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Sénégal: La mauvaise contraception accroît les grossesses non désirées, selon la Banque mondiale


 

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Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)

17 Juillet 2008
Publié sur le web le 17 Juillet 2008

Dakar

Quelque 51 millions de grossesses non désirées dans les pays en développement sont enregistrées chez des femmes qui n'utilisent pas de contraceptif, en dépit d"'une augmentation considérable des moyens de contraception à l'échelle mondiale", constate la Banque mondiale dans un rapport dont l'APS a obtenu copie.

La banque souligne également, dans le même document, que "25 millions de grossesses supplémentaires se produisent parce que le contraceptif utilisé par les femmes ne fonctionne pas ou parce qu'elles ne l'utilisent pas correctement".

Le rapport porte sur "les comportements de la régulation de la fertilité et leur coût : contraception et grossesses non désirées en Afrique, en Europe de l'Est et en Asie centrale". Ainsi, 35 pays pauvres en Afrique subsaharienne et dans d'autres régions (Timor-Leste, Afghanistan, Djibouti, et Yémen) ont les taux de natalité les plus élevés au monde (plus de cinq enfants par mère).

Selon la banque, cette situation reflète également "les résultats économiques et sociaux les plus alarmants du monde avec de faibles niveaux en matière d'éducation, des taux de mortalité élevés et une pauvreté extrême".

De plus, poursuit le document, "pour de nombreuses femmes pauvres, l'avortement reste le dernier recours contraceptif". Environ 68.000 femmes meurent chaque année suite à un avortement non médicalisé, tandis que 5,3 millions souffrent d'un handicap temporaire ou permanent suite à ce type d'avortement.

Le rapport souligne également que "les grossesses qui sont espacées de moins de quinze mois (...) doublent le risque de mortalité de la mère". Les enfants nés trois ans après une naissance précédente sont en meilleure santé à la naissance et ont des chances de survie plus grandes.

Aussi, ajoute-t-il, les grossesses chez les adolescentes comportent des risques de complications obstétriques plus élevés, tels que l'arrêt de progression du travail, l'éclampsie (syndrome atteignant les femmes enceintes caractérisé par des convulsions accompagnées de coma, selon le Petit Robert) et la formation de fistules.

"Et pourtant, estiment les auteurs du rapport, les adolescentes sont beaucoup moins susceptibles de recevoir des soins prénatals ou obstétriques, les rendant deux fois plus susceptibles de mourir pendant l'accouchement que les femmes âgées de plus de vingt ans."

"C'est tout simplement une tragédie qu'autant de dirigeants dans les pays pauvres et leurs donateurs aient permis à des programmes de santé reproductive de péricliter, particulièrement à un moment où les problèmes de la population se trouvent au devant et au centre du changement climatique, de la crise alimentaire et de celle du pétrole", déclare Joy Phumaphi, Vice-présidente de la Banque mondiale pour le développement humain.

L'ancienne ministre de la Santé du Botswana soutient que "donner aux femmes l'accès aux moyens de contraception modernes et au planning familial permet également de stimuler la croissance économique tout en réduisant les taux de natalité élevés qui sont fortement liés à une pauvreté endémique, à une éducation limitée et à des taux de mortalité maternelle et infantile élevés".

Selon elle, la mise en place de meilleurs programmes de santé ne suffira pas à faire baisser les taux de natalité. Elle explique qu'une meilleure éducation des filles, des opportunités économiques égales pour les femmes au sein de la société et moins de ménages vivant sous le seuil de pauvreté, sont également les éléments importants d'une stratégie pour atteindre des baisses de taux de natalité durables.

"Les taux de natalité ont baissé plus rapidement en Asie et plus lentement en Afrique subsaharienne", selon le rapport. Avec une population en Afrique subsaharienne qui croît à un taux de 2,5 % par an, comparé à 1,2 % en Amérique latine et en Asie, la population de l'Afrique pourrait doubler dans 28 ans. Cependant, des baisses significatives ont eu lieu aussi bien dans les pays les moins développés que dans les pays développés.

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De l'autre côté, les taux de fertilité sont les plus bas en Europe, en Extrême Orient et dans les pays du Pacifique où ils avoisinent ou sont en dessous de 2,1 enfants par femme, et ils sont les plus élevés en Afrique subsaharienne avec 5,2 enfants par femme. Pour l'Asie centrale, l'Amérique latine et les Caraïbes, les taux sont de 2,5 à 2,6, et au Moyen Orient, en Afrique du nord et en Asie du sud, ils sont de 3,3 à 3,4 enfants.



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