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Congo-Kinshasa: Kemal Saïki - Ce qui fait la force d'un Porte-parole dans son métier c'est sa crédibilité
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United Nations Mission in the Democratic Republic of Congo (Kinshasa)
INTERVIEW
22 Juillet 2008
Publié sur le web le 22 Juillet 2008
Nina Yacoubian
Après plus que trois ans de bons et loyaux services pour la MONUC, Kemal Saïki, Directeur de l'Information Publique et Porte-parole de janvier 2005 à septembre 2006 et Directeur du Bureau du Porte-parole et des relations avec les medias, de septembre 2006 à ce jour, quitte la République démocratique du Congo.
Désormais, il exercera la fonction de Directeur de l'Information Publique de l'UNAMID, la mission de l'ONU au Darfour, au Soudan et contribuera à relever les nouveaux défis auxquels la Mission de l'Union Africaine et les Nations unies font face au Darfour. Dans cet entretien qu'il a accordé au site Internet de la MONUC avant son départ, il parle de ses impressions sur le peuple congolais, le journalisme en RDC ainsi que sa relation avec les medias congolais.
ENTRETIEN
1) Est-ce que c'était votre premier poste comme porte-parole? Dans quelles missions vous avez travaillé?
Les medias et moi-même avons pu maintenir un très haut niveau de civilité, de respect réciproque, professionnel et personnel
C'est une fonction que j'ai eu l'occasion d'occuper à plusieurs reprises. La première fois que j'ai eu à le faire, c'était avec l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). J'ai eu ensuite une fonction similaire à l'Organisation des Nations unies pour développement industriel (ONUDI) et successivement à la BAD, Banque africaine de développement, l'UNAMSIL, la mission de maintien de la paix des Nations unies en Sierra Leone, l'ONUB, la mission de maintien de la paix des Nations unies au Burundi et, finalement, avec la MONUC en R. D. Congo.
2) A votre avis, quel est le rôle du Porte-parole d'une mission de maintien de la paix des Nations unies dans une période post-conflit comme celle en RDC? Comment le Porte-parole peut-il contribuer au processus de paix et à une bonne perception et à une bonne image de la mission de l'ONU?
Le Porte-parole n'agit pas plus, ni moins, que ce que la mission fait en vertu du mandat de celle-ci, parce que sa fonction est précisément de « porter la parole » et d'exprimer les positions de la mission. Il ne présente pas ses prises des positions ou ses opinions personnelles. Ce qu'il fait, c'est d'articuler la position officielle de la mission, telle qu'elle est conçue par son leadership et par les Nations unies.
Maintenant, là où son rôle peut avoir un impact, c'est lorsqu'il s'agit de pouvoir traduire des problématiques complexes dans un langage et avec des images qui vont permettre à celles ci d'être facilement comprises, appréhendées par le plus grand nombre.
3) Comment avez-vous pu diriger durant toutes ces années la conférence de presse hebdomadaire avec le même enthousiasme, beaucoup de patience et beaucoup d'humour; Quelle était le moteur de cette motivation?
Je crois que la première des choses est qu'il faut aimer son métier. Lorsqu'on aime ce que l'on fait, en général on le fait assez bien. D'autre part, je dois dire que ma rencontre hebdomadaire avec les medias et, au-delà des medias, avec l'ensemble des Congolais par l'intermédiaire de Radio Okapi, était quelque chose de très intéressant, de passionnant et d'extrêmement gratifiant.
Donc, l'enthousiasme, l'amour du métier, oui, c'est quelque chose qui m'a toujours aiguillonné, qui m'a toujours poussé à essayer de faire mieux. De plus, j'ai toujours eu des interlocuteurs, en l'occurrence les medias congolais ainsi que l'ensemble du peuple congolais, les auditeurs, qui nous suivaient attentivement et qui méritaient que l'on fasse des efforts. J'estime avoir une obligation, sinon de résultat, à tout le moins de moyen et de donner à la presse, au public, ce dont ils avaient besoin, ce qu'ils voulaient savoir.
Vous avez mentionné l'humour, celui-ci est, à mon sens, essentiel, cela permet de rendre son propos humain, abordable, à condition que cet humour ne soit pas offensant et qu'il ne laisse aucune place aux malentendus. S'il faut faire ce métier avec le plus grand sérieux, il faut cependant ne pas se prendre soi même trop au sérieux Il est important d'avoir de la distance, sinon on devient un donneur de leçons pompeux et je ne pense pas que ce soit la meilleur manière de procéder, et ce n'est pas dans ma nature non plus. Enfin, il faut non seulement parler les situations en perspective, avoir du recul mais, surtout, avoir aussi une grande capacité d'écoute, pour mieux comprendre les besoins, les préoccupations, les attentes de ceux à qui vous vous adressez.
4) Comment était votre relation avec les medias congolais pendant ce temps là?
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Ces relations ont été excellentes et s'apparentaient parfois aux relations que l'on peut trouver dans un couple. Il y a des moments où l'on s'entend parfaitement, où l'on est en harmonie et il y a d'autres moments où l'on s'accroche, où l'on n'est pas d'accord, où l'on peut même être acrimonieux. Je crois que l'essentiel est que, au cours de toutes ces années, les medias et moi-même avons pu maintenir un très haut niveau de civilité, de respect réciproque, professionnel et personnel. La familiarité, les bonnes relations individuelles avec les uns et les autres, ou même les différends et les accrochages, n'excluent pas qu'il faille toujours avoir un degré très élevé de respect mutuel. C'est très important à mon sens.
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