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Zimbabwe: Sommet du G8/ La Fédération de Russie prône la solution africaine de la crise du Zimbabwe
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Gabonews (Libreville)
9 Juillet 2008
Publié sur le web le 9 Juillet 2008
André-Yves Mbongo'o
Libreville
Après la capitulation retentissante des Etats-Unis d'Amérique du nord sur son durcissement tous azimuts de ton à propos de la crise zimbabwéenne et précisément sur Robert Mugabe et son régime, un mouvement de condamnation sans réserves qui a été suivi en file indienne par un certain nombre de puissances mondiales, voici venu le tour de la Fédération de Russie qui, prenant part au Sommet des pays les plus riches du monde (G8) réuni cette semaine à Tokyo au Japon, a soutenu énergiquement la solution de sortie de crise au Zimbabwe indiquée par le concert des chefs d'Etats d'Afrique à l'issue de la 11è Conférence ordinaire de l'Union Africaine tenue à Sharm El- Cheikh.
Avec le fameux « il n'est pas trop tard pour repartir sur des négociations » émis par un haut commis du gouvernement américain, au lendemain des assises de l'Union Africaine en Egypte, le déclic d'une révision des opinions, de la part des principaux condamnateurs, a été donné ; tant la logique voudrait quand même que l'évaluation de la situation au Zimbabwe et les efforts consentis par la structure pluridimensionnelle qui coiffe tous les Etats d'Afrique en matière de Paix, de Sécurité et de politique générale de développement soient vaincs, avant que de recourir à la Communauté Internationale qui n'est pas toujours obligée de proposer des solutions militaires, uniquement. Actualité oblige, cela est d'ores et déjà su, le principal opposant du régime Mugabe de l'heure, Morgan Tsvangirai a exprimé, de prime abord, sa désapprobation sur un possible partage du pouvoir avec M. Robert Mugabe qui à son tour exige d'être légitimé à la fonction de président de la République du Zimbabwe avant toutes démarches allant dans ce sens, au lendemain de la déclaration officielle du consensus adopté par les chefs d'Etats de l'UA.
Cependant, sachant bien que la voie de la négociation n'a sa raison d'être qu'en climat de controverse, il semble, pour ce faire, imprudent de s'accrocher aux prémices d'un vaste processus de rapprochement des parties, initié par les leaders africains et qui attend d'être soutenu par tous, en vue de préserver la paix en premier lieu, mieux, éviter d'éventuels conflits armés qui ne feraient qu'alourdir le bilan des foyers macabres du continent. Eteindre un foyer de tension à la tête d'un Etat aussi densément riche en diversités linguistiques, culturelles, raciales et économiques comme le Zimbabwe est tout sauf aisé, loin s'en faut d'ailleurs, les exemples du génocide Rwandais et tout récemment l'Irak devant servir à chaque fois de prise de conscience avant que l'on envisage toutes solutions violentes sur l'ancienne Rhodésie du Nord, qui plus est, a été arrachée des griffes du régime de l'Apartheid dont s'en souviennent encore les populations de ce pays. En effet un regard profond de la situation illustre, qu'avec une superficie de 390 759 km' et 14,3 millions d'habitants, le Zimbabwe, Etat de l'Afrique centrale limité à l'ouest par le Botswana, au nord par la Zambie , au nord-Est et à l'Est par le Mozambique, au sud par l'Afrique du Sud, qui dispose de deux grands groupes bantous qui le peuplent : les Shonas, représentant 77 % de la population zimbabwéenne, et les Ndebele, regroupant 18 % de la population, la population blanche étant passée de 275 000 en 1975 à 90 000 personnes en 1994, y compris des minorités de Métis et d'Indiens, il reste de ce point de vue un pays hautement sensible dans la sous-région et en Afrique.
C'est assurément fort de ces observations non moins négligeables et compte tenu des différents enjeux sur cette crise, que les leaders du continent ont opté pour la solution diplomatique et non politique, au sens où l'entendait le président de la Commission de l'Union Africaine, Jean Ping, sur une chaîne de télévision française, pour ramener la paix et la sécurité en terre zimbabwéenne. Que les Etats-Unis d'Amérique du nord et la Fédération de Russie se soient résolument arrimés aux démarches émises et entreprises par l'Organisation panafricaine, constitue un signal fort qui, s'il est suivi et soutenu par d'autres nations, donne encore de fortes chances pour que la vie politique et économique du Zimbabwe reprenne son cours normal sans effusions de sang, avec une réhabilitation progressive du processus démocratique.
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