Paul-Miki Roamba
17 Juillet 2008
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Du soutien pour Mugabe
Personne, à Koulikoro n'a jeté la pierre sur Robert Mugabe. Bien au contraire, dans leur élan de dénonciation des politiques nord-sud, des conférenciers et participants au forum de Koulikoro ont vivement salué le courage du président zimbabwéen, à tenir tête à l'Occident. Ils ont, dans la même lancée, dénoncé les ingérances extérieures dans les affaires intérieures des Etats d'Afrique.
Comme au village
Il y avait une ambiance de familiarité entre les participants des différents pays. Les repas étaient communautaires aussi bien pour le déjeuner, le dîner que pour le petit déjeuner. Mais c'était à la manière du village profond. Pas de fourchette, pas de couteau, pas d'assiettes. On mangeait en groupes de 6 ou 7, dans un plat commun. Africains et Européens ont tous mangé à la main, à Koulikoro. Et on n'avait pas forcément besoin d'une chaise ou d'un tabouret (il n'y en avait d'ailleurs pas pour tous) pour se mettre... à table (c'est l'expression consacrée). Et on s'y est très vite habitué.
Un forum aux odeurs politiques
Comme l'indique son nom, le forum des peuples du Mali est ouvert à tous. Les organisateurs n'ont donc pu rien faire pour arrêter ces hommes politiques maliens qui se sont quelquefois emparé du micro pour faire de la propagande plutôt que de débattre autour des questions à l'ordre du jour. C'est le cas par exemple de Omar Mariko, ce député de l'opposition, qui a beaucoup pris part aux débats. Il ne s'est pas empêché de déclarer par exemple que le président ATT est l'un des plus mal élus d'Afrique.
Des étudiants donnent de la voix
L'université de Bamako est en berne, même si elle n'est pas fermée comme certaines qu'on connaît. Des étudiants, à travers une délégation conduite par Amadou Lamine Diallo, secrétaire administratif de l'AEEM (Association des élèves et étudiants maliens) ont fait le déplacement de Koulikoro pour exposer les difficultés de l'université de Bamako sur la tribune du forum des peuples. Ces difficultés ont pour noms : insuffisances des infrastructures, exiguïté des amphithéâtres, scolarité non définie dans le temps, etc.
Le ditanyé chez l'ambassadeur
La délégation burkinabè a quitté Koulikoro dans l'après-midi du 7 juillet, pour regagner Bamako, la capitale du pays d'ATT. Car elle tenait coûte que coûte à dire un "bonjour de courtoisie" à l'ambassadeur du Burkina au Mali. Sané Mohamed Topan qui a reçu les "altermondialistes" du Faso dans le somptueux cadre de l'ambassade a été surpris lors des échanges, par l'hymne nationale du Burkina qu'un membre de la délégation a expressément fait jouer à partir d'un ordinateur portable. Toute l'assistance s'est spontanément mise débout jusqu'à la fin du ditanyé.
On ira en Europe pian!
L'une des innovations du 7e forum des peuples du Mali a été la tenue de l'espace jeunes et de l'espace femmes. L'espace jeunes qui a été co-animé par Mohamed Bathili, un jeune "rastaman" et Yoro Bi Ta Raymond, journaliste ivoirien, a porté sur les migrations. Après avoir longuement épilogué sur les "pillages" dont ont été victimes les Etats d'Afrique de la part de l'Europe, les deux conférenciers sont arrivés à la conclusion que les jeunes Africains ont bel et bien le droit d'aller chercher fortune en Europe, puisque les Européens, selon eux, ont été les premiers à soustraire les richesses de l'Afrique et continuent d'ailleurs de le faire. A la fin de cet exposé sur le droit d'exile, ils ont encouragé les jeunes d'Afrique à tenter l'aventure en Europe, contre vents et marrées.
La bière en clando
Au Mali, on n'a pas l'habitude de siroter la bière en plein air comme cela se fait... ailleurs. La délégation venue de Ouaga en a fait le constat dès les premiers instants de son séjour dans ce pays à forte dominance islamique. Il y avait toutefois de la bière à gogo au maquis du centre d'accueil de Katibougou où la délégation avait élu résidence. On y a quelquefois vu des Maliens venir se faire servir du "tchimitchama" (c'est comme ça qu'ils désignent toute boisson alcoolisée) qu'ils prennent soin d'ingurgiter en quelques munites avant de quitter les lieux, discrètement. Ni vus, ni connus.
"A té tchi, a té féré!"
Le gouvernement malien veut se débarrasser de la gestion de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT), qui est de fait promise à la privatisation. Mais des voix se sont levées au sein de la société civile et des organisations syndicales pour dire non. Et c'est sans surprise que cette question qui défraye la chronique au Mali s'est invitée aux débats à Koulikoro. Et cela s'est passé autour d'un slogan en langue bambara: "A té tchi, a té féré". Ce qui veut dire que la CMDT ne sera ni dissoute, ni liquidée.
50 minutes pour quitter Bamako
Jeudi 10 juillet, 4 h 00 du matin. C'est le moment qu'avait choisi la délégation burkinabè pour quitter Bamako où elle avait passé la dernière nuit du séjour, pour le périple vers Ouagadougou, distant d'environ mille kilomètres. Le minibus fait donc le plein avec 100% de passagers burkinabè et quitte le pied-à-terre du quartier Djélibougou. Après quelques kilomètres à l'intérieur de Bamako, on se rend compte que personne dans le bus ne reconnaît la porte de sortie de la ville vers Cikasso et Bobo Dioulasso. Il est 4h et Bamako dormait encore. Mais pas ce brave jeune policier qui, avec un accent sénégalais, a bien voulu indiquer la porte de sortie aux Burkinabè égarés. Une bonne cinquantaine de minutes se sont ainsi écoulées, avant que notre minibus ne retrouve enfin la fameuse route menant à Bobo Dioulasso via Bougouni, Cikasso et Orodara.
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