Notre Voie (Abidjan)

Congo-Kinshasa: Victime d'un accident vasculaire il y a quelques jours - L'état de santé de Tabu Ley n'est pas critique

Schadé Adédé

15 Juillet 2008


L'une des gloires de la musique congolaise et actuel ministre provincial en charge de la Culture et des Arts du pays, Seigneur Tabu Ley Rochereau, bien qu'encore sous le choc d'un accident vasculaire cérébral (AVC), n'est pas mourant. "Son état de santé n'inspire pas d'inquiétude outre mesure", a rassuré, samedi, le maire de Kinshasa, selon Panapress.

Toutefois, le premier magistrat de la capitale congolaise a indiqué que le musicien malade sera évacué en Belgique avant la fin de cette semaine. "Pour y suivre des soins appropriés", a-t-il précisé.

Auteur-compositeur-interpère-arrangeur, Pascal Emmanuel Sinamoyi Tabu dit Seigneur Tabu Ley est né en 1940, dans la province du Bandudu. Il jouit d'une impressionnante carrière musicale amorcée en 1956 à l'ombre du célébrissime Joseph Kabasselé et participa la même année à l'enregistrement d'un de ses albums en tant que le meilleur élève d'African Jazz. Mais cette destinée démarra véritablement en 1959.

Une cinquantaine d'albums avec plus de 3000 chansons - dont les inoxydables "Adios Tété", "Bonbon Sucré", "Café Rio", "Maze", "Sorozo" "Mokolo Nakokufa" - portent la prestigieuse signature de Rochereau (nom de scène emprunté à un colon français du temps de Napoléon Bonaparte). Ce père du soukouss (variante d'ambiance de la rumba), ce premier Congolais à démythifier la l'Olympia de Paris en 1970 (pendant 7 jours avec deux spectacles par jour) est en effet est poète mélodiste, lyrique et mélancolique. A la tête d'Afrisa international, son deuxième orchestre personnel après African Fiesta Flash monté en 1965, le guitariste donne une inflexion flamboyante à la carrière de Marie-Louise Mboyo alias Mbilia Bel, membre de son orchestre qui deviendra tan soit peu sa concubine. Mieux, de leur union naît la ravissante Mélodie avec qui le père enregistre d'ailleurs un album, en 2005.

A un moment donné, pour se mettre à l'abri du pouvoir Mobutu, Tabu Ley, cet homme sûr de ses convictions qui fut un proche du Mouvement national de Patrice Lumumba prend la décision de s'exiler en Belgique puis aux USA où il étudie le droit. Quelques années plus tard, Tabu Ley rentre au bercail, bien sûr après la chute de ce régime en 1997. Dans cette même période, il fonde le mouvement politique La Force du peuple. Les années qui suivent, il est nommé député à l'Assemblée nationale consultative et législative de la transition puis vice-gouverneur de la ville de Kinshasa chargée des questions politiques, administratives et culturelles. A 68 ans révolus en novembre prochain, Tabu Ley occupe les fonctions de ministre provincial chargé de la Culture et des Arts de la RDC.

En mai 1999, lorsque qu'il nous fit l'amitié, dans le cadre d'une interview, de nous recevoir dans le salon austère de son modeste domicile de Limete situé dans l'une des nombreuses communes de Kinshasa, il était loin de s'imaginer que la politique deviendrait sa seconde famille pourvoyeuse de biens propres meubles et immobiliers. Car de là à aujourd'hui, le disque du Seigneur n'est point rayé. Quelle grâce, quelle classe ! Relève-toi MZe !

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