Le Pays (Ouagadougou)

Burkina Faso: Extradition du Colonel Bacar au Benin - Le colis encombrant de Sarkozy

Abdoulaye Tao

22 Juillet 2008


Mohamed Bacar, homme politique des Comores, chassé du pouvoir en avril dernier, a finalement trouvé une terre d'accueil. Le Bénin a accepté de lui accorder l'asile politique.

De l'Ile de la Réunion où il avait trouvé refuge après la chasse aux putschistes organisée par les forces de l'Union africaine pour rétablir l'ordre républicain sur l'Ile des Comores, le Colonel Bacar a été refilé comme une patate chaude, au Bénin parce que trop encombrant pour Paris dont la justice a condamné l'homme à une peine de prison avec sursis pour entrée illégale sur son territoire. Son expulsion de l'Ile de la Réunion est donc la conséquence de cette décision judiciaire. Mais avant l'effectivité de cette décision, Paris a pris le temps de lui trouver un pied-à-terre à Cotonou. Le "deal" entre Paris et Cotonou visait à éloigner un homme devenu gênant et dont le pays demandait l'extradition afin de le juger.

La France a décidé de ne pas le livrer à son pays, parce que craignant pour la vie du colonel putschiste et son droit à un procès équitable. On comprend bien la position française qui, du même coup, éloigne le Colonel du danger des Iles Comores où sa présence suscitait des manifestations de protestation dénonçant la protection que lui accordait ainsi Paris.

Il est exclu que le Bénin l'extrade vers Anjouan. C'est sans doute le marché conclu entre Yayi Boni et Nicolas Sarkozy. A moins que le Bénin, sous la pression des dirigeants comoriens, cède ce prisonnier pas comme les autres.

Mais cet exil est-il synonyme d'impunité ? Le voeu de son propre pays est de le voir juger afin qu'il réponde de ses actes, qu'importe la juridiction. Si cela devait rester un voeu pieux, ce serait dommageable pour l'image même de l'Union africaine qui a dépêché des troupes pour chasser l'ancien président et dont un pays membre va couvrir le forfait par le biais du droit d'asile.

Cet homme a violé des principes fondamentaux de l'Union africaine, notamment le respect des principes démocratiques, de l'Etat de droit, en tentant de prendre la présidence de l'île d'Anjouan de façon anticonstitutionnelle. S'il était resté au pouvoir, son pays aurait été banni de l'Union (en principe). Maintenant qu'il a échoué dans sa tentative de putsch, ne doit-il pas payer d'une façon ou d'une autre ? A moins que son exil ne soit déjà doré. Ce qui n'est vraiment pas cher à payer.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2008 Le Pays. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Burkina Faso

Rubriques