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Burkina Faso: Les chefs musulmans s'engagent à informer sur la planification familiale


Inter Press Service (Johannesburg)
 

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Inter Press Service (Johannesburg)

21 Juillet 2008
Publié sur le web le 21 Juillet 2008

Brahima Ouédraogo
Ouagadougou

Des organisations musulmanes ont invité leurs responsables religieux au Burkina Faso à informer leurs fidèles sur le bien-fondé de la planification familiale pour lutter contre la mortalité maternelle et la pauvreté.

"S'il y a des méthodes (de planification) qui n'affectent pas la santé de la femme, elle peut aller avec, car l'islam n'admet pas les méthodes qui affectent la santé de la femme parce que la santé est importante chez l'islam", répond Ismaël Dèra, un des imams de la mosquée de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

A l'issue d'une rencontre autour du Réseau burkinabé des Organisations islamiques en population et développement, ces associations ont également appelé ces chefs religieux à saisir toute opportunité, comme les mariages, les baptêmes, pour sensibiliser les fidèles sur la planification familiale.

"Les musulmans sont partie intégrale de la population au Burkina Faso et la planification familiale nous concerne, nous musulmans. L'ensemble de la communauté du Burkina doit songer prendre part à tout ce qui se dit sur la planification familiale", déclare El Hadj Moussa Semdé, secrétaire général de la communauté musulmane burkinabé.

"Nous avons fait appel à nos imams, aux oulémas, pour que ces leaders puissent dégager un chemin pour les musulmans afin que nous ne soyons pas en reste dans cette lutte qui est noble. Je crois que la planification familiale est normale et les musulmans doivent trouver leur voie de vivre heureux", ajoute Semdé.

La rencontre des chefs religieux s'est déroulée la semaine dernière à la Grande mosquée de Ouagadougou. Selon Siaka Traoré, responsable du plaidoyer et de la communication au Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Burkina, le choix du lieu est surtout symbolique. "C'est un symbole, mais ça peut se comprendre car l'islam a un rôle de sensibilisation et d'éducation, et c'est dans ce sens que se situe ce symbole", dit-il à IPS.

La communauté musulmane est une cible privilégiée pour l'UNFPA. "Parfois à tort, les gens peuvent penser que l'islam est contre la planification familiale alors qu'en réalité, les préceptes de l'islam sont favorables à la planification familiale", explique Traoré.

Les musulmans représentent 52 pour cent de la population du Burkina, selon le denier recensement de 2006, qui a fait ressortir un taux d'accroissement de 2,9 pour cent, portant la population totale de ce pays d'Afrique de l'ouest à 13,7 millions d'habitants.

Selon le Conseil national de la population, 10 pour cent seulement des femmes, en âge de procréer utilisent la contraception moderne, et cinq pour cent les méthodes contraceptives traditionnelles. Mais 86 pour cent d'entre elles n'observent aucune méthode contraceptive alors que les besoins en matière de planification familiale s'élèvent à 29 pour cent.

Aoua Ouédraogo, un membre de la communauté musulmane, se réjouit de la tenue de la rencontre qui permettra, dit-elle à IPS, d'éclairer les fidèles qui confondent souvent planification familiale et limitation des naissances.

"Dans le Coran, il est prévu la planification familiale, mais sous une autre forme. Il faut donc essayer d'éclairer les leaders religieux parce que beaucoup sont croyants pratiquants, mais peu cultivés et ils confondent planification familiale et limitation des naissances", souligne Ouédraogo.

Selon l'étude de démographie et de santé de 1998-1999 au Burkina Faso, le taux de mortalité maternelle et néonatale est respectivement de 484 pour 100.000 naissances vivantes et 41 pour 1.000.

En 2000, un Plan national de développement sanitaire, élaboré pour la période 2001-2010, prévoit de réduire la mortalité maternelle et néonatale de 40 pour cent d'ici à 2010 et de porter le taux de couverture en consultation prénatale à 90 pour cent, celui des accouchements assistés à 60 pour cent et la prévalence contraceptive à 17 pour cent.

Le taux de prévalence contraceptif était de 14 pour cent en 2002, le taux de couverture prénatale de 54 pour cent tandis que le taux d'accouchement assisté était de 39 pour cent.

Liens Pertinents

La rencontre des organisations islamiques a recommandé que désormais, les femmes soient accompagnées de leur mari lors des consultations pour la planification familiale.

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