Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Un partenariat pour l'école !

Sakaz

16 Juillet 2008


billet

Un mariage d'intérêt entre le secteur éducatif en général et l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel (E.P.S.P) en particulier et la Fédération des entreprises du Congo (F.E.C.) a été scellé lundi dernier dans la soirée autour d'un dîner d'affaires, à l'Hôtel Memling, sous le haut patronage de l'épouse du Chef de l'Etat, Mme Olive Lembe Kabila. Objectif : préparer la rentrée scolaire 2008-2009 qui se profile déjà à l'horizon.

Profitant de la cérémonie, la première dame de la Rd Congo - dont le message a été lu par son directeur de cabinet qui la représentait - a exhorté les opérateurs économiques, réunis au sein de la Fec, à investir massivement dans le secteur éducatif pour l'intérêt supérieur de la nation. Selon Olive Lembe, l'éducation est un secteur prioritaire aussi bien pour les cinq chantiers lancés par le Chef de l'Etat que pour son Ong « Initiatives Plus Olive Lembe Kabange ». Celle-ci entend notamment se placer aux côtés des institutions pour la réalisation de la vision que le Président de la République a pour ce pays et son peuple.

Olive Lembe a compris que l'éducation est incontournable pour relever le niveau de vie des Congolais. Elle a noté la rareté des investissements dans ce secteur et la pauvreté galopante à travers le pays. La seule solution, pour elle, est de se mettre ensemble, pouvoirs publics et secteur privé, et de traduire les discours en actes concrets pour donner espoir à la refondation de notre système éducatif. A ce sujet, elle a annoncé l'arrivée prochaine des trousseaux scolaires qui seront distribués gratuitement dans les écoles par son organisation.

Dialogue entre l'éducation et la Fec

A l'ouverture de cette manifestation, Maker Mwangu Famba, ministre de l'Epsp, a brossé les objectifs visés par ce dîner d'affaires. Tout en rendant hommage à la première dame de la RDC représentée par son directeur de cabinet, il a considéré que la rencontre était l'amorce d'un dialogue qu'il lançait avec pour thème « l'éducation et la Fédération des entreprises de la Rd Congo ». Il a précisé que retenu par le Président de la République parmi les priorités du programme d'action de son mandat quinquennal, le « chantier éducation » était à la fois prioritaire, vaste et coûteux. Pour le ministre de l'Epsp, l'éducation demeure la clé et l'outil du développement.

Quelques statistiques fournies ont suffi à prouver l'impact du secteur sur l'échiquier national : à l'Epsp, le ministère gère environ 45.000 écoles, 400.000 enseignants et agents et plus de 12 millions d'élèves. Actuellement, le gouvernement travaille à la mise en oeuvre d'un programme d'action pour le système éducatif qui comporte deux volets essentiels, à savoir la restauration du niveau et de la qualité de l'enseignement mais aussi l'amélioration de la gestion des établissements scolaires et la restauration de l'accès des enfants de l'âge de scolarité à la scolarisation universelle pour assurer le droit de l'enfant à l'éducation et réaliser le Programme mondial de l'Education pour tous.

La réussite de ce programme de redressement du système éducatif implique l'existence des structures scolaires d'accueil suffisantes, équipées et de qualité ; l'acquisition et l'usage des moyens d'enseignement et outils didactiques suffisants et de qualité pour tous les élèves et enseignants ; un corps d'inspecteurs scolaires motivés, compétents et dotés des moyens requis de travail, et enfin, une administration centrale et provinciale efficace et agissante, grâce aux moyens d'action disponibles.

Tirant les leçons de son analyse, Maker Mwangu a affirmé que le succès d'un tel programme d'action nécessitait la mobilisation des ressources financières suffisantes. Une formation de qualité a un coût, a-t-il insisté. C'est ainsi qu'il a invité de manière expresse les femmes et les hommes d'affaires à assurer à l'éducation leurs contributions précieuses au titre de partenaires financiers.

Une contribution précieuse à plusieurs formes

Le ministre de l'Epsp a situé l'apport des entrepreneurs à plusieurs niveaux et sous plusieurs formes. Il s'agit premièrement d'allouer des salaires qui permettent aux parents de mieux éduquer leurs enfants, sans oublier les avantages sociaux, tels les dons en fournitures scolaires essentiellement pour la formation des enfants. En second lieu, il s'agit de l'acquisition des moyens d'enseignement, leur acheminement et leur distribution aux enseignants de toute la république. En troisième lieu, de la formation continue des enseignants, des chefs d'établissements scolaires et des inspecteurs qui demeure coûteuse et nécessite des appuis financiers. Enfin, de la réforme scolaire à entreprendre et qui a besoin de la définition des profils professionnels de référence établi par les entrepreneurs

Le ministre a proposé un cadre de collaboration et de partenariat à travers un Fonds pour l'éducation, structure privée susceptible de recevoir les contributions, de les gérer librement en recourant aux agences d'exécution privées. Il a cité le Fonds de Promotion de l'Education Nationale (FPN) déjà créé par le Chef de l'Etat le 23 mars 2006.

Assurance de la Fec

Le président de la Fec, Albert Yuma, a rassuré les responsables de l'Education en Rd Congo sur la bonne disposition de ses membres à contribuer à la mise sur pied d'un système éducatif de qualité. Il s'est dit convaincu qu'un investisseur pouvait investir des capitaux énormes ou acheter des équipements les plus modernes, mais sans une main d'oeuvre qualifiée, la production sera nulle. Il a épinglé les tares qui gangrènent notre enseignement, dont le délabrement ou l'inexistence des infrastructures scolaires, l'absence des matériels didactiques, l'inadéquation des programmes de formation, la démotivation du personnel enseignant et l'agrément d'écoles ne remplissant pas les critères. Cela a eu pour conséquence la disparition d'une main d'oeuvre qualifiée, telle que les maçons, les ajusteurs, les plombiers, les charpentiers, etc.

La Fec comme les représentants de la Banque mondiale, présents dans la salle, ont approuvé la mise en place du Fonds pour la promotion de l'éducation. Mais ils ont exigé sa gestion transparente pour que les fonds servent réellement à leurs objectifs. Un documentaire sur l'état de l'éducation au Congo a été projeté pour l'édification des participants sur les difficultés de scolarisation des enfants congolais.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2008 Le Phare. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Congo-Kinshasa

Rubriques