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Ile Maurice: Le Bpo et l'offshore expriment des craintes sur l'heure d'été
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L'Express (Port Louis)
18 Juillet 2008
Publié sur le web le 18 Juillet 2008
Alain Barbé
Port Louis
Tous les secteurs n'applaudissent pas l'introduction de l'heure d'été pour économiser l'énergie. Deux d'entre eux estiment que leurs activités seraient perturbées et invitent le gouvernement à renoncer à son projet.
Le «managing director» de «Ceridian Mauritius» estime que son secteur d'activité (BPO) et tous ceux qui opèrent dans un environnement global seront affectés par le décalage d'une heure.
L'introduction de l'heure d'été sur une base pilote prévue du dernier week-end d'octobre 2008 au dernier week-end de mars 2009 suscite des réactions mitigées dans les milieux d'affaires. Si le Joint Economic Council (JEC) soutient sa mise en application, ce n'est pas le même sentiment qui anime des opérateurs du secteur financier, notamment l'offshore (Global Business) et celui du Business Process Outsourcing (BPO). Au point où des associations représentant d'entreprises de ces secteurs demandent au gouvernement de renoncer au projet.
Des entreprises du secteur offshore expriment de vives appréhensions au sujet de l'introduction de l'heure d'été. « Nous avons des clients aux Etats-Unis, en Europe et en Asie. Actuellement la différence est de trois à quatre heures, mais avec l'introduction de l'heure d'été, il y aura cinq heures de différence avec l'Angleterre et quatre heures avec d'autres pays d'Europe. Les clients attachent beaucoup d'importance aux différences d'heure quand ils choisissent une juridiction », estime Penny Hack, un des dirigeants de l'Association of Trust and Management Companies (ATMC). «Avec l'heure d'été, nous risquons de perdre des clients, qui choisiront d'aller vers d'autres juridictions et nous ne savons pas si, après, nous aurons de nouveaux clients.»
À son avis, avec une différence de cinq heures, contre quatre précédemment, pendant l'heure d'hiver en Grande-Bretagne, il sera difficile de gérer les horaires de travail des employés. Car il faudra leur demander de changer leurs heures d'arrivée et de départ pour répondre aux horaires de travail des différents clients. «Il y aura des problèmes pratiques. Cela entraînera des coûts additionnels d'opération, et ce ne sera pas facile d'attirer ou de retenir les employés pour de longues heures de travail. Déjà nous avons un problème d'effectifs dans le secteur de Global Business», souligne Penny Hack.
Ce dernier estime également que Maurice va perdre son avantage sur l'Inde, qui est un gros marché car la différence d'heure sera considérablement réduite. Sans compter que l'Inde est un des plus importants concurrents de Maurice pour les marchés américain et européen. «L'introduction de l'heure d'été va nous désavantager dans le contexte d'une compétition intense avec d'autres juridictions offshore», ajoute Penny Hack.
Même sentiment du côté de l'Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM), qui demande même que le gouvernement renonce à son projet. Selon Vidia Mooneegan, président de OTAM et managing director de Ceridian Mauritius, tous les secteurs qui opèrent dans un environnement global seront affectés, y compris les agences de voyages, le service bancaire international et les services financiers.
Par ailleurs, Raj Makoond, directeur du JEC, tout en soutenant le projet, s'est exprimé en demandant que le gouvernement définisse des paramètres. «Pour atteindre le principal objectif en termes d'économie d'énergie dans le contexte de la crise énergétique, nous avons proposé que les autorités, le Central Electricity Board et le secteur privé arrivent à un accord sur les paramètres à établir pour suivre de près les coûts et les bénéfices qui découleraient de l'introduction de l'heure d'été.»
Harmonisation et partenariat
Le directeur du JEC fait aussi des propositions concrètes. « Il faudra que le CEB considère l'introduction des tarifs relatifs au time of use dans les plus brefs délais pour baisser la consommation aux heures de pointe », ajoute-t-il. « Les secteurs qui sont les plus gros consommateurs d'électricité doivent être suivis de près, notamment les secteurs à risque comme le BPO. Il faudrait aussi harmoniser les dates d'introduction de l'heure d'été à Maurice avec celle d'autres pays. Il y a déjà une approche de partenariat sur ces questions.»
Shamshir Mukoon, Principal Engineer au Central Electricity Board (CEB) va dans le même sens : «Le JEC est sur la même longueur d'onde que nous et il faudra évidemment suivre l'impact de l'introduction de l'heure d'été sur les différents secteurs de l'économie. Il ne faudra pas que ce que nous gagnons en termes d'énergie, nous le perdions ailleurs. À la fin de la période d'essai, nous verrons s'il faudra poursuivre cette expérience ou non.»
L'introduction de l'heure d'été cadre avec la stratégie du gouvernement pour contrecarrer la flambée des prix des produits pétroliers. D'une part, explique Shamshir Mukoon, cela permettra au CEB de faire des économies sur l'utilisation de l'huile lourde et du kérosène ; et d'autre part, cela lui permettra d'éviter certains investissements dans de nouvelles capacités de production pour satisfaire la demande, particulièrement aux heures de pointe. «Tout cela équivaudra à des gains de Rs 300 millions à Rs 400 millions et c'est le pays qui sortira gagnant », souligne Shamshir Mukoon.
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Les entrepreneurs de l'offshore et du BPO concèdent que, même si beaucoup de pays se sont adaptés à l'heure d'été, le potentiel d'économie d'énergie dans le projet Maurice, île durable demande à être balancé avec les réalités et contraintes économiques. Ils demandent donc au gouvernement d'initier des consultations et des réunions d'information sur le concept avec toutes les parties prenantes pour trouver une solution qui tienne compte de tous les intérêts.
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