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Ile Maurice: «Maurice doit s'adapter continuellement»
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L'Express (Port Louis)
9 Juillet 2008
Publié sur le web le 9 Juillet 2008
Nico Panou
Port Louis
Quels sont, selon vous, les grands défis auxquels Maurice est confronté ?
Ce sont les crises énergétique et alimentaire qui nous imposent de nouveaux défis. Elles nous rappellent que le combat que nous livrons est permanent. Maurice doit s'adapter à un contexte où les mutations deviennent continuelles. D'où la nécessité de faire du pays, une plate-forme économique performante. Maurice s'est préparé à faire face, ces dernières années, à des pertes de préférences commerciales. Je veux parler du démantèlement de l'accord multifibre, de la baisse du prix du sucre, et de la compétition exercée par des entreprises d'autres pays sur les entreprises mauriciennes.
Le pays a réussi à surmonter cette période post-préférentielle qu'on a connue. Aujourd'hui, il y a reprise de la croissance économique qui tourne autour de 5,7 %, malgré certaines difficultés comme celles que l'on connaît actuellement dans le secteur du textile et du sucre. L'économie est beaucoup plus diversifiée avec l'essor de nouveaux secteurs tels que l'Integrated Resorts Scheme, les produits de la mer, les technologies de l'information et de la communication (TIC), les services médicaux, ainsi que les nouveaux pôles de connaissance.
Mais, avec la flambée du cours du pétrole, certaines entreprises risquent de se retrouver en difficulté
Avec la hausse du cours de l'énergie, c'est sûr, Maurice va souffrir. Cela aura un impact certain sur les coûts de production des entreprises. Notre facture d'importation énergétique va augmenter. Tout cela risque d'affecter notre croissance.
Et le marché de l'emploi ?
On observe heureusement une baisse du taux de chômage. Certains secteurs ont connu une forte croissance. Ce sont : la construction, les TIC, les produits de la mer. En revanche, d'autres secteurs devront malheureusement continuer sur la voie de la restructuration, comme le textile, la canne à sucre, avec des risques de pertes d'emplois. Maurice doit se doter d'un nouveau cadre légal de travail.
Comment peut-on faire face à toutes ces contraintes ?
Il nous faut d'abord avoir des infrastructures d'un niveau élevé, notamment les routes, l'aéroport et le port. Il nous faut aussi acquérir un savoir-faire compétitif et un cadre régulateur transparent et pro-business . Les entreprises doivent, de façon permanente, se remettre en question afin d'acquérir une performance à toute épreuve. En outre, le partenariat entre secteurs public et privé doit être dans un mode interactif. En effet, les défis à l'échelle mondiale sont beaucoup plus complexes que ceux que nous avions par le passé, où nous nous battions ensemble seulement pour préserver les préférences.
Le budget propose-t-il des solutions concrètes ?
Oui. Le partenariat public-privé est, par exemple, envisagé pour résorber la crise énergétique. Ce budget prévoit en effet les moyens permettant au pays de produire lui-même, 40 % de ses besoins énergétiques, à partir des sources d'énergies renouvelables. La production de bagasse peut être doublée, passant de 18 % à 36 % au moins. Les sources d'énergie éolienne sont également explorées. De même, concernant la crise alimentaire, on s'est fixé des objectifs assez précis de production de pommes de terre, d'oignons, de lait, de viande grâce à un partenariat interactif public-privé.
Le budget répond-il également aux problèmes d'infrastructures que vous aviez soulevés quelques jours avant le vote ?
L'infrastructure est un élément clé pour la compétitivité de Maurice dans un modèle post-préférence. Le budget a pris en compte cet enjeu. Certaines des propositions du Package Richmond vont être mises en application et aider énormément à résoudre les problèmes d'embouteillages sur nos réseaux routiers. À l'aéroport, ainsi qu'au port, l'intervention d'un partenaire stratégique et des investissements adéquats vont permettre d'améliorer la performance de chacun de ces secteurs.
Et le combat contre la pauvreté ? Est-il correctement budgété ?
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Combattre la pauvreté absolue n'est pas si simple. Cela prendra du temps. Il est nécessaire qu'on adopte une approche intégrée pour y parvenir. Je ne pense pas qu'on puisse avancer des chiffres, dire quel pourcentage de pauvreté absolue on peut éliminer en telle ou telle période. Mais on peut mettre certains indicateurs sur des problèmes spécifiques. Par exemple, concernant les enfants en âge d'aller dans des écoles préprimaires et qui vivent dans des poches de pauvreté. Il nous faut aller plus vite. On ne peut pas attendre.
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