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Burkina Faso: L'histoire de Toumougnion - Contes et legendes


Le Pays (Ouagadougou)
 

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Le Pays (Ouagadougou)

18 Juillet 2008
Publié sur le web le 18 Juillet 2008

Françoise Diep et François Moïse Bamba

Il était une fois un garçon qui s'appelait Toumougnion et dont le père mourait. Comme sa mère et les autres membres de sa famille ne l'aimaient pas, ils ne lui donnaient rien à manger. Un jour qu'on décortiquait les arachides dans sa cour, les épluchures furent jetées dans la rue.

L'orphelin avait si faim qu'il fouilla dedans pour voir s'il restait quelques fruits oubliés dans les coques. Au milieu de ses recherches, il leva la tête, et vit arriver devant lui une toute petite poulette blanche qu'on avait offerte pour un sacrifice. Il lui donna quelques épluchures, puis, se disant qu'au moins avec cette poulette il aurait une famille, il décida de l'emporter avec lui.

Il l'éleva jusqu'à ce qu'elle devienne une belle poule. Un jour, il prit un panier et alla chercher des termites pour nourrir sa poule. Une fois arrivé près de la termitière, il prit un bâton pour creuser, et voilà qu'il entendit :

- Ani tié, bonjour.

Il s'arrêta de creuser. Ne voyant personne, il reprit son travail. Mais il entendit à nouveau :

- Ani tié.

Il s'arrêta encore, chercha et ne vit rien, puisqu'il s'agissait du génie qui vivait dans la termitière. Ce génie le salua puis lui demanda :

- Que fais- tu ici ?

Toumougnion expliqua alors toute son histoire, la perte de son père, et le fait que personne au village ne se souciait de lui. Il lui raconta aussi comment il avait trouvé et élevé sa poule.

Le génie dit alors :

- Nous, les génies, il nous arrive de faire du bien aux hommes, mais les hommes l'oublient et ne nous le rendent pas. Je peux faire quelque chose pour toi, mais un jour, tu l'oublieras.

- Impossible ! se récria l'orphelin. Je suis si malheureux que si tu m'aides, je ne l'oublierai jamais.

- D'accord, dit le génie. Rentre chez toi, construis un poulailler et mets-y ta poule. Va ensuite chercher une autre poule, bien blanche, et rapporte-la ici.

Toumougnion fit exactement ce que le génie lui avait dit. Il bâtit un poulailler pour sa poule. Un vendredi matin il acheta une poule blanche, puis s'en vint à la termitière, lieu de rendez-vous avec le génie. Il lui donna la poule qu'ensemble ils égorgèrent.

Le génie dit alors au garçon de la plumer en marchant vers sa cour, et de mettre le reste des plumes dans le poulailler qu'il venait de construire. Ensuite il n'aurait plus qu'à manger la poule pour son repas. Il ajouta :

- Ferme ensuite ton poulailler pendant une semaine, puis au septième jour ouvre-le et regarde ce qui s'y trouve. Fais de même tous les sept jours.

Quand, une semaine plus tard, Toumougnion ouvrit son poulailler, il y découvrit un gros tas de cauris entouré par un énorme serpent python. Il prit les cauris et en cacha une partie dans un grenier à grains. Comme personne ne l'aimait là où il habitait, il décida avec le reste des cauris d'aller se bâtir une cour un peu plus loin, à un endroit qu'il préférait.

Le septième jour, il revint dans son poulailler, et quand il l'ouvrit, il trouve non seulement des cauris, mais encore une femme. Le python lui dit alors :

- Prendre cette femme, c'est la tienne.

Toumougnion se maria donc avec elle et ils eurent beaucoup d'enfants, de boeufs, de poule, de moutons, de chèvres... bref, il devint très riche.

Seulement voilà : le génie avait formellement interdit à Toumougnion de boire de l'alcool. Or un jour, Toumougnion décida de faire un petit voyage, histoire de boire un peu. Il partit donc pour un village situé à sept kilomètres du sien, et y but une pleine calebasse de dolo (bière de mil).

Huit kilomètres plus loin, il s'arrêta de nouveau et but une autre calebasse de dolo. Dans un troisième village, il en but une troisième, et c'est ainsi que peu à peu il devint complètement ivre.

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Il avait interdit à quiconque, même aux membres de sa famille, d'ouvrir le poulailler en son absence. Or sa mère, une fois son fils parti, décida, parce qu'elle était curieuse, d'ouvrir la porte. Vous savez comment sont certaines femmes parfois...

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