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Ile Maurice: L'aquaculture provoque de vifs débats


L'Express (Port Louis)
 

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L'Express (Port Louis)

9 Juillet 2008
Publié sur le web le 9 Juillet 2008

Michel Chui Chun Lam
Port Louis

Pour répondre à la demande en poissons, le gouvernement veut développer l'aquaculture. Lors des débats, l'opposition a déploré le manque de consultation sur le sujet.

Hier, au Parlement, les intervenants sur le Finance Bill se sont surtout concentrés sur l'amendement au Fisheries and Marine Resources Act de 2007, qui a provoqué parfois des répliques acerbes. L'opposition a déploré le manque de temps consacré aux débats sur le sujet. Elle a également exprimé ses appréhensions quant aux risques pour l'environnement.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, est revenu sur le bien-fondé de cet amendement. «Nous savons tous que nous ne pourrons répondre à la demande en poissons et en fruits de mer grâce à la pêche.» D'où le besoin, selon lui, d'un tel amendement à la loi.

«La transparence et la responsabilité sont assurées.Chaque opérateur doit être une compagnie qui doit soumettre une application au Board of Investment (BOI), accompagnée d'une évaluation sur l'impact social que son projet aura sur la localité.» Impact notamment sur l'emploi et les opportunités de faire des affaires pour la communauté locale et les petits entrepreneurs.

Chaque compagnie voulant se lancer dans l'aquaculture devra aussi obtenir un EIA licence. Ce n'est que si elle remplit tous ces critères que le BOI la recommandera au ministère de l'Agro-Industrie et de la Pêche. La compagnie pourra alors chercher auprès du Premier ministre une concession, pour une période de 20 ans, renouvelable pour des périodes successives de 10 ans.

«Risques pour l'environnement»

Le leader de l'opposition, Paul Bérenger, lui a ensuite donné la réplique. «Nous ne sommes pas contre l'idée des fermes marines.» C'est la manière dont l'amendement a été présenté qui suscite «obligatoirement des réactions». Il a réitéré son appel au gouvernement pour qu'il vienne de l'avant avec un projet de loi séparé à cet effet. Il a déploré le fait qu'une seule semaine ait été allouée aux débats sur le Finance Bill qui contient quelque 37 amendements. «Les pêcheurs ne savent même pas ce que nous allons voter.»

Paul Bérenger s'est dit inquiet. «L'aquaculture comporte de nombreux risques surtout pour l'environnement.» Il affirme avoir visité la ferme de Mahébourg à plusieurs reprises. «Plus je suis impressionné, plus je suis inquiet.» La ferme de Mahébourg n'était qu'un projet pilote, a-t-il fait ressortir. Aucun incident n'a eu lieu grâce aux précautions prises et à la compétence des gens qui y travaillent. «Quelle garantie que ce se sera la même chose si d'autres personnes, des petits copains se mettent dans ce secteur ?»

Risques de pollution

Il considère que l'amendement signifie moins de transparence et de précautions dans ce secteur. «Au moins l'Aquatic Business Activities Bill faisait provision pour que les projets soient examinés par des experts, ce qui n'est plus le cas.» Le BOI n'est pas, dit-il, habilité pour de tels examens S'agissant de la transparence, il a souligné qu'aucun projet ne sera porté à la «connaissance du public». Ainsi, personne ne pourra formuler d'objections.

Pour le ministre de l'Agro-Industrie et de la Pêche, «c'est du déjà vu et du déjà entendu». «Les arguments de l'opposition relèvent de la malhonnêteté. Ils ne veulent que ralentir le progrès.» Il réfute l'argument selon lequel l'amendement a été amené sans consultations avec les partenaires. «Nous faisons ce qu'ils n'ont pas pu faire, protéger l'intérêt des partenaires.» Le ministre poursuit dans un brouhaha, avant que le Deputy Speaker n'intervienne. «La BOI peut faire appel à quelqu'un pour faire des études de faisabilité», fait ressortir le ministre Boolell. Il met l'accent sur le pouvoir du PM de «révoquer» une concession. Ce qui est un gage de sécurité ainsi que les «safeguards» dont la loi fait provision.

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Joe Lesjongard souligne le fait que les sections qui permettaient au public d'objecter aux projets ont été enlevées. Le député s'appesantit ensuite sur l'aspect environnemental de l'amendement. «Les risques de pollution sont très grands, surtout que nous allons nourrir des espèces carnivores.» Il déplore que le gouvernement n'ait pas consulté les pêcheurs. «Nous ne sommes pas contre les fermes marines », devait-il ajouter. Mais il invite le gouvernement «à écouter les pêcheurs à qui le ministre a tourné le dos». Les débats ont continué jusqu'à fort tard dans la nuit.



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