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Sénégal: Génération du concret pour Génération Liguèy
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Le Soleil (Dakar)
BILLET
21 Juillet 2008
Publié sur le web le 22 Juillet 2008
Génération du concret pour Génération Liguèy
" Ils disent toujours : Karim Wade ne doit pas se présenter. Mais jamais ils n'affirment : s'il se présente il sera battu ". Citation d'un diplomate établi à Dakar depuis 2000.
La scène politique est marquée par deux faits majeurs : la sortie médiatique d'Idrissa Seck et la proposition de loi portant modification de l'article 28 de la Constitution déposée sur le bureau de l'Assemblée nationale par Me Ndèye Fatou Touré, députée de la liste "Tekki".
Ces deux faits, de sources lointaines, ont cependant un dénominateur commun : empêcher Karim Meïssa Wade (KMW) de se présenter à l'élection présidentielle de 2012. On peut dire, en reprenant Karl Marx, que le sommeil des politiques est hanté par un homme. Pas une intervention sans son nom, pas une déclaration sans le citer. Il est devenu, en si peu de temps, incontournable au point que les médiats étrangers l'élisent l'homme de l'année.
Jeune leader suivi à la trace, ses moindres faits et gestes sont analysés et consignés dans le registre de la succession présidentielle.
Si l'intervention d'Idrissa Seck s'inscrit dans une logique hautement politique dont la ligne de masse se situe autour de la caporalisation du Pds, celle de l'avocate se fixe dans le patrimoine constitutionnel du Sénégal.
La précipitation et la hantise sont telles que l'excellente avocate se démêle dans les lacis glacés de la discrimination en voulant proposer la modification de la loi 28 de la Constitution. Jugez-en.
L'article 28 de la Constitution dispose : « Tout candidat à la Présidence de la République doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de 35 ans au moins le jour du scrutin. Il doit savoir écrire, lire et parler couramment la langue officielle ».
Voyons maintenant la proposition de loi modifiant l'article 28 de la Constitution élaborée par Me Ndèye Fatou Touré : « Tout candidat aux fonctions de Président de la République du Sénégal doit être exclusivement de nationalité sénégalaise, jouir de ses droits civils et politiques, être âgé de trente cinq (35) ans au moins et soixante quinze ans (75) ans au plus, le jour du scrutin et ne pas avoir d'ascendant ou de descendant aux premier (1°) et second degré (2°) ou ceux de son conjoint, occupant ou ayant occupé ladite fonction, depuis au moins cinq (5) ans ».
La proposition de loi de Me Touré est frappée du sceau infâme de la discrimination. La discrimination s'identifie comme une réduction arbitraire des droits, contraire à l'égalité en droit et induisant une dévalorisation de certains groupes d'humains ou d'une personne.
un traitement spécifique à chaque sous-ensemble ainsi constitué. Quelques discriminations sont à noter dans le corpus juridique de Me Touré : par rapport au sexe, à l'origine familiale, au patronyme et à l'origine.
Un examen précis de la Constitution m'oblige à déceler un caractère d'irrecevabilité de ladite proposition de loi. Le préambule de la Constitution du 22 janvier 2001 affirme que le Sénégal a ratifié la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948 et la Charte africaine des droits de l'Homme et des peuples du 27 juin 1981.
Regardons le Pacte International des droits civils et politique de l'Onu. Le corpus onusien condamne la discrimination, notamment dans son article 26 qui précise : « Toutes les personnes sont égales devant la loi et ont droit sans discrimination à une égale protection de la loi.
A cet égard, la loi doit interdire toute discrimination et garantir à toutes les personnes une protection égale et efficace contre toute discrimination, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique et de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».
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Inutile de préciser que la proposition de loi de Mme Touré ne passera pas à la commission des Lois de l'Assemblée. Elle n'aura donc pas la dignité de passer en séance plénière. Juste une question de bon sens.
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