, taux devenu pratiquement incompressible. Nous avons construit 4538 km de routes et pistes. Dans les zones d'ombre, les gens vivaient en marge de la civilisation. Avec la solidarité, ils ont fait un bond de plusieurs siècles.
3. Quelles sont les priorités aujourd'hui?
Pour la période 2007-2009, nous mettons l'accent sur la promotion des quartiers populaires autour de la capitale et des autres grandes villes. Bien entendu, nous agissons en complément des programmes qu'entreprennent les autres ministères en évitant le double emploi.
4. Qu'avez-vous fait en matière de création de sources de revenus?
Nous en avons créé 61.499 jusqu'en 2000, année où la Banque tunisienne de solidarité (BTS) (voir p. 72), au capital de laquelle nous avons participé, a pris notre relève en ce domaine. Notre système de solidarité, outre le FSN et la BTS, comprend un autre mécanisme qui est le Fonds national de l'emploi, dit Fonds 21-21.
5. Combien avez-vous dépensé depuis quinze ans, d'où proviennent vos ressources et comment sont-elles gérées?
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Nous avons investi 857 millions de dinars pour nos interventions dans les 1817 zones d'ombre. Nos ressources sont utilisées dans la transparence la plus totale et leur gestion obéit aux règles de la comptabilité publique et aux procédures de contrôle relatives à la gestion des deniers publics. Les fonds sont débloqués projet par projet auprès des conseils régionaux qui gèrent ces budgets. La passation des marchés par ces conseils est soumise à un contrôle a priori et a posteriori. Le FSN assure le suivi et la mise en oeuvre des projets. En ce qui concerne nos ressources, de 1993 à 2007, elles provenaient à 50 % d'une subvention budgétaire et à 50 % des contributions des citoyens, collectées lors de la journée de solidarité nationale, chaque 8 décembre, en plus des concours de la coopération internationale (Luxembourg et Belgique). Désormais, toutes nos ressources proviennent des contributions volontaires des entreprises et des particuliers, et ce budget pour 2008 est de 37 millions de dinars. D'une manière générale, les deux tiers de notre budget sont investis dans les régions de l'Ouest et de l'intérieur du pays, et le tiers restant dans les régions littorales, à l'Est. Le FSN fonctionne avec un effectif de 11 personnes qui s'appuient sur les administrations régionales et locales, et aucune dépense-pas même les cafés-n'est prélevée sur les ressources collectées ou qui lui sont affectées.
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