United Nations Mission in the Democratic Republic of Congo (Kinshasa)
Nina Yacoubian / Monuc
18 Juillet 2008
Les décès continuent d'être enregistrés au sein de la prison centrale de Mbuji Mayi dans la province du Kasaï Oriental. Au moins 26 prisonniers ont trouvé la mort dans cette prison depuis février 2008, des suites de malnutrition sévère et aigue, sans que des mesures précises et définitives ne soient prises pour assurer de bonnes conditions de détention dans les prisons du Kasaï Oriental.
Dans cette prison qui abrite 425 prisonniers au lieu de 200 conformément à sa capacité initiale, une nouvelle série de décès a été ajoutée au bilan dans la nuit du 13 au 14 juillet. Quatre détenus sont encore morts de faim, et le nombre total des décès depuis un mois dans cet établissement est de 10.
Informée de ces décès, la section des droits de l'Homme de la MONUC a effectué une visite à la prison pour s'enquérir de la situation. «La délégation de la MONUC a exprimé son profond mécontentement aux autorités provinciales sur les conditions de vie des détenus», a indiqué Assiongbon Tettekpoe, officier des droits de l'Homme de la MONUC à Mbuji Mayi.
«L'inquiétude de la MONUC est encore plus grande quand on constate parmi ces décès, que beaucoup d'entre eux sont des prévenus, donc bénéficiant de la présomption d'innocence parce qu'ils ne sont pas jugés à cause des lenteurs de la procédure judiciaire», a-t-il ajouté.
Ces quatre prisonniers qui viennent de décéder font partie d'une liste de 30 détenus dont l'état de santé avait été jugé préoccupant et nécessitant une prise en charge médicale appropriée.
Selon le constat fait sur place par la section des Droits de l'Homme de la MONUC à Mbuji Mayi, il existe encore une vingtaine de détenus entre la vie et la mort. Mais que faut-il faire pour éviter le pire, et prévenir que d'autres détenus déjà faibles et alités ne périssent à leur tour, quand il est presque impossible pour ces prisonniers malnutris et malades de se faire accepter dans les hôpitaux publics parce qu'«ils sont acheminés sans moyens pour leur prise en charge et pour l'achat des médicaments pour leur soin»?
En attendant qu'une solution durable soit trouvée par les autorités centrales et locales et qu'elles se décident à prendre en charge convenablement les prisonniers, la MONUC pourvoit chaque semaine la prison en eau. Elle a, en outre, acheminé du maïs par deux fois, entre janvier et mai 2008, pour ces prisonniers.
Pour remédier définitivement au problème de malnutrition, l'officier des Droits de l'Homme, M. Tettekpoe a préconisé l'allocation d'un budget pour s'assurer l'alimentation et les soins aux détenus, ainsi que la mise en garde, par les autorités locales, de certains médecins des hôpitaux publics qui souvent refusent d'accueillir les détenus malades, estimant qu'ils ne sont pas «solvables».
Lors de sa conférence de presse hebdomadaire du 16 juillet 2008, la MONUC a rappelé qu'il est de la responsabilité première des autorités congolaises de tout mettre en oeuvre pour assurer des conditions de détention décentes aux détenus de la prison centrale de Mbuji Mayi et à ceux des autres centres pénitentiaires de toute la République démocratique du Congo.
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