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Congo-Kinshasa: La RDC entre la Banque mondiale-FMI et le financement chinois


Le Potentiel (Kinshasa)
 

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Le Potentiel (Kinshasa)

15 Juillet 2008
Publié sur le web le 15 Juillet 2008

Tshuinza Mbiye
Kinshasa

La dette publique extérieure est estimée à quelque 11 milliards de dollars dont le service normal avoisine les 400 millions annuellement. Afin de bénéficier de l'allègement de 90% de ce stock, la RDC s'est engagée dans le processus Ppte-Iadm depuis 2002.

N'ayant pas encore atteint le point d'achèvement de ce mécanisme, la RDC traîne toujours ce lourd fardeau. De l'autre côté, les infrastructures, base de toute croissance économique et même de développement humain, sont plus que délabrées. D'où la nécessité de leur reconstruction. Et celle-ci nécessite des investissements lourds en termes des ressources financières que la RDC ne peut dégager ni de ses propres budgets, ni de ceux de ses partenaires traditionnels. C'est ainsi que la RDC s'est tournée vers un groupe d'entreprises chinoises, qui s'est engagé à mobiliser et à mettre en place le financement du projet d'infrastructures, au travers de la joint-venture minière (3,5 milliards de dollars), première étape ; 3 milliards après. C'est le remboursement de ce prêt qui risque, selon le FMI, la Banque mondiale et les créanciers traditionnels de la RDC, d'alourdir la dette et son service, même après l'accès au point d'achèvement. Ce qui replacera la RDC dans la situation de surendettement et compromettrait ses chances de croissance et de réduction de la pauvreté, concluent péremptoirement ces partenaires traditionnels. Qu'en est-il au juste ?

DETTE-INFRASTRUCTURES : DILEMME CORNELIEN ?

Pour les institutions de Bretton-Woods (Banque mondiale, FMI) et les créanciers traditionnels (clubs de Paris et de Londres), un pays comme la RDC, très endetté et très pauvre, engagé dans le processus d'allègement de sa dette et de réduction de la pauvreté, ne peut s'engager dans une politique d'endettement non concessionnel, comme semble être le cas des crédits chinois.

Ces prêts chinois, risquent, pensent ces créanciers traditionnels (dont le FMI et la Banque mondiale qui jouissent d'un statut privilégié), de rendre de nouveau la dette de la RDC, non soutenable ou non viable. Dans ce cas de figure, le pays ne sera plus à mesure de satisfaire entièrement à ses obligations extérieures actuelles et à venir, sans de nouveau recourir aux rééchelonnements ou à l'accumulation des arriérés, comme cela était le cas jusqu'en 2002.

Pareille crise de la dette risque d'entraîner de nouveau la chute brutale des investissements étrangers directs, entraver la croissance, tout en relançant la pauvreté.

La RDC a tout intérêt, selon toujours ses créanciers traditionnels, à conclure un nouvel accord avec les institutions de Bretton Woods, dans le cadre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance. Ce qui lui permettra d'atteindre le point d'achèvement en 2009 et obtenir ainsi un allègement de quelque 90% de son stock actuel de la dette, estimé à 11 milliards de dollars américains.

Mais ces mêmes institutions de Bretton-Woods et le Club de Paris reconnaissent que la RDC doit accélérer la reconstruction des infrastructures nationales qui sont dans un état de délabrement plus qu'avancé. Ils savent également que la relance d'une croissance forte, condition permissive, mais non suffisante, de la lutte contre la pauvreté, passe par les investissements dans l'exploitation minière. La RDC ne peut y arriver en comptant ni sur les ressources propres, qui couvrent à peine le quart des besoins de reconstruction de l'Etat et de son fonctionnement efficace, estimés à 4 milliards de dollars par an, ni sur celles à retirer de l'accord avec le FMI, destinées d'ailleurs au financement de la balance des paiements.

La RDC ne peut même pas compter sur les engagements que prennent les partenaires traditionnels, lors des réunions des groupes consultatifs, soumis qu'ils sont à de multiples conditionnalités. La Banque mondiale ne conseille-t-elle pas aux donneurs de se concentrer sur le dialogue sans un soutien financier important, aussi longtemps que le pays assisté ne s'engage pas dans un processus de réforme, soutenu « if commitment, money- if not, ideas ».

N'est-ce pas ce que les deux institutions de Bretton Woods viennent de proposer à la RDC : poursuivre le dialogue et ne pas conclure un nouvel accord car pour ces institutions, le financement par les entreprises chinoises du volet minier ainsi que des infrastructures renverrait les indicateurs de la soutenabilité de la dette au-delà des normes PPTE, même après l'atteinte du point d'achèvement.

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D'où, la question à laquelle il faut tacher de répondre : la RDC peut-elle obtenir un allègement substantiel de sa dette extérieure et en même temps obtenir des financements extérieurs à même de réhabiliter les infrastructures et de relancer la croissance économique par les exploitations minières ?

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