Libération (Casablanca)

Maroc: Réunion du Conseil national du crédit et de l'épargne - Les banques améliorent leur crédit confiance

Achir Karim

15 Juillet 2008


Tout semble se dérouler comme prévu par la Banque centrale. Son gouverneur, Abdellatif Jouahri, a toutes les raisons de se montrer raisonnablement confiant dans le système bancaire marocain. Dans le dernier rapport, mis en ligne, le gouverneur de Bank Al Maghrib rappellent trois faits majeurs : la nette amélioration des indicateurs fondamentaux du secteur Bancaire ; l'aboutissement du redressement des banques publiques et leur assujettissement à l'ensemble des règles monétaires et prudentielles ; et enfin, l'alignement du cadre réglementaire sur les standards internationaux, notamment les dispositions de Bâle II et l'adoption des normes comptables internationales -IFRS-.

La solidité du secteur bancaire marocain est aussi confirmée par le Fonds monétaire international et la banque Mondiale. «Les conclusions du rapport de la mission d'évaluation du secteur financier marocain, effectuée en novembre 2007 par une équipe conjointe du FMI et de la BM, confirment la solidité du secteur, qualifié de rentable, disposant d'une capitalisation appropriée au regard des risques encourus et faisant preuve d'une résilience aux chocs potentiels».

Quelques chiffres pour mesurer les performances du secteur : «Le résultat net agrégé de l'ensemble des établissements de crédit, calculé sur base sociale, s'est accru de 32,7 % pour s'établir à 10 milliards de DH. Cette réalisation est confirmée par les données consolidées des principaux groupes bancaires qui ont dégagé un résultat net de 8 milliards de DH, en hausse de près de 20%, reflétant ainsi la contribution des filiales dédiées aux services de financements spécialisés et d'assurances».

D'après le rapport de l'institut d'émission, «la rentabilité des établissements de crédit a été favorisée par la bonne maîtrise du risque de crédit, la charge de provisionnement ayant constitué 10% du résultat brut d'exploitation contre 14% en 2006. La rentabilité a également été stimulée par l'amélioration du coefficient d'exploitation qui, en dépit de l'accroissement des frais de structure à un rythme supérieur à celui de l'année précédente, s'est rétracté de 1,6 point à 45,5%».

Ces évolutions favorables ont toutes les chances de se poursuivre en 2008 et 2009, si l'on tient compte des prévisions de croissance de l'économie marocaine. D'ores et déjà, on notera que les bilans cumulés ont représenté près de 117% du PIB contre 102% en 2006. Au-delà de son poids et de son importance, on voit clairement que la solidité du secteur bancaire marocain est garante de la croissance future de l'économie du pays.

Cette année, on a relevé le réajustement à la baisse des taux obligataires primaires et le maintien du statut quo des taux directeurs. Une manière donc de contrer l'inflation, mais aussi de revaloriser les actifs immobiliers et de booster le marché boursier.

Tout n'est pas gagné d'avance, mais la fermeté de Bank Al Maghrib en matière de supervision a au moins le mérite de sensibiliser les banques commerciales au risque de crédit, à leur vulnérabilité et à la virulence des pressions inflationnistes.

Cela dit, la réunion, hier à Rabat, du Conseil national du Crédit et de l'épargne -CNCE-, sous la présidence du ministre de l'Economie et des Finances, intervient, rappelons-le, dans un contexte international un peu difficile, marqué par la crise des subprimes et ses impacts pas moins virulents sur le reste de l'économie mondiale.

Sans aucun doute, la Banque centrale poursuivra ses efforts « visant à renforcer ses dispositifs de surveillance proactive des risques bancaires, notamment les risques immobiliers et les opérations hors bilans.

De plus, Bank Al-Maghrib, rappelle-t-on, a procédé à l'actualisation de ses enquêtes sur les conditions d'octroi de crédits, en particulier celle portant sur l'évolution de l'endettement des ménages,

Ce n'est pas fini, «la vigilance demeure de mise au vu de l'accélération du rythme de croissance des crédits bancaires, notamment au niveau de certains segments du marché. Aussi et à l'initiative de Bank Al-Maghrib, la communauté bancaire s'est dotée de deux codes d'éthique ayant trait, le premier aux financements des actifs immobiliers et le second aux financements des actifs financiers. L'adoption de ces codes vise à affermir les pratiques déontologiques, en vue de garantir un financement sain et approprié des actifs et de prévenir toute surenchère dans ces deux domaines ».

Liens Pertinents

Bien entendu, «le renforcement des assises financières des établissements de crédit à travers la consolidation de leurs fonds propres » demeure un des objectifs prioritaires de la Bank Al Maghrib. «A cette fin, Bank Al-Maghrib a décidé de relever le niveau minimum du ratio de solvabilité à 10% à compter de fin décembre 2008 et cible un objectif de 12%, en cohérence avec les dispositions du 2ème Pilier de Bâle II. Ce pilier, qui porte sur la surveillance prudentielle, constitue désormais le canal privilégié pour un dialogue structuré entre la Banque centrale et les établissements bancaires sur la qualité de l'évaluation interne de l'adéquation des fonds propres à leur profil de risque». D'après les superviseurs de la Banque centrale, les banques doivent poursuivre leurs efforts pour «renforcer leur capacité de gestion des risques, tout en oeuvrant pour appliquer les normes avancées de Bâle II et assurer une communication financière appropriée au regard des exigences du pilier 3 de ce dispositif et ce, en liaison avec les normes IFRS».

Il faut savoir que le Conseil National du Crédit et de l'Epargne « CNCE», qui se substitue au Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne (CNME), a vu ses attributions révisées pour en exclure les questions ayant trait à la politique monétaire qui, aux termes de la loi n°76-03 portant statut de Bank Al-Maghrib, relèvent désormais de la compétence exclusive de la Banque centrale.

Be the first to Write a Comment!

Copyright © 2008 Libération. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.


SELECT
SELECT

Le top des actualités: Maroc

Ask Obama a Question