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Ile Maurice: Les patients se rebiffent


L'Express (Port Louis)
 

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L'Express (Port Louis)

18 Juillet 2008
Publié sur le web le 18 Juillet 2008

Patrick St Pierre
Port Louis

Comment feront les vieux la nuit s'ils doivent se rendre d'urgence à l'hôpital Civil, à Port-Louis, pour des soins ? Personne dans le village de Flic-en-Flac ne comprend la logique de cette décision du ministère de la Santé. On est unanime à dire qu'elle aura de graves conséquences sur la vie des villageois.

«Ki mo pou al fer lopital Civil? Tou letan mo suiv traitema lopital Candos». Raphael Appadoo, le doyen de Flic-en-Flac, âgé de 95 ans est perplexe. Il dit ne pas comprendre la décision du ministère de la Santé. Celui-ci a placé le dispensaire de Flic-en-Flac sous la responsabilité de l'hôpital Civil à Port-Louis alors qu'il était sous la juridiction de l'hôpital de Candos. Conséquemment, les malades de Flic-en-Flac doivent désormais se rendre à Port-Louis pour tout traitement nécessitant des examens approfondis.

A 95 ans, Raphael Appadoo ne marche plus. Un volontaire le pousse sur sa chaise roulante pour se rendre au dispensaire pour des consultations de routine. Le vieillard ne comprend pas la logique de la décision gouvernementale.

Des inquiètudes

«Telma gouvernema pe rod kase-range, zot pa kone ki pou fer. Zot pe detrir zot pep». Il montre les cicatrices sur son corps. «Mo in fer bocou operation laba. Mo dir gouvernema saken so paroiss. Dimoun Flic-en-Flac bizin al fer traitement Quatre-Bornes», dit-il.

Les habitants de Flic-en-Flac refusent de se faire soigner à l'hôpital Civil pour plusieurs raisons. D'abord, la distance entre Port-Louis et Flic-en-Flac inquiète. Bazdeo Ramloll, 59 ans, est persuadé que cette décision pénalisera énormément ceux qui touchent une pension. Il est vrai, dit-il, que les pensionnés ne paient pas le bus, mais il y a d'autres inconvénients. «Si nous tombons malade la nuit, que se passera-t-il ? Actuellement, un taxi pour Quatre-Bornes coûte environ Rs 900. J'imagine que pour Port-Louis le trajet sera environ Rs 1 200», dit-il.

Vijay Roopnarain est travailleur social à Flic-en-Flac. Il partage les appréhensions des personnes âgées. Il sait que le SAMU véhiculera les malades la nuit, mais souvent les ambulances ne sont pas libres. Et puis, dit-il, les policiers de Flic-en-Flac ont toujours transporté les malades à Quatre-Bornes. «Je me demande si les policiers abandonneront désormais leur poste pour effectuer un long voyage jusqu'à Port-Louis ?», se demande-t-il.

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Même pendant la journée, disent les habitants, le service public n'est pas efficace. Les bus pour Port-Louis passent toutes les heures et ils ont quelquefois des horaires irréguliers alors que les bus sur la ligne de Quatre-Bornes desservent ce village à un rythme plus fréquent. D'ailleurs, il n'y a pas que ce long trajet qui pousse les habitants à exprimer leur opposition à ce projet. La Cité fait peur avec sa circulation effrénée et les nombreuses artères encombrées. Oonawtee Awothar suit actuellement d'un traitement à Candos. La seule pensée qu'elle devra se rendre à l'hôpital de Port-Louis lui donne bien des soucis. «Mo gagn tremblema. Si mo al Port-Louis mo capav perdi connaissance akoz ena tro boukou pou marse pou al lopital. Mo na pa konn simin narien.» Parlant d'une seule voix, les habitants, le conseil de village et La Force Vive de Flic-en-Flac demandent au ministère de la Santé de revenir sur sa décision. Ils voient mal aller se faire soigner dans un hôpital qu'ils ne connaissent pas alors qu'ils sont satisfaits des services offerts à l'hôpital de Candos.



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