La Presse (Tunis)

Afrique du Nord: Festival international de Testour

Raouf Seddik

16 Juillet 2008


En accueillant, pour l'ouverture de sa 42e session, la troupe de la Rachidia, le Festival international de Testour, qui est spécialisé dans le malouf et la musique arabe traditionnelle, a tenu à marquer son retour en force sur la scène festivalière.

En effet, les sessions précédentes avaient laissé apparaître un certain essoufflement. Et la venue du ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine pour cette occasion, samedi dernier 12 juillet, était assurément un signe clair à l'appui d'un festival qui se donne plus que jamais l'ambition de préserver la tradition musicale du malouf et, plus généralement, de la musique d'origine andalouse.

Le départ, il faut le dire, ne fut pas sans suspense : dans la salle en plein air, le ciel se fendait d'éclairs, le vent se levait et malmenait les partitions des musiciens et des gouttes de pluie tombaient à l'entame de la soirée. Les inévitables problèmes de dernière minute au niveau de la sono étaient également au rendez-vous.

Mais voilà, la Rachidia, emmenée par son talentueux chef, Zied Gharsa, devait rapidement faire oublier tout cela. Même le public, moyennement discipliné, devait se laisser dompter progressivement par les sonorités rythmées et envoûtantes du malouf et par le souffle poétique des paroles.

Venu en familles ou entre amis, le public de Testour, loin des musiques aguicheuses et «surbranchées», a donné la preuve que les ressources de la musique tunisienne traditionnelle sont intactes pour susciter de l'émotion et faire vibrer, même dans des assistances plutôt juvéniles.

Prestation remarquée : celle de la choriste, Maherzia Touil, qui a donné un aperçu de l'étendue de ses talents de chanteuse, en présentant en solo des morceaux de choix du répertoire tunisien, tout en nuance et en précision : Yalli dhalim'ni, Ki bghît et'tir ya h'mama Elle avait été précédée par Olfa Dhaoui, également remarquable.

Après cette soirée d'ouverture, le festival devait enchaîner, le lendemain, avec une représentation de la Troupe du malouf, des mouwach'chahat et de la musique libyenne, puis, à partir de lundi, avec le début de la compétition où les troupes Al Ons (Sousse) et le Club des étoiles de la musique (La Marsa) tenteront de convaincre le jury et le public. D'autres groupes prendront part à cette joute : ils représentent Bizerte, ainsi que la ville hôte, Testour.

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S'agissant de la participation internationale, et à côté des Libyens, sont attendues, le 24 juillet, la Troupe Mohamed Rachid Sefni pour le malouf et le tarab andalous (Algérie) et, le 17 juillet, la Compania flamenca de Vicente Fernandez (Ubeda, Espagne) qui, à travers le flamenco, complète le tableau de la musique d'origine ou d'inspiration arabo-andalouse.

La clôture du festival, le 26 juillet, verra la venue de la Troupe de la Ville de Tunis, dirigée par Naoufel Ben Aïssa, et la distribution des prix aux lauréats de la compétition.

Il resterait sans doute à la ville andalouse qu'est Testour, et dans le sillage de ce retour de son festival au-devant de la scène, de confirmer sa stratégie culturelle et touristique à travers d'autres initiatives, valorisant et faisant connaître son passé singulier A suivre.

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