Séni Dabo
23 Juillet 2008
billet
Arrestation de Radovan Karadzic
Il en va de la cavale de ceux qui sont accusés d'être en faute avec la loi comme du mensonge et de la vérité : ils ont beau courir, ils finissent toujours par être rattrapés. C'est ce qui s'est implacablement appliqué à l'ancien chef politique des Serbes de Bosnie-Herzégovine, Radovan Karadzic. Accusé de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre commis entre 1991 et 1995, il était recherché par la justice internationale depuis ... 13 ans.
C'est finalement le 21 juillet dernier que son pays, qui a contribué à faire durer son jeu de cache-cache en refusant de le livrer, a fini par lui mettre le grappin dessus. Ce n'est pas de gaieté de coeur que le pays a lâché cet ancien leader, rendu responsable du massacre, en quelques heures, de plus de 8000 personnes de l'enclave de Srebnica que les forces serbes venaient de prendre. Mais la Serbie pouvait-elle continuellement résister à la forte pression exercée depuis belle lurette pour l'arrestation de ce chef de guerre ? Pouvait-elle surtout ne pas remplir l'exigence de la collaboration avec la justice internationale posée comme une des conditions de son acceptation au sein de l'Union européenne ? Pour un seul individu, on ne va pas compromettre le bien-être de tout un peuple, se sont sans doute dit les autorités avant de passer à l'acte.
Il est vrai que d'autres Serbes accusés des mêmes faits courent toujours. C'est le cas de l'ancien chef militaire de l'armée des Serbes de Bosnie, le général Ratko Mladic sous les ordres duquel les massacres de Srebnica auraient été perpétrés. L'arrestation de Karadzic n'est pas un non-événement, car c'est un gros poisson qui a été pris. Et vu le contexte dans lequel celle-ci est intervenue, il ne serait pas hasardeux d'affirmer que le général Mladic coule ses derniers instants de cavale en attendant d'être pris (ou livré, c'est selon) à son tour.
D'arrestation en arrestation en passant par la délivrance de mandats d'arrêts internationaux, on peut dire que la justice internationale n'a pas chômé depuis un certain temps. On se rappelle qu'à travers des juridictions comme la Cour pénale internationale et le Tribunal pénal international, elle a mis le grappin sur des personnes accusées d'avoir du sang sur les mains à l'occasion de troubles socio-politiques dans leur pays ou à l'extérieur. Les noms qui viennent rapidement en tête sont ceux des Congolais Thomas Lubanga, Jean-Pierre Bemba Gombo, du Libérien Charles Taylor...
Ce dernier est déjà dans le box des accusés depuis plusieurs jours pour répondre des faits de crimes de guerre et contre l'humanité commis en Sierra Leone. Criminels de guerre ou présumés tels. Tremblez ! C'est, en quelque sorte, le message que semble vouloir livrer la justice internationale dont la machine, que l'on dit à tort ou à raison lente, s'est subitement emballée.
Le temps est vraiment mauvais pour les "criminels de guerre".
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