La Prospérité (Kinshasa)
18 Juillet 2008
Kinshasa — Qui des 42 membres du Gouvernement a le sang de Daniel Botethi dans ses mains ? La réponse sera donnée ce matin. Si du moins l'on croit aux déclarations de Patrick Mwewa, l'un des présumés assassins du défunt Vice-Président de l'Assemblée provinciale de Kinshasa.
Le Tribunal Militaire de Garnison de Kinshasa-Gombe, statuant en matière répressive, au Camp Kokolo, a poursuivi son instruction sur l'infraction : "Association des malfaiteurs". Les prévenus Mwewa Patrick, Inoki Bébé, Mutu ya Katanga, Kady, Susungu Junior, Fidèle, Songo Bololo et Manseba sont poursuivis par le ministère public pour avoir exercé le commandement d'une association afin de donner la mort à l'ex vice-président de l'Assemblée provinciale, Honorable Botethi Daniel, le dimanche 6 juillet 2008 à 2 heures du matin, sur l'avenue haute tension sise commune de Ngaliema.
A l'audience foraine d'hier, jeudi 17 juillet 2008, deux prévenus ont été entendus. Il s'agit de Inoki Bébé et Patrick Mwewa. Inoki Bébé a, dans la restitution des faits, nié avoir participé à un quelconque coup. Néanmoins, il affirme être associé au partage du butin chaque fois qu'un coup et monté et réussi par la bande incriminée. Il est considéré dans le groupe comme B2, un renseignant. A ce titre, dit-il, il a déjà offert des tenues militaires à son ami Kady. Il a indiqué deux nganda où ils ont l'habitude de se rencontrer.
A Masina, dans une buvette nommée la porte noire et au camp mobile de Kintambo. Il s'est dit conscient de savoir que ses collègues sont des malfaiteurs. « Nga na konzaka bango mpo bayebi ete bazali ba déserteurs, yango nga naliaka bango », a déclaré le prévenu Inoki. A la question de savoir le montant et le dernier coup auquel il a participé, Inoki a déclaré avoir arraché a son collègue la montre appartenant au joueur Shabani Nonda. Après avoir pris acte de ses déclarations, la Cour a, par la suite, invité le deuxième prévenu en la personne de Mwewa Patrick à comparaître.
La Cour a voulu savoir de Mwewa s'il connaissait Kady et Inoki. Ce militaire n'a pas voulu aller par quatre chemins pour retracer les relations qui le lient aux militaires de la garde républicaine précités. Il les a reconnu. Et il déclare : Moto avant akufa alobaka polele. ( traduisez : avant que quelqu'un meurt, il doit dire toute la vérité».
Voici comment Mwewa a décrit le film qui a abouti à l'assassinat de Daniel Botethi
Mwewa dit que le vendredi 4 juillet 2008, il était appelé à la "porte noire" par ses amis. C'est là, qu'il a pris connaissance de l'opération. Après avoir planifié, on lui remit 6.000 FC de transports. Par la suite, il se rencontre avec Mutu ya Katanga au casino. Le samedi vers 11 heures, Kady lui rend visite chez lui à la maison au camp Tshatshi pour approfondir le projet. Ils se conviennent de se voir à Kintambo. En route vers le lieu de rendez-vous avec Kady, Mwewa croise Inoki. Ils bavardent et Inoki lui glisse 200 FC pour la cigarette. Arrivé au lieu de rendez-vous, Mwewa rencontrera à Nganda likaya de Kintambo, Fidèle, Inoki, et Mutu ya Katanga. Il achète du chanvre et fume tandis que les autres boivent du liqueur. Vers 19 heures, Inoki se retire a coté avec Kady et lui remet un peu d'argent pour le transport.
C'est en ce moment que Inoki sort trois tenues militaires et les donne à Kady. Il y avait là, deux autres personnes. De là, ils se fixent rendez-vous à haute tension. Comme Mwewa était en tenue civile, on a voulu qu'il les précède. Arrivé à cet endroit, il est resté seul jusqu'à 23 heures. C'est après une heure qu'il verra une main qui lui signale la présence des autres. Kady, lui dit de prendre une pierre pour barrer la route. Et après, il se positionne. Avant de prendre position, Kady distribue à chacun 900 dollars américains et déclare que celui qui nous a donné cet argent nous a dit d'exécuter.
Quelques minutes plus tard, une patrouille de la monuc passe. Puis, quelques instants après, la voiture rouge arrive et Kady informe que c'est la voiture en question. Et on a attaqué la voiture. Mwewa indique que c'est Kady qui a tiré sur lui et le garde du corps.
Mwewa Patrick a même posé la question de savoir comment avons su que la voiture devrait passer par cette avenue là. « Je connais celui qui a commandité le coup, je le citerai demain. C'est un membre du gouvernement. Il occupe une haute fonction qui me garantie qu'il ne peut pas fuir », rassure Mwewa à la Cour.
Après insistance de la Cour pour qu'il dénonce le commanditaire, le prévenu Mwewa a exigé qu'il soit sécurisé.
La séance est ramenée à ce matin à 9 heures.
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Assassinat de Daniel Boteti Loleke déclaration
Assassinat de Daniel Boteti Loleke déclaration familiale
Pour nous de la Famille biologique de l’honorable Daniel Boteti, son ignoble assassinat est et resteras encore pour longtemps dans nos mémoire. En ce moment douloureux nous continuions à nous apporter tant soit peu le réconfort dans la famille, particulièrement à la veuve, aux orphelins et parent.
Mr. Daniel Boteti est d’une famille qui a toujours militée pour un véritable Etat de droit, où la transparence est la règle. Subséquemment, faire triompher la vérité et la justice – une justice juste - constitue la meilleure façon de rendre hommage à la mémoire de «Danou» qui était juriste de formation et avocat de profession.
Il est impérieux que le Tribunal militaire de la garnison de Kinshasa/Ngaliema poursuive son cours normal sur base d’un procès juste et équitable, et cela de manière à ce que le mystère sur l’assassinat de Danou soit élucidé. Et que les coupables subissent la rigueur de la loi et les sanctions qui leur seront infligées servent d’exemple.
Nous laissons donc l’organe de la loi faire son travail.
La comparution à l’audience publique prévue le lundi prochain au camp Kokolo , sur demande des toutes les parties impliquées, tel que le tribunal l’a instruit au greffier, d’appeler certaines personnes à la barre. Parmi celles-ci Mr. André Kimbuta (puisque ayant été cité par l’un des prévenus) ne fais que parti, à notre avis, de cette procédure judiciaire juste que nous réclamons.
Donc, Mpangi, ngwashi ou non ; le gouverneur de la ville province de Kinshasa, s’expliquera devant la justice, pour, si c’est le cas, qu’on puisse le laver de tout soupçon. Me Quilès Tatukila du cabinet de Mr. Kimbuta, a déclaré, je cite : « Il appelait Boteti son neveu. Sa mère, c’est sa cousine. Il avait donc certains liens avec le défunt. Etre commanditaire, ce n’est pas le genre du gouverneur Kimbuta… » Fin de citation. Mr. A. Kimbuta ne devrais donc pas se faire des soucis si il n’y est pour rien, ne ditons pas au Bandundu qu’à la mort d'un jeune du quartier, les personnes du troisième âge sont pointées du doigt. [Nkana lemba me fwa Ngwashi ndoki].
Nous refusons que la mort de notre fils et frère, devienne le prétexte d’une foire d’empoigne politique.
Oui, un Congolais de plus est mort. Un Congolais de trop a été tué par les balles de ceux-là même qui devaient protéger nos vies et nos frontières.
Danou était jeune, un homme politique prometteur, il ne faut pas qu’il soit mort pour rien. Cette mort doit nous servir à réfléchir sur le sens que nous voulons donner à notre vie, individuellement, et collectivement car les circonstances qui entourent cette assassinat sont, hélas !, le lot commun de bien des Congolais à travers la République.
Nous refusons aussi de céder à l’esprit de vengeance et nous nous animerons toujours de la sagesse, du courage et de la dignité que nous donnent nos parents, notamment le Général BOTETHI, père du défunt.
Le mieux pour nous est de laisser la justice travailler dans la sérénité, pour dire le droit.
Nous vous serons obligés de respecter notre décision de ne faire aucun commentaire pendant que la justice continue de travailler, et si besoin est par la voie de la partie civile Boteti dans le procès. Par Christian KIWEWA