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Ile Maurice: Fortunes diverses pour le seafood
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L'Express (Port Louis)
9 Juillet 2008
Publié sur le web le 9 Juillet 2008
Alain Barbé
Port Louis
Les entreprises de traitement de poisson pour l'exportation ne sont pas tous confiants dans l'avenir. Si certains voient leurs efforts vers l'UE couronnés de succès, d'autres sont handicapés par des problèmes de logistique.
Thon des Mascareignes s'attend à une meilleure performance cette année car ses problèmes d'approvisionnement ont été réglés.
Si des entreprises engagées dans le traitement du poisson pour l'exportation vers des pays de l'Union européenne (UE), les États-Unis et l'Asie connaîtront une meilleure performance cette année, ce n'est pas le cas pour tout le monde. Certaines plus chanceuses, comme la Ferme Marine de Mahébourg (FMM), Mer des Mascareignes (MDM), et Indico Canning Co. Ltd (ICL), commencent la semaine prochaine leurs premières exportations sur l'Europe.
Après trois ans d'attente, la décision des autorités vétérinaires de Bruxelles est tombée il y a quelques jours. «Depuis la fin de juin nous sommes sur la liste des nouvelles compagnies qui peuvent exporter sur l'Europe. Nous comptons exporter 200 tonnes en 2008, et avec les facilités que nous avons à l'usine, nous espérons exporter 3 000 tonnes d'ici la fin de 2009. Si besoin est, nous ferons de nouveaux investissements», explique James Ngan, président du FMM. Jusqu'ici ses produits étaient écoulés à 90 % dans le circuit hôtelier mauricien, mais une partie était exportée. Sa production annuelle est de 600 tonnes. La FMM emploie 65 personnes et ses investissements à ce jour s'élèveraient à Rs 500 millions.
ICL et MDM sont deux sociétés dans lesquelles le groupe Ireland Blyth Ltd (IBL) est en partenariat avec des Espagnols et des Réunionnais respectivement. ICL fabrique des produits à forte valeur ajoutée, notamment des produits qui sont mis en bocaux en verre pour l'exportation. MDM exporte d'autres types de produits.
Thon des Mascareignes, filiale d'IBL, avait eu des difficultés l'année dernière pour s'approvisionner en matières premières concernant sa production de longes (filets) de thon. Par contre cette année, l'approvisionnement se passe bien. Cela devrait avoir un impact favorable sur sa performance financière.
Malheureusement, Princes Tuna (Mauritius) Ltd (PTM), autre grosse entreprise du secteur, ne connaît pas ce bonheur. En raison de ses difficultés d'approvisionnement en matières premières, PTM a dû réduire sa production de 20 % à 30 % au début de l'année. Sa situation n'a cessé de se détériorer au cours du premier trimestre. La pêche aux espèces de thon utilisées par cette conserverie a été mauvaise. PTM a dû acheter du thon qui n'est pas pêché par des bateaux des États de l'UE ou de l'Afrique orientale et australe (AFOA), dont fait partie Maurice. Le résultat est que l'entrée de ses produits dans l'UE a été frappée de 24 % de droits de douane.
D'autres entreprises, à l'instar de Saurimarine, ont dû fermer leurs portes suite à des difficultés financières. Saurimarine est actuellement à la recherche d'un repreneur. Elle a dû attendre depuis plusieurs mois une réponse des autorités vétérinaires de Bruxelles pour savoir si l'usine répondait aux normes sanitaires européennes. « Cela nous a coûté cher. Nous étions parmi les pionniers dans le secteur. Je suis un peu déçu que cela n'ait pas marché », dit Thierry Gromand, qui était jusqu'à récemment aux commandes de Saurimarine Ltd.
Par ailleurs, Alpha Foods Ltd, partenariat mauricien-ougandais, n'a pas encore démarré ses activités. Pour l'instant rien ne dit que cela se fera dans les prochains mois. Ses investissements devraient s'élever à plus de Rs 200 millions.
Difficultés d'approvisionnement
Du côté de la MTC Seafood, une société malaisienne, la situation n'est guère plus brillante. Les coûts d'opération - prix des produits pétroliers, de main-d'oeuvre et du ravitaillement - augmentent alors que le prix du poisson reste inchangé. « Nous avons nos propres bateaux qui nous approvisionnent, mais nous achetons aussi parfois de la matière première d'autres bateaux. Mais leur nombre a beaucoup diminué depuis le début de l'année. Nous travaillons à 40 % de nos capacités », estime Jacques Chan, senior manager de la MTC Seafood, qui exporte vers les États-Unis et l'Asie. « Nos exportations ont diminué de 25 % depuis le début de l'année. Il y a des facilités que le gouvernement devrait songer à nous accorder pour aider le secteur à survivre. Si la situation persiste, nous n'allons pas pouvoir survivre longtemps. »
Marlin Exports Ltd (MEL) éprouve également des difficultés pour trouver la matière première dont elle a besoin pour accroître sa capacité de fabrication de produits pour le marché européen. « Des permis sont accordés à des navires européens, taïwanais, japonais et autres pour pêcher dans les eaux mauriciennes. Mais ce ne sont pas tous les bateaux qui peuvent nous fournir de la matière première qui nous permettrait d'exporter nos produits sur le marché européen. Nous sommes donc limités en capacité. Il n'y a pas beaucoup de navires reconnus par l'UE qui peuvent nous approvisionner », explique Benoît Lenoir, directeur de MEL.
« Il y aussi les contraintes de distance avec l'Europe, la hausse du fret et la concurrence des pays d'Asie qui exportent sur l'Europe. Certaines usines en Europe produisent du marlin fumé. Nous nous battons pour diversifier nos marchés », ajoute Benoît Lenoir.
Les services de réparation et de carénage de bateaux, les facilités de transbordement et de stockage, l'aquaculture et l'approvisionnement des bateaux en carburant sont d'autres composantes du secteur seafood. Des secteurs où d'énormes investissements ont été consentis ces dernières années, pour, en quelque sorte, épauler le traitement de poisson.
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L'objectif annoncé par le gouvernement est de doubler le nombre d'emplois à 10 000 et la valeur des exportations à Rs 10 milliards au cours des trois prochaines années. Quelque 30 entreprises opèrent dans le secteur. Leurs investissements pour ces trois dernières années, atteignent environ Rs 3 milliards.
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