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Afrique: La pauvreté persiste dans les PMA, malgré la croissance - Rapport


Inter Press Service (Johannesburg)
 

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Inter Press Service (Johannesburg)

18 Juillet 2008
Publié sur le web le 18 Juillet 2008

Mattias Creffier

Le nombre de pauvres dans les 50 pays les moins avancés (PMA) du monde ne diminue pas, malgré un renforcement de la croissance économique et une hausse des exportations, constate le dernier rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Le rapport, publié cette semaine, met en garde contre la dépendance de ces pays vis-à-vis des exportations de matières premières. Chaque année, la CNUCED publie un rapport sur l'évolution des PMA. Les chiffres du rapport sont à première vue relativement encourageants.

Entre 2004 et 2006, les 50 pays les plus pauvres de la planète ont vu la valeur de l'ensemble de leurs exportations augmenter de 80 pour cent, tandis que leur taux de croissance économique a dépassé l'objectif des 7 pour cent, soit le taux le plus élevé depuis 30 ans.

Toutefois, le nombre d'individus qui vivent avec un revenu de moins de deux dollars par jour est en augmentation, constate la CNUCED. De 535,1 millions de pauvres en 2000, leur nombre est passé à 580,8 millions en 2005. Sur ces quelques 581,8 millions de pauvres, 375 millions vivent en Afrique, 204 millions en Asie et deux millions dans les petits Etats insulaires.

Cette hausse de la pauvreté est notamment liée à la croissance démographique, souligne le rapport. Ainsi, en tenant compte de cette croissance de la population, la CNUCED estime que le taux de pauvreté dans les pays les moins avancés a légèrement baissé, passant de 78,8 pour cent en 2000 à 75,7 pour cent en 2005.

L'extrême pauvreté, c'est-à-dire le nombre d'individus qui vivent avec moins d'un dollar par jour est également en légère diminution dans les PMA, passant de 38,9 pour cent à 36,1 pour cent. Mais à ce rythme, elle touchera toujours 33 pour cent de la population de ces pays en 2015, soit un pourcentage en deçà des espérances formulées dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), ajoute le rapport. En 2000, les Etats membres de l'ONU se sont engagés à réduire de moitié l'extrême pauvreté dans le monde, ce qui signifie la réduire à 20 pour cent de la population dans les 50 pays les plus pauvres.

Modèle inadéquat

Si le nombre de pauvres continue d'augmenter en chiffres absolus, c'est donc en partie en raison de la croissance démographique, mais aussi à cause d'un modèle de développement inapproprié, poursuit le rapport de la CNUCED. Les pays pauvres sont extrêmement dépendants à l'égard des exportations de matières premières, comme le pétrole, les minéraux, les métaux ou les produits agricoles. Mais, la forte croissance enregistrée pendant l'essor mondial des exportations rend toutefois ces pays très vulnérables en cas de retournement de la conjoncture.

Par ailleurs, la situation des PMA est caractérisée par un déficit commercial persistant et par de graves difficultés de balance des paiements, indique le rapport. Selon la CNUCED, la majorité des pays les moins avancés -- 42 sur 50 -- ont enregistré un déficit commercial en 2005-2006.

Et les pays qui importent énormément de denrées alimentaires et de pétrole sont les plus vulnérables à ce retournement de situation. La vulnérabilité de huit de ces PMA (le Burkina Faso, la Guinée, Haïti, la Mauritanie, le Mozambique, le Sénégal, la Somalie ou le Yémen) a déjà été mise en lumière, cette année, lors des troubles sociaux liés à la crise alimentaire, poursuit la CNUCED.

Pour sortir de cette spirale, les pays les moins avancés doivent à tout prix diversifier leur économie et devenir moins dépendants des exportations. Entre 2004 et 2006, la part des matières premières dans les exportations des PMA a augmenté de 59 à 77 pour cent, souligne la CNUCED. En outre, les apports d'aide publique au développement sont la principale source de financement extérieur de ces pays, à l'heure où la part d'investissements étrangers directs a connu une diminution entre 2003 et 2006, passant de 1,9 à 0,7 pour cent.

"La grande illusion des dernières décennies a consisté à penser que l'investissement dans les secteurs productifs serait assuré par le secteur privé international, grâce notamment aux entrées d'investissements étrangers directs", explique le rapport. Or, ces investissements demeurent essentiellement présents dans l'extraction de ressources naturelles, en particulier du pétrole et de métaux.

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Pour renforcer leur résistance économique, les pays les moins avancés doivent donc accroître leur productivité agricole et diversifier leur économie dans le but de créer des emplois non agricoles, recommande la CNUCED. Face au ralentissement mondial, la plupart des PMA rencontreront de grandes difficultés dans la période à venir, prévient également le rapport annuel.



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