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Congo-Kinshasa: Le double message de Sarkozy à Kabila
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Le Phare (Kinshasa)
18 Juillet 2008
Publié sur le web le 18 Juillet 2008
Fidèle Musangu
Au lendemain de la visite d'Etat du président Congolais à Paris, les avis sont partagés dans les milieux des observateurs de la vie politique au pays de P.E. Lumumba. Certes, le clou de cette toute première visite de Joseph Kabila au président français depuis son élection l'année dernière a été la réception au palais de l'Elysée où les entretiens se sont déroulés dans un climat franc et studieux s'il faut reprendre l'expression de notre consoeur Ghislaine Dupont de la RFI.
A cours de l'entrevue entre les deux hommes d'Etat, Nicolas Sarkozy s'est félicité de la tenue des élections en RDC qui, à ses yeux, sont le fruit des efforts déployés par toutes les parties, notamment les forces sociopolitiques en présence et celles de la Mission Onusienne.
Abordant le vif du sujet, le président français a promis d'accompagner le gouvernement de la RDC dans son programme de pacification et de reconstruction du pays.
Reprenant sa casquette de président de exercice de l'union Européenne, Nicolas Sarkozy a fait comprendre à son hôte qu'il serait difficile de défendre son dossier de réduction de la dette extérieure de son pays auprès des institutions de Breton Wood, étant donné que celles-ci se méfient des « non dits » contenus dans ces contrats récemment signés par la RDC avec des entreprises chinoises.
Dans la ville haute, les débats sont animés autour de la lecture de ce double message du président français adressé à son homologue congolais. Pour les uns, en sa qualité de président en exercice de l'Union Européenne, Nicolas Sarkozy ne peut pas aller en l'encontre des positions arrêtées par les institutions internationales, notamment le Fonds monétaire International qui, comme on le sait, est dirigé depuis six mois par un homme politique originaire de l'Hexagone en la personne du socialiste Dominique Strauss Khan.
Le F.M.I., rappelle-t-on, vient de signifier aux autorités congolaises ses réserves vis-à-vis de ces contrats chinois et il ne reprendra son programme avec Kinshasa qu'à l'issue des résultats des études de faisabilité.
Autrement dit, le F.M.I. considère que ces contrats chinois constituent un nouvel endettement qui vient alourdir la dette extérieure congolaise alors que tous les efforts dans le cadre de l'initiative PPTE visent à conduire le pays au point d'achèvement d'ici la fin de cette année si le gouvernement respecte les critères de performance.
Bref, le F.M.I. n'entend pas voler à la rescousse de la RDC qui s'accroche à des positions floues suite aux non dits camouflés dans ces contrats chinois.
Cette position est aussi celle de l'Union Européenne. Il n'empêche que la France qui entend récupérer ses positions au Congo, a rassuré Kabila de sa disponibilité à voler au secours du gouvernement de Kinshasa sur le plan bilatéral. Une position qui avait déjà été communiqué aux autorités de Kinshasa par Bernard Kouchner, Jean-Louis Borloo et deux vice-ministres qui ont récemment effectué des visites officielles en RDC.
Pour autant, les autorités de la RDC ne devraient pas privilégier les relations bilatérales au détriment du secteur multilatéral qui a toujours été considéré comme la carte gagnante dans le concert des nations modernes.
Il serait ainsi puéril de croire que lorsqu'on est en conflit avec un Etat de l'Union Européenne, qu'il faille recourir à un autre alors qu'en réalité l'on se trouve en face d'un bloc uni. Tout en proclamant sa souveraineté, le Congo a dans une longue bataille à mener pour se faire bien comprendre. Pour le moment, son message ne semble pas bien passer à cause des positions figées et carrées au sujet des contrats chinois.
L'équation centrale pour Kinshasa demeure sa capacité à communiquer sur le plan aussi bien interne qu'externe, et surtout à convaincre grâce au dynamisme de sa diplomatie. Acculé par une forte pression intérieure, le gouvernement de la République n'a pas de répit face au défi de la relance économique et de la sécurité d'une bonne partie de ses territoires de l'Est.
C'est là où se situe le noeud du problème. Car du côté des partenaires occidentaux, l'accent est mis sur la nécessité de mener le combat pour le développement par le biais des critères de performance édictés par les institutions de Breton Wood en vue de réduire la dette extérieure estimée à 14 milliards des dollars Us.
Sans l'élimination de cette dette, toute initiative tendant à la régler par un autre endettement extérieur ne peut conduire qu'à l'asphyxie, a semblé dire Nicolas Sarkozy à son homologue congolais avant-hier lors de leur entretien au Palais de l'Elysée.
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Il y a beaucoup à faire. C'est donc le moment de s'interroger sur ces écueils pour trouver des solutions en cherchant à savoir notamment si le chemin parcouru jusque là n'ouvre pas la porte à des abus et s'il ne faudrait pas prendre son courage en mains pour revisiter ces contrats chinois avant qu'il ne soit trop tard.
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