Séni Dabo
11 Juillet 2008
opinion
Le Liberia est subitement devenu invivable, comme au temps de la guerre civile, pour des planteurs burkinabè.
Leur tort ? N'avoir pas de papiers d'identité et surtout être, comme le leur reproche un préfet de la localité, des anciens combattants. Le tapage fait autour de cette affaire a fini par parvenir à la présidente du pays, Ellen Johnson Sirleaf. Mais au lieu de calmer le jeu, la présidente a, en quelque sorte, envenimé la situation. Le mot "expulsion" a même été lâché, sans chercher à savoir si les accusés sont effectivement des anciens combattants et de quel bord ils sont et s'ils veulent reprendre les armes après avoir été démobilisés.
C'est surprenant de la part de la première responsable d'un pays qui s'était vidé de ses habitants, fuyant la guerre civile qui y faisait ravage. Et dire que ce sont surtout les pays voisins qui ont offert (et continuent même de le faire) le gîte et le couvert aux milliers de réfugiés libériens ! Peut-être que la présidente a tenu ce discours pour contenter une certaine opinion gagnée par la xénophobie.
Toujours est-il que l'on a du mal à reconnaître et la présidente et son pays. Cette incompréhension est plus grande vu les bonnes relations qui existent jusque-là entre le Burkina, pays d'origine des mis en cause, et la patrie de George Weah. La "libéralisation" de l'espace communautaire n'autorise plus l'entrave à la liberté de s'installer et de travailler dans un pays membre de la CEDEAO. Le Liberia, en tant que pays membre de l'organisation, doit pouvoir accueillir un quelconque ressortissant de l'espace communautaire. Les notions de libre circulation de biens et de personnes, de liberté d'établissement doivent avoir un sens pour tout le monde. Espérons que la raison prendra le dessus dans cette affaire visiblement montée de toutes pièces et qui cache mal une affaire de règlement de comptes.
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