Libération (Casablanca)

Maroc: Les 15, dans la mouvance de l'art contemporain

AYOUB AKIL

18 Juillet 2008


Un mode de perception public et impersonnel

Les cimaises de la Galerie Rê de Marrakech accueillent actuellement une exposition collective de 15 artistes. Intitulée «Les 15, dans la mouvance de l'art contemporain», cette exposition collective du qui se tient depuis le vendredi 11 juillet jusqu' au samedi 12 octobre 2008, met en lumière à la fois des tableaux, des sculptures, des installations et des photographies. Chacune des oeuvres présentées s'inscrit dans les tendances les plus actuelles de l'art contemporain. Il s'agit des artistes: Baltzer, Belkahia, Bellamine, Benbouchta, Benohoud, Bouhchichi, Errouas Safaa, Fourquet, Hassani, Kabbaj Khadija, Kabbaj Yacout, Lagzouli, Ouazzani, Tyszblat et Zurob. La galerie sera fermée en août et rouvre ses portes le lundi 1er septembre.

En dehors des catégorisations esthétiques, ce cadre de travail mettra en valeur les échanges et les négociations entre ces différents artistes qui président à la création et à son devenir. On a même le sentiment que les conditions de formation de ces artistes tiennent lieu dans la diversité de références de par les différents points de vue qu'ils abordent. L'événement tend à unir toutes les pièces de ces créations et peut-être même celles de l'enseignement auquel est affilié cet artiste.

En fait, il s'agit avant tout d'un soupçon vis-à-vis de l'art contemporain marocain prôné comme méthode de travail par ces artistes. Que l'oeuvre doit se donner dans une complétude indivisible, inarticulée ; présence au monde sur un socle phénoménologique assurant un mode de perception public et impersonnel. Cette méthode d'approche du regardeur procède par induction de virtualités contenues dans l'oeuvre qu'il ne reste plus qu'à nommer.

En chargeant un peu leurs tableaux, on peut avancer qu'une telle pratique n'a de cesse de réaliser un programme idéologique, en même temps qu'esthétique, de réhabilitation des notions d'identification et de reconnaissance. Là, c'est d'ailleurs la grande force de la forme constante de ces artistes, qui n'appelle pas à contestation interprétative. Le désir de mise en relation publique et impersonnelle passe aussi par l'emploi d'une méthode totalitaire. Et ce, par l'usage de signes de reconnaissance-préexistence virtuelle d'une relation possible. Ses colonnes à dimension humaine invoquent une même intention critiquable à l'oeuvre.ritiquable, puisqu'elle instaure l'idée d'un commerce indifférencié des signes, des objets et des images. Ce commerce étant de surcroît est subordonné à une structure visuelle globalisante qui consacre nos façons habituelles de voir.

Liens Pertinents

Par ailleurs, ces artistes demeurent malgré tout des artistes contemporains. Et donc, ils ne peuvent se résoudre aussi à se lover dans un rassurant discours "peinture-peinture" prônant un sublime retrait. Sa peinture est à la fois une peinture et une critique de la peinture. Une critique de l'histoire de la peinture et du discours souvent entendu sur la peinture. Et que ces critiques n'ont de sens aussi qu'à envisager, au-delà de la spécificité du médium, l'ensemble des discours esthétiques, théoriques et idéologiques sur l'art.

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