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Zimbabwe: Vers une sortie de crise au Zimbabwe?
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Le Messager (Douala)
23 Juillet 2008
Publié sur le web le 23 Juillet 2008
Jacques Doo Bell
Le président contesté, Robert Mugabe, et le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, s'engagent à négocier un "nouvel ordre politique" dans leur pays.
Les négociateurs de la Zanu-Pf, parti au pouvoir au Zimbabwe, et du Mdc, opposition majoritaire, devaient se retrouver en Afrique du Sud dès hier, mardi 22 juillet, en vue d'entamer les pourparlers devant conduire vers la sortie de la crise de leur pays. En effet, le président élu sans concurrent, Robert Mugabe, et le chef de l'opposition, Morgan Tsvangirai, ont signé lundi un accord qui les engage à négocier un "nouvel ordre politique" au Zimbabwe. Le pays est paralysé depuis la parodie d'élection présidentielle de juin dernier.
Les deux rivaux, qui ne s'étaient pas rencontrés en public depuis 1998, ont signé le document dans un hôtel de Harare au côté du président sud-africain, Thabo Mbeki, chargé par l'Afrique australe et l'Union Africaine d'une médiation au Zimbabwe. Le protocole d'accord fixe un ordre du jour très large pour les pourparlers et un objectif de deux semaines pour trouver un accord "sincère et durable" sur un "gouvernement élargi". Les discussions viseront à amender la Constitution "de diverses façons" en vue de l'établissement d'"un nouvel ordre politique", a précisé Robert Mugabe, 84 ans, réélu pour un sixième mandat à la tête de l'Etat.
Qualifiant l'accord-cadre de "premier pas en avant", M. Tsvangirai, qui était arrivé en tête au premier tour de la présidentielle le 29 mars avant de se retirer de la course, a salué une "occasion historique". "Nous sommes résolus à assurer que ce processus de négociations soit couronné de succès", a-t-il promis. M. Mbeki a pour sa part souligné que "toutes les parties du Zimbabwe admettaient l'urgence" du problème. "Ce protocole d'accord va les engager à un intense programme de travail pour finaliser les négociations aussi vite que possible", a-t-il ajouté.
Rien n'est pourtant gagné...
L'accord signé lundi est salué avec grand soulagement par le secrétaire général de l'Onu, M. Ban Ki-Moon, et une frange de la communauté internationale. Le numéro de 1 de l'Onu appelle les deux parties "à s'engager, de bonne foi, dans des pourparlers sérieux qui puissent mener à une solution durable à la crise politique et répondre aux besoins économiques et humanitaires urgents de la population du Zimbabwe".
L'enjeu du dialogue est de sortir le Zimbabwe de la paralysie née du scrutin du 27 juin : l'unique candidat Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1980, avait été réélu au second tour de la présidentielle boycotté par l'opposition sur fond de violences. Morgan Tsvangirai soutient que plus de 120 sympathisants de l'opposition ont été assassinés par les forces du régime, notamment la police et l'armée ainsi que des milices du parti de Robert Mugabe, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-Pf). Il dénombre également plus de 1500 arrestations arbitraires ainsi que la destruction des biens.
Avant de s'engager dans les négociations avec l'autre partie, Morgan Tsvangirai qui ne fait pas confiance au médiateur sud-africain Thabo Mbeki accusé de partialité, a sollicité et obtenu le renfort d'un "groupe de liaison" impliquant l'Ua et l'Onu au côté de M. Mbeki. Dans cette nouvelle phase, rien ne semble gagner pour autant. Si Robert Mugabe affirme que les deux parties sont engagées "dans ce programme de négociations qui doit définir une ligne politique. Nous allons discuter des questions politiques qui doivent être débattues et aussi fixer un cadre politique » Son vis-à-vis se montre moins optimiste. « Nous marchons maintenant vers une route de négociations parsemée d'embûches. J'espère que nous tous, les signataires de cet accord, agirons toujours en pensant aux femmes et aux enfants qui vont dormir sans avoir mangé et j'espère aussi que tout cela va cesser grâce à nous », dit-il.
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Outre la grave crise politique qui dure depuis mars dernier, le Zimbabwe traverse une situation économique sans précédent. La Banque centrale d'Harare a annoncé, lundi, la mise en circulation d'une nouvelle coupure de 100 milliards de dollar zimbabwéens. Selon les autorités financières, le Zimbabwe enregistre actuellement un taux d'inflation de plus de deux millions pour cent. Un record absolu à l'échelle mondiale.
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