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Mauritanie: Un parti mauritanien favorable au retour de Nouakchott dans la CEDEAO


 

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Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

13 Juillet 2008
Publié sur le web le 14 Juillet 2008

Dakar

Le Rassemblement national pour la réforme et le développement (RNRD-Tawassoul), un parti proche de la mouvance présidentielle en Mauritanie, est favorable à un retour de son pays "le plus vite possible au sein de la CEDEAO", a indiqué le député Saleh Sidi Mahmoud.

"Nous sommes pour le retour de la Mauritanie au sein de la CEDEAO le plus vite possible", a dit M. Mahmoud, député à l'assemblée nationale mauritanienne, lors d'un point de presse, donné samedi à Dakar. La Mauritanie a quitté la CEDEAO "début 2001", selon le site la mission d'observation électorale de 2007.

De passage à Dakar, pour une prise de contact avec ses militants basés au Sénégal, la délégation de Tawassoul qui organise son congrès le 24 juillet prochain, a voulu "profiter de l'expérience sénégalaise ancrée dans la démocratie", mais aussi Å"uvrer au "rapprochement des communautés africaines", a indiqué le chef de la délégation.

Pour ce qui est du retour de son pays au sein de l'UEMOA, M. Mahmoud estime qu'il n'a rien à voir avec l'appartenance à la CEDEAO, d'autant plus que en étant dans cet espace la Mauritanie a sa propre monnaie, l'ouguiya, depuis 1973.

A ce propos, "il y a beaucoup d'avis divergents", a-il indiqué, relevant que parmi ces derniers, il y en a qui pensent que la Mauritanie n'est pas suffisamment développée pour avoir sa propre monnaie. Dès lors, a-t-il noté, "c'est une question qui doit être traitée avec prudence".

Etant donné qu'elle est "plus économique que politique", ce sont les économistes qui peuvent déterminer l'option la plus appropriée à prendre, même si, a-t-il dit, la question est purement politique, "si l'on enlève l'aspect économique".

Le député Tawassoul qui a plaidé pour une "complémentarité" entre les pays africains producteurs de pétrole et les autres, a estimé qu' "il n'est pas tolérable" que des Etats engrangent des recettes qui "excèdent leurs besoins, leurs prévisions budgétaires, alors que d'autres sont confrontés à des problèmes de denrées de première nécessité, de chômage".

"Il est temps qu'il y ait de l'humanisme, que les gens s'entraident", a-t-il poursuivi, non sans relever qu'il n'est pas pour l"'argent gratuit" qui présente un danger, mais plutôt pour que les investissements soient encouragés entre ceux qui ont des capitaux et ceux qui ont des potentiels. Ainsi, "chacun va profiter de l'autre", a-t-il indiqué, précisant qu'il est temps d'y réfléchir.

Le RNRD-Tawassoul d'obédience islamique "modérée", de Mohamed Jemil Ould Mansour se veut un parti du "juste milieu (...) qui combine l'originalité, l'ancrage dans la culture du pays et le modernisme", a indiqué M. Mahmoud. Il fait partie des écoles qui "pensent que l'islam est capable de gérer un Etat moderne", dans lequel tout le monde peut cohabiter, le citoyen étant "libre de choisir".

Tout en se disant "fier" du dynamisme qui rendu possible la motion de censure votée récemment contre le gouvernement, et qui a abouti à sa dissolution, M. Mahmoud a soutenu que cette motion "n'est pas naturelle".

Les arguments avancés selon lesquels le gouvernement a été élargi sans une consultation préalable des alliés, "ne sont pas acceptables", a-t-il estimé avant de souligner que "les vraies raisons sont multiples".

"Nous continuons d'appuyer le président", a encore indiqué Saleh Sidi Mahmoud, selon qui, c'est en fonction d'une étude du nouveau gouvernement que sa formation politique va se déterminer comme opposant ou partisane de la mouvance présidentielle.

Avec cinq députés à l'assemblée nationale et "trois ou quatre sénateurs", Tawassoul a remporté quatre communes départementales sur les neuf que compte la capitale Nouackchott et dix sur l'ensemble du territoire, a-t-il indiqué.

Après une longue lutte pour la reconnaissance, lors du règne d'Ould Taya durant lequel ses membres ont été "torturés", Tawassoul qui se définit comme un parti de "réformateurs centristes" a participé aux législatives à travers des listes indépendantes.

Il a acquis sa reconnaissance en tant que parti depuis un an.

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