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Soudan: Les accusations de génocide au Soudan divisent la communauté internationale
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Inter Press Service (Johannesburg)
15 Juillet 2008
Publié sur le web le 16 Juillet 2008
Thalif Deen
Une démarche pour inculper le président soudanais Omar Hassan Ahmad Al-Bashir de génocide et de crimes de guerre au Darfour -- une première contre un chef d'Etat en exercice --menace de diviser la communauté internationale.
Les puissances occidentales, conduites par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, veulent qu'il soit poursuivi, mais la Chine et la Russie, qui entretiennent de fortes relations politiques, économiques et militaires avec le Soudan, sont opposées à une probable inculpation.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye, Luis Moreno-Ocampo, a présenté lundi les preuves montrant que Al-Bashir a commis des crimes de génocide au Darfour. Ces preuves sont venues trois ans après que le Conseil de sécurité lui a demandé d'enquêter sur les accusations.
Les 18 juges de la CPI, représentant les diverses régions géographiques, devront examiner ces preuves et décider si, oui ou non, il faut émettre un mandat pour l'arrestation de Al-Bashir.
Cette procédure pourrait prendre plusieurs mois -- et se jouera, avec comme arrière plan, un climat de controverse politique houleuse au sujet de l'opportunité de l'inculpation et des mérites d'une possible arrestation d'un chef d'Etat africain en exercice.
En vertu de l'article 16 du Statut de Rome qui a créé la CPI, le Conseil de sécurité composé de 15 membres a le pouvoir de suspendre toute inculpation de Al-Bashir -- conformément à "l'ajournement des investigations et des poursuites".
Un diplomate du Tiers-monde a déclaré à IPS que la Russie de même que la Chine, qui ont conjointement mis un veto à une résolution initiée par l'Occident pour imposer des sanctions sur le Zimbabwe la semaine dernière, ont apparemment indiqué qu'ils voulaient s'abstenir de voter, pourvu que les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne donnent une "franche assurance" que le Conseil de sécurité retirerait l'inculpation de Al-Bashir.
Mais les trois Etats occidentaux détenant le droit de veto ne voulaient pas apparemment donner cette assurance, d'abord pendant les discussions dans les diverses capitales, précipitant ainsi les vetos.
Si la CPI décide d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais, il y a des craintes d'une réaction politique et militaire contre le processus de paix en cours, ce qui peut également mettre en danger les 9.000 soldats de maintien de la paix dans l'Opération hybride Union africaine-ONU au Darfour (UNAMID) dans cette province en proie à des troubles.
Bill Pace, directeur exécutif de l'Institut pour une politique mondiale, et qui surveille étroitement la CPI depuis sa création, a déclaré : "Au fond, c'est incorrect d'accuser la CPI de compromettre la paix ou l'UNAMID".
Il a indiqué que les forces de maintien de la paix, les sanctions et la justice internationale ne sont que quelques outils pour la paix que le Conseil de sécurité a invoqués, conformément à son autorité extraordinaire prévue au chapitre sept de la Charte de l'ONU, depuis 2005 pour aborder la menace à la paix internationale et à la sécurité que posent les actions belliqueuses du gouvernement soudanais et des groupes rebelles.
"Le gouvernement soudanais et les groupes rebelles n'ont coopéré avec le déploiement d'aucun de ces outils par le Conseil de sécurité", a affirmé Pace à IPS.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui s'est fortement impliqué pour ramener la paix au Soudan, s'est distancié avec diplomatie des décisions de la CPI et de son procureur.
"Le secrétaire général souligne que la Cour est une institution indépendante et que les Nations Unies doivent respecter l'indépendance de la procédure judiciaire", a déclaré lundi le porte-parole de Ban.
'International Crisis Group' (ICG), un groupe de réflexion basé à Bruxelles, indique que cette démarche "crée à la fois de grandes opportunités et de grands risques pour la paix au Soudan".
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"Le problème pour les décideurs internationaux est que la stratégie légale du procureur constitue également des risques majeurs pour la paix fragile et l'environnement sécuritaire au Soudan, avec une chance réelle de beaucoup accroître la souffrance d'un très grand nombre de sa population", a souligné le groupe.
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